A. TEXTES CLASSIQUES

 

ANTIQUITÉ  ET TEMPS MODERNES

 

  Hasard et magie.

 

– "Le tirage au sort – c’est-à-dire l’utilisation du hasard – était autrefois un moyen de divination, un moyen de faire parler l’oracle, qui dévoilait par là les vérités cachées. La pensée magique est caractérisée par le refus que des événements puissent survenir sans une cause qui leur donne leur sens. Le tirage au sort permet de dévoiler ce sens à l’aide d’interprétations appropriées. Au contraire, la pensée scientifique a incorporé le hasard dans les estimations statistiques et le calcul des probabilités comme un moyen de tenir compte de notre ignorance des causes et de la quantifier." ATLAN. Science et vie. Hors série. No 124

 

 Bhagavad -gita.

 

« En tout ce qui est je suis l’intelligence… Je suis en toute chose le désir en harmonie avec l’ordre cosmique… Conscience ultime, lumière absolue….Je suis au delà de l’espace et du temps… Et je ne fais qu’un avec l’âme des choses. »

 

Platon 

 

 «  L’esprit ordonnateur, qui justement réalise l’ordre universel, doit aussi disposer chaque chose en particulier de la meilleur façon qui se puisse ». Phédon

 

Aristote (384-322 av J.C.)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- “ Que l’ordre et la beauté qui existent dans les choses ou qui s’y produisent aient pour cause la terre ou quelque autre élément de cette espèce, c’est ce qui n’est pas vraisemblable... Attribuer ces effets admirables au hasard, à une cause fortuite, était par trop déraisonnable. Aussi quand un homme vint proclamer que c’est une Intelligence, qui est la cause de l’ordre et de la régularité qui éclate partout dans la nature, dans les êtres animés ou inanimés, cet homme fit l’effet d’avoir seul sa raison et d’être en quelque sorte à jeun après les ivresses extravagantes ou les divagations de ses devanciers. Or nous savons à n’en pas douter, qu’Anaxagore s’attacha à cette doctrine. ”

 Métaphysique, I. I, ch. iii

DÉMOCRITE (460-370)

 

"Tout ce qui existe dans l'univers est le fruit du hasard et de la nécessité."

Lucrèce (vers 99-55 av. J.C.)

 

 

« Il n’y avait à l’origine qu’une masse orageuse d’éléments de tout genre, en proie à la discorde qui confon­dait leurs distances, leurs directions, leurs combinaisons, leurs densités, leurs chocs, leurs rencontres, leurs mou­vements, et les heurtait dans une mêlée générale, à cause même de la diversité de leurs formes et de la variété de leurs figures.» p. 223

«Mais de quelle façon cet amas de matière a-t-il pu former la terre et le ciel, et les abîmes de l’océan, le soleil, la lune et leurs cours, c’est ce que je vais expliquer. Car certes ce n’est pas en vertu d’un plan arrêté, d’un esprit clairvoyant que les atomes sont venus se ranger chacun à leur place; assuré­ment ils n’ont pas combiné entre eux leurs mouvements respectifs; mais les innombrables éléments des choses, heurtés de mille manières et de toute éternité par de nombreux chocs extérieurs, entraî­nés d’autre part par leur propre poids, n’ont cessé de se mouvoir et de s’unir de toutes les façons, d’essayer toutes les créations dont leurs diverses combinaisons étaient susceptibles; voilà pourquoi, à force d’errer dans l’infini du temps, d’essayer toutes les unions, tous les mouvements possibles, ils aboutissent enfin à former ces assemblages qui, soudain réunis, sont à l’origine de ces grands objets, la terre, la mer, le ciel, et les espèces vivantes.» p. 222

De la Nature, Trad. Alfred Ernout, Paris, Société d’Édition «Les Belles Lettres», 1924

“ Ne va pas croire que la clairvoyance des yeux a été créée pour nous permettre de voir au loin; ce n’est pas pour nous permettre de faire de grandes enjambées que l’extrémité des jambes et des cuisses s’appuie et s’articule sur les pieds; les bras avec la solide attache de l’épaule, les mains toutes deux nos servantes, ne nous ont point été donnés pour subvenir à nos besoins. Toutes les interprétations de ce genre renversent le rapport rationnel des choses et mettent la cause après l’effet. Aucun organe du corps n’a été créé pour notre usage: mais c’est l’organe qui crée l’usage. ”

 

  De rerum natura, livre IV, vers 825-835

 

Cicéron   (106-43 av. J.C.)

 

 

“ Si les oeuvres de la nature sont plus parfaites que les oeuvres de l’art, et s’il est vrai que l’art ne fait rien que par le secours de la raison, il faut bien dire que la nature n’est pas dépourvue de raison. Jetez-vous les yeux sur un tableau, sur une statue?  Vous comprenez qu’un artiste y a mis la main. Pouvez-vous donc croire que le monde qui comprend tout, et les artisans et leurs oeuvres, soit privé de raison et d’intelligence?  Et cependant nous voyons des gens qui doutent si l’univers n’est point l’effet du hasard ou d’une nécessité aveugle. D’après eux, Archimède montra plus de savoir en représentant la sphère céleste, que la nature en la faisant!  A la vue de ces mouvements des astres si constants, si bien ordonnés, le philosophe doit comprendre qu’il y a dans le ciel un maître, un gouverneur, l’architecte du magnifique ouvrage que nous contemplons. ”

 

 De natura deorum, Livre II, nos. 34, 35

 

Saint Augustin  (354-430)

 

 

Les raisons séminales....

"C'est à bon droit qu'on s'interroge sur la nature des raisons causatrices, que Dieu a déposées dans le monde, lorsqu'à l'origine il a tout à la fois créé toutes choses. Ces raisons ont-elles été instituées par lui de manière que, suivant la diversité de leurs espèces, elles se développassent diversement dans le temps, à peu près comme nous voyons les fruits et les animaux offrir, chacun selon sa conformation, une série d'accroissements? Ou bien ont-elles été établies tout de suite telles qu'elles devaient être, à peu près comme nous croyons qu'Adam fut créé dans la virilité et sans avoir passé par les progrès successifs des âges précédents ? Pourquoi ne concilierions-nous pas ces deux opinions de façon que dans le passé nous apparût la raison de l'avenir voulu de Dieu ?

A l'origine et primordialement, toutes choses ont été créées dans une certaine contexture d'éléments; puis elles en sortent aux moments convenables. Car de même que les mères sont grosses de leurs enfants, de même aussi le monde est gros des causes des choses qui naissent; toutes choses qui n'on été créées en lui que par cette essence suprême, où rien ne naît et où rien ne meurt, où rien ne commence et où rien ne finit..

 

..De genesa ad litteram, lib vii, c. xxviii.

 

L'univers tout entier a été à l'origine en semence, non point avec la masse d'une grandeur corporelle, mais à l'état de force et de puissance causatrice....

Comme dans un grain se trouve invisible tout ce qui, par le laps du temps, finit par devenir un arbre; ainsi faut-il imaginer que le monde, lorsqu'il a été créé de Dieu, refermait en lui même tout ce qui devait plus tard se manifester....

Dieu , par conséquent, ne crée rien ultérieurement, mais, ayant créé toutes choses à la fois, il les gouverne, les meut par son action dirigeante, si bien qu'il opère sans cesse, se reposant et opérant à la fois."

 

De Genesi ad Litteram, lib. V, c. xxiii.

 

Thomas d’Aquin  (1227-1274)

 

 

“ Il est manifeste que toutes les parties sont ordonnées à la perfection du tout: en effet, ce n’est pas le tout qui est en vue des parties, mais les parties qui sont en vue du tout"

 

Summa Contra Gentiles, L. III, c. 112

 

GALILÉE 

 

 

 

« Si je considère combien  de choses merveilleuses les hommes ont comprises, explorées et réalisées, je ne reconnais  et ne comprend que trop clairement que l’esprit humain est une œuvre de Dieu et l’une de ses créations les plus distinguées »

 

Leibniz

 

 

« Tout se fait mécaniquement dans la nature, c'est-à-dire selon des lois mathématiques fixes, prescrites par Dieu »

 

Paley (William)

 

 

 

 

 

 

   "J'ai dit que le raisonnement de celui qui nie l'art et l'invention dans la montre était précisément le raisonnement des athées; car l'évidence d'un dessein se retrouve dans tous les ouvrages de la nature, comme dans l'ouvrage d'une montre, avec cette différence que les oeuvres de la nature sont plus variées et plus admirables dans une proportion qui excède tout calcul. Sans doute l'invention, et l'exécution dans les ouvrages  de la nature, surpassent infiniment tous les produits de l'art; mais dans un très grand nombre de cas, le dessein, et l'application des moyens au but n'y sont pas moins évidents que dans les machines qui sortent de la main des hommes"

 

Théologie Naturelle. 1801

 

                         Dawkins  (Richard)

 

 

"Paley's argument is made with passionate sincerity and is informed by the best biological scholarship of his day, but it is wrong, gloriously and utterly wrong...If [natural selection] can be said to play the role of watchmaker in nature, it is the blind watchmaker."

 

The Blind Watchmaker. London. 1985

 

                     Behe M.

 

 

"But exactly where, we may ask, was Paley refuted? Who has answered his argument? How was the watch produced without an intelligent designer? It is surprising but true that the main argument of the discredited Paley has actually never been refuted. Neither Darwin nor Dawkins, neither science nor philosophy, has explained how an irreductibly complex system such as a watch might be produced without a designer."

 Darwin's Black Box. The Free Press. New York. 1996 p.:213.

 

                     Hoyle F,  Wickramasinghe C.

 

 

"It is ironic that the scientific facts throw Darwin out, but leave William Paley, a figure of fun to the scientific world for more than a century, still in the tournament with a chance of being the ultimate winner."

 Evolution from Space. Dent, London, 198 1 p.96

 

Macaulay, (Thomas) 1840

 

"A philosopher of the present day . . . has before him the same evidences of design in the structure of the universe which the early Greeks had, . . . for the discoveries of modern astronomers and anatomists have really added nothing to the force of that argument which a reflective mind finds in every beast, bird, insect, fish, leaf, flower, and shell."

 

 

Dawkins (Richard)

 

 

 "Never say, and never take seriously anybody who says, 'I cannot believe so-and-so could have evolved by gradual selection.' I have dubbed this fallacy 'the Argument from Personal Incredulity."

 

"We do not know exactly what the original critical event, the initiation of self-replication, looked like, but we can infer what kind of an event it must have been. It began as a chemical event."

 Ibid. p. 138

 

DARWIN (1809-1882)

 

 

“ Le vieil argument fondé sur le dessein dans la nature, tel que formulé par Paley, lequel me sem­blait auparavant si concluant, s’écroule, maintenant que la loi de la sélection naturelle a été découverte. Nous ne pouvons plus conclure, par exemple, que l’extraordinaire muscle charnière des coquilles bival­ves doit avoir été fait par un être intelligent comme les charnières d’une porte sont faites par l’homme. Il ne semble pas y avoir davantage d’intentionnalité dans la variabilité des organismes et dans l’action de la sélection naturelle qu’il n’y en a dans la manière selon laquelle les vents soufflent. Tout dans la nature est le résultat de lois fixées. ”

 

Darwin, Charles Darwin and T. H. Huxley: Autobiographies, pp. 50-51

 

"Il est intéressant de contempler un rivage luxuriant tapissé de nombreuses plantes appartenant à de nombreuses espèces abritant des oiseaux qui chantent dans les buissons, des insectes variés qui voltigent ça et là, des vers qui rampent dans la terre humide, "....si l'on songe que ces formes si admirablement construites, si différemment conformées, et dépendants les unes des autres d'une manière si complexe, ont toutes été produites par des lois qui agissent autour de nous..... Le résultat direct de cette guerre de la nature, qui se traduit par la famine et par la mort, est donc le fait le plus admirable que nous puissions concevoir, à savoir: la production des animaux supérieurs. N'y a -t-il pas une véritable grandeur dans cette manière d'envisager la vie, avec ses puissances diverses attribuées primitivement par le Créateur à un petit nombre de formes, ou même à une seule ? Or, tandis que notre planète, obéissant à la loi fixe de la gravitation, continue à tourner dans son orbite, une quantité infinie de belles et admirables formes, sorties d'un commencement si simple, n'ont pas cessé de se développer et se développent encore."

 

Darwin De l'origine des espèces... (ajouté à partir de la sixième édition)

 

To suppose that the eye with all of is inimitable convergences  for  adjusting the focus to different distance, for admitting different amounts of light, and for  the correction of spherical and chromatic aberration, could have been form by natural selection, seems, I freely confess, absurd in the highest degree.”

 Darwin.  Cité dans Francis Collins, The language of God  p . 190

 

If it could be demonstrated that any complex organ exists, which could not possibly have been formed by numerous, successive, slight modifications, my theory would absolutely brake down

 DARWIN. Cité dans FRANCIS COLLINS, The language of God  p. 193

Le mystère du commencement  des choses  nous est insoluble: et quant à moi, je me contente de demeurer un Agnostique » Autobioraphy.

 

« Il me parait absurde de  douter qu’on puisse être  à la fois un  fervent théiste et un évolutionniste » (Lettre à John Fordyce, 7 mai 1879)

Dans les fluctuations les plus extrêmes de ma pensée, je n’ai jamais été un athée dans le sens de nier l’existence d’un Dieu » (Ibid.) )

« Je ne suis jamais arrivé à une  conviction intime que la nécessité d’un Créateur ou d’une Cause Première était réellement une évidence qui s’imposait» (Lettre à  Francis Abbot, Sept. 6 1871)

« Ma théologie est tout a fait confuse; je ne peux regarder l’Univers comme le résultat d’un hasard aveugle, et pourtant je ne vois aucune preuve d’un dessein bénéfique, ni même d’aucun dessein dans les détails » Lettre à J. Hooker

 

« Il me semble qu’il n’y a pas plus de dessein préconçu, dans la variation des êtres organisés et dans l’action de la sélection naturelle, que dans la direction du vent. » (De l’origine des espèces)

 

Darwin aimait bien les fleurs et avait un beau jardin, il écrivit un jour que l’évolution des fleurs était “an abominable mystery.”

 

  « La difficulté extrême ou plutôt l’impossibilité, de concevoir cet univers immense et si  merveilleux, y compris l’homme avec sa capacité de voir aussi loin dans le passé que dans l’avenir, comme le résultat d’une nécessité ou d’un hasard aveugles. Une telle réflexion me pousse à considérer une cause première douée d’une intelligence plus ou moins semblable à celle de l’homme  et m’expose à être qualifié  de désiste. »L’autobiographie. Le seuil  p. 88

 

 

 

Claude Bernard (1813-1878)

 

"S'il fallait définir la vie d'un seul mot, qui, en exprimant bien ma pensée, mît en relief le seul caractère qui, suivant moi, distingue nettement la science biologique, je dirais: la vie est la création. En effet, l'organisme créé est une machine qui fonctionne nécessairement en vertu des propriétés physico-chimiques de ses éléments constituants. Nous distinguons aujourd'hui trois ordres de propriétés manifestées dans  les phénomènes des êtres vivants: propriétés physiques, propriétés chimiques et propriétés vitales.  Cette dernière dénomination de propriétés vitales n'est elle-même , que provisoire.......De sorte que ce qui caractérise la machine vivante, ce n'est pas la nature de ses propriétés physico-chimiques, si complexes qu'elles soient, mais bien la création de cette machine qui se développe sous nos yeux dans les conditions qui lui sont propres et d'après une idée définie qui exprime la nature de l'être vivant et l'essence même de la vie.

Quand un poulet se développe dans un oeuf, ce n'est pas  la formation du corps animal, en tant que groupement d'éléments chimiques, qui caractérise essentiellement la force vitale. Ce groupement ne se fait que pas suite des lois qui régissent les propriétés chimico-physiques de la matière; mais ce qui est essentiellement du domaine de la vie et ce qui n'appartient ni à la chimie, ni à la physique, ni à rien autre  chose, c'est l'idée créatrice de cette évolution vitale. Dans tout germe vivant, il y a une idée directrice qui se développe et se manifeste par l'organisation."

 Introduction à la médecine expérimentale, (1865) II, 2.

 

Haeckel  (Ernst)  (1834-1919)

 

"L'ontogénie est la récapitulation abrégée et rapide de la phylogénie, régie par les fonctions physiologiques de l'hérédité (reproduction)  et de l'adaptation (nutrition). L'individu organique, pendant le cours bref et rapide de son développement individuel, répète les plus importantes des modifications de forme à travers lesquelles ses ancêtres sont passés pendant le cours lent et long de leur développement paléontologique, conformément aux lois de l'hérédité et de l'adaptation "

 

Generalle Morphologie (1866)

 

Fabre (Jean-Henri) (1823-1915)

 

 

“ L’insecte aurait-il acquis son savoir-faire, petit à petit, d’une génération à la suivante, par une longue suite d’essais fortuits, de tâtonnements aveugles ? Un tel ordre naîtrait-il du chaos; une telle prévision, du hasard; une telle sapience, de l’insensé ? Le monde est-il soumis aux fatalités d’évolution du premier atome albumineux qui se coagula en cellule; ou bien est-il régi par une Intelligence ? Plus je vois, plus j’observe, et plus cette Intelligence rayonne derrière le mystère des choses. ”

 

Souvenirs entomologiques, L. 2, Paris, Delagrave, p. 103

 

Poincarré (Henri)  (1854-1912)

 

 

"Le hasard sait mélanger, il ne sait pas démêler, et pour faire avec des éléments multiples un édifice bien ordonné, dans lequel on distingue quelque chose, il faut le faire exprès. "  

Science et méthode,  (1907 ) Paris, Flammarion,  

 

Bergson (Henri) (1859-1941)

 

 

"Ainsi pour la vie et pour les phénomènes physico-chimiques en lesquels on prétendrait la résoudre. L'analyse découvrira sans doute dans les processus de création organique un nombre croissant de phénomènes physico-chimiques. Et c'est à quoi s'en tiendront les chimistes et les physiciens. Mais il ne suit pas de là que la chimie et la physique doivent nous donner la clef de la vie.

 

Un élément très petit d'une courbe est presque une ligne droite. Il ressemblera d'autant plus à une ligne droite qu'on le prendra plus petit. À la limite, on dira, comme on voudra, qu'il fait partie d'une droite ou d'une courbe. En chacun de ses points en effet, la courbe se confond avec sa tangente. Ainsi la "vitalité"est tangente en n'importe quel point aux forces physiques et chimiques; mais ces points ne sont, en somme, que les vues d'un esprit qui imagine des arrêts à tels ou tels moments du mouvement générateur de la courbe. En réalité,  la vie n'est pas plus faite d'éléments physico-chimiques qu'une courbe n'est composée de lignes droites....

 

Nous estimons que, si la biologie pouvait jamais serrer son objet d'aussi près que la mathématique serre le sien, elle deviendrait à la physico-chimie des corps organisés ce que la mathématique des modernes s'est trouvé être à la géométrie antique. Les déplacements tout superficiels de masses et de molécules, que la physique et la chimie étudient, deviendraient par rapport à ce mouvement vital qui se produit en profondeur, qui est transformation et non plus translation, ce que la station d'un mobile est au mouvement de ce mobile dans l'espace. p 66.

 

L'essence des explications mécaniques est en effet de considérer l'avenir et le passé comme calculables en fonction du présent, et de prétendre ainsi que tout est donné.

 Dans cette hypothèse, passé, présent et avenir seraient visibles d'un seul coup pour une intelligence surhumaine, capable d'effectuer le calcul. ....

 

Dans une pareille doctrine, on parle encore du temps, on prononce le mot, mais on ne pense guère à la chose. Car le temps y est dépourvu d'efficace, du moment qu'il ne fait rien, il n'est rien. Le mécanisme radical implique une métaphysique où la totalité du réel est posée en bloc, dans l'éternité et où la durée apparente des choses exprime simplement l'infirmité d'un esprit qui ne peut pas connaître tout à la fois. ..71

 

...Mais le finalisme radical nous parait tout aussi inacceptable et pour la même raison.

 La doctrine de la finalité., sous sa forme extrême, telle que nous la trouvons chez Leibniz par exemple, implique que les choses et les êtres ne font que réaliser un programme une fois tracé. Mai s'il n' y a rien d'imprévu, point d'invention ni de création dans l'univers, le temps devient encore inutile. Comme dans l'hypothèse mécanisation, on suppose encore ici que tout est donné... Le finalisme ainsi entendu  n'est qu'un mécanisme à rebours.  P. 72

"Sans doute "le principe vital " n'explique pas grand-chose; du moins a-t-il l'avantage d'être une espèce d'écriteau posé sur notre ignorance et qui pourra nous la rappeler à l'occasion, tandis que le mécanisme nu invite à l'oublier. p 74

 

" Notre raison , incurablement présomptueuse, s'imagine posséder par droit de naissance ou par droit de conquête, innés ou appris, tous les éléments essentiels de la connaissance de la vérité. La même où elle avoue ne pas connaître l'objet qu'on lui présente, elle croit que son ignorance porte seulement sur la question de savoir quelle est celle de ses catégories anciennes qui convient à l'objet nouveau...L'idée que nous pourrions avoir à créer de toutes pièces, pour un objet nouveau, un nouveau concept, peu-être une nouvelle méthode de penser, nous répugne profondément  .p. 79

 

Telle est la philosophie de la vie où nous nous acheminons. Elle prétend dépasser à la fois le mécanisme et le finalisme; mais, comme nous l'annoncions d'abord elle se rapproche de la seconde doctrine plus que de la première. " p. 80...Bref la conception classique de la finalité postule à la fois trop et trop peu. Elle est trop large et  trop étroite. En expliquant la vie par l'intelligence, elle rétrécit à l'excès la signification  de la vie ; l'intelligence, telle du moins que nous la trouvons en nous, a été façonnée par l'évolution au cours du trajet; elle est découpée dans quelque chose de plus vaste, ou plutôt elle n'est que la projection nécessairement plane d'une réalité qui  a  relief et profondeur. C'est  cette réalité plus compréhensive que le finalisme vrai devrait reconstituer ou plutôt embrasser, si possible , dans une vision simple. p. 82.....

 

"Il faut substituer à l'intelligence proprement dite la réalité plus compréhensive dont l'intelligence n'est que le rétrécissement. L'avenir apparaît alors comme dilatant le présent. Il n'était donc pas contenu dans le présent sous forme de fin représentée. Et néanmoins, une fois réalisés., il expliquera le présent autant que le présent l'expliquant, et même davantage; il devra être envisage comme une fin autant et plus  que comme un résultat. " p. 82

 

L'évolution créatrice ( 1907) Ed. Prix Nobel de Littérature.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SUITE:Textes (milieu du 20e siècle)

 

 

Hymne a Mr. hasard

1.  Hasard en voyage

2.  Hasard  vivant parmi les vivants

3.    Litanies     

        et    (b)  Adorations

4. Azar au Bordel    

4b. Testicules et  vocation

4c. Érection à tout  vent

4d. Orgasme à tout coup

4e. Sexe et coloration de la peau

 

5. Adorateurs, Apostats et Hérétiques

6.  TEXTES:

 ANCIENS.

MILIEU...  du 20ième siècle

RÉCENTS.

 

7.  ESSAI : hasard et finalité

8.   Hasard et finalité (suite)

 

9.   Du néant à l’être.

       Histoire romancée du premier atome

 

10. A propos de l’ « Intelligent design »

 

 

 

PHILOSOPHER AVEC le prof BOF >>>

 

« être sérieux sans se prendre trop au sérieux »

 

NOUVEAU

CAPSULES: le prof bof pour les nuls ou les gens pressés>>>>

Brefs extraits ou capsules tirés des 30 sites du prof bof

  et commentaires  sur l’actualité.

A propos de

l’être humain

Petite histoire

des mentalités

divers

 

ORIGINALITÉ DE L’HOMME

HASARD ET EVOLUTION

LIBERTÉ (Une ILLUSION?)

CRÉATIVITÉ ET INVENTION    

SEXUALITÉ HUMAINE  

AGRESSIVITÉ (INNÉE ??)

TRAVAIL (Nature/histoire)

TOLÉRANCE (Jusqu’où?) +  

+++Relativisme éthique

 

 quête du bonheur

 

1.    MENTALITÉ PRIMITIVE

2.  PHILOSOPHIE GRECQUE  

3.  Monde CHRÉTIEN

4.  Monde moderne.(16e).   

5. LE SIÈCLE DES LUMIÈRES

6. 19e siècle (Scientisme)

7. Le 20e siècle 

8. Le 21e siècle

 

BRICOLAGE

 

(mON vERSAILLES À MOI)

 

GÉNÉALOGIE

(récents)

islam, islamisme, mahomet et le coran.

Le 21e siècle

. Alarmisme et catastrophisme

1, La quête identitaire.

2. gauche / droite

3. eINSTEIN EN IMAGES.

4. société de consommation

5. Mondialisation

7. le terrorisme

 

8. Écologie et catastrophisme

 

9. LA RÉVOLUTION  INDUSTRIELLE

Pour nous rejoindre

 

Il y a près de 15 000 liens hypertextes sur les sites (pages ou images).

Ne vous gênez pas pour nous signaler les liens défectueux ( et même les fautes dans le texte)