SEXE ET COLORATION DE LA PEAU

 

Réflexion sur un texte

 

 

 

 

«  Le hasard n’est ni une force ni une entité. Le hasard qualifie, à mon avis, la situation dans laquelle les événements se produisent avec une fréquence qui correspond à leur probabilité. Alors on peut dire que c’est le hasard qui joue. Si je lance un dé, j’ai une chance sur six de sortir un des chiffres. Si je joue à la roulette, j’ai une chance sur 36 d’obtenir le bon numéro. Cela, c’est le hasard. Mais le hasard n’exclut pas l’inévitabilité. Je pense que ceci est très important. Je vais prendre un exemple extrême. Vous avez un billet de loterie de 7 chiffres. Ce billet a 1 chance sur 10 millions de sortir. Comme il n’y a qu’un seul tirage, il n’y a pas beaucoup de chances qu’il sorte. Mais s’il y avait 69 millions de tirages, d’après mon calcul, il aurait 99,9 chances sur 100 de sortir. Le nombre d’occasions que vous offrez à un événement de se produire a donc un rapport avec sa probabilité. Dans l’évolution, c’est la même chose. Je crois qu’il est impératif de prendre plus en compte qu’on ne l’a fait la probabilité des mutations et, par ailleurs, le nombre d’occasions qu’elles ont de se produire. Si une mutation donnée, qui va par exemple faire que votre peau perde sa pigmentation, a, disons, 1 chance sur 100 milliards de se produire, si vous lui donnez 700 milliards de possibilités de se produire – 700 milliards d’individus, par exemple, ou de cellules, de générations –, eh bien elle va se produire presque certainement. Quand on étudie l’évolution, on ne peut pas dire « c’est le hasard qui a tout fait ». Jacques Monod, le célèbre auteur du « Hasard et la Nécessité », affirmera : notre numéro est sorti à la roulette de Monte-Carlo! Pour lui, l’apparition de la vie est un énorme coup de chance ; et, dans la vie, l’apparition de l’homme encore une fois est un énorme coup de chance. C’est un hasard au carré. Je dirais quant à moi que le hasard est en quelque sorte neutralisé par le fait qu’un nombre suffisant de possibilités ont souvent été offertes à un certain événement pour qu’il se produise avec presque certitude. Par conséquent, je dirais qu’il y a, dans l’évolution, beaucoup plus de nécessité que de hasard » Christian de Duve. Nouv. Obs. 1 janv. 2005

 

 

 

 

Gus, si on s’en tenait à l’exemple apporté (la coloration de la peau), ce discours peut paraître (et être) tout à fait vraisemblable : un effet tout à fait in-signifiant  (quoique accidentellement utile ou dramatique) et débile  est le résultat d’un hasard et d’une probabilité également imbécile, tout aussi débile ;  rien d’étonnant dans tout ceci, c’est à peu près au plan logique et au niveau de la compréhension un phénomène comme voir la tête d’un homme dans la forme d’un nuage (Avec un peu beaucoup  de patience, Gus, chacun pourrait un jour y voir son portrait, un des nombreux  chef d’œuvre du Hasard). Le néo-darwinisme multiplie les exemples de ce genre â l’infini. Mais est-ce expliquer l’évolution, la vraie,  quand elle  porte sur ses grandes œuvres (la macroévolution) et non sur des niaiseries, quand elle se fait véritablement inventive, (au niveau des organes, de l’oeil par exemple et non de la simple coloration de l’oeil ou de sa dimension, bridé ou pas.)

 

Le succès du hasard  et de la probabilité  dans l’in-signifiance qu’on propose ici comme prototype de l’évolution revient à expliquer la forme curieuse ou amusante qu’a prise un rail de chemin de fer sous l’impact d’un tsunami.  C’est le niveau de la microévolution qui ne crée pas généralement de difficultés entres hommes de science, penseurs ou philosophes. A la limite, on peut imaginer comme possible qu’un rail de chemin de fer prenne la forme d’un 6  ou même, pourquoi pas, de 69, à multiplier tremblements de terre, éboulis, irruptions volcaniques, tornades  ou tsunamis. Mais le véritable problème, si l’on veut expliquer l’évolution, la vraie, pas seulement le bricolage, c’est de comprendre comment le même métal de la voie ferrée, si pittoresque,  aurait pu prendre tout à coup la forme d’une moteur à huit cylindres (gros, petits, peu importe) ? Ou même commencer par un seul cylindre, plutôt que huit, avec piston, valve d'entrée et de sortie, et bougie évidemment ? Combien de tsunamis faudrait-il imaginer pendant des milliards et des milliards d’années à fréquences séculaires pour  qu’il y ait probabilité qu’à un moment donné surgisse (comme la différence de pigmentation) notre moteur  à six ou huit  cylindres (ou quelque chose d’équivalent au plan de la complexité) comme le résultat de la toute puissance aveugle, si imposante, de tsunamis ou tornades à répétitions.  La thèse ci haut présentée est que peu importe l’originalité ou la complexité de la nouveauté apportée par l’évolution, il suffit que le hasard (et la durée) offre des occasions de mutations en nombre suffisant, que la fréquence  des mutations  corresponde au niveau de  probabilité, … pour que la nouveauté soit compréhensible par le hasard et la nécessité.

 

Remarque, Gus, qu’un moteur à huit ou deux cylindres, si ingénieux cela puisse paraître, est à une infinité de distance au plan de l’organisation,  du nombre de parties  réunies dans un projet unique ( finalité), que ce soit voir, entendre digérer, respirer., etc. et évidemment se reproduire (apparemment si simple, à la portée de toutes les bourses et des intelligences… pour le faire, mais fort peu, pas à la mienne ni sans doute à la tienne, Gus, pour l’inventer et la  faire exister).  Mais c’est si simple pour certains : Le hasard fait si bien les choses… Tout peut arriver, l’improbable comme l’impossible,  si on laisse au temps faire son œuvre…Si ça change, tout peut arriver. On  met au principe de toute chose une longue PATIENCE. La patience créatrice.

 

Ou encore plus subtil ou raffinée au plan de la pensée : on a fini par réaliser que si on mettait une majuscule à  Évolution, l’Effet devenait miraculeusement la Cause et tout devenait claire comme de l’eau de roche.  Quelques générations ont subitement tout compris, du primaire à l’universitaire, et se rient (sans le savoir) des angoisses d’un Pascal ou d’un Rostand en répétant négligemment sans y apporter attention que l’Evolution explique tout. Ce qui est à expliquer devient l’explication, une sorte de sport extrême au plan logique.

 

Gus, un moteur c’est une belle chose, surtout si on veut faire avancer une voiture, mais ce n’est rien,  une insignifiance, tu dirais un pet,  si l’on considère les  nouvelles inventions auxquelles rêvent les savants (à  défaut de tsunamis assez puissants) en reconfigurant certains atomes ou molécules.  On a à peine fini d’exploiter tout ce que peut nous donner la fibre optique, que certains rêvent d’inventer la fibre lubrique, la fibre qui grâce à d’heureuses   combinaisons  chimiques  pourrait devenir sensible, ressentir… quelque chose .. la douleur ou le plaisir. Gus, tu vois le fil de ton téléphone  commencer à se tordre de plaisir si jamais tu tentes de te servir de téléphone rose. Ou faire ton petit   Clinton et te livrer à des téléphones érotiques avec ta copine. Tu vois la face de ta mère qui constate les contorsions  orgasmiques du fil  traversé par tes propos lubriques.   C’est un fil lubrique après tout… qui a fait le saut ontologique et qui est au niveau de la plus petite bestiole…, disons d’un maringouin pour terroriser encore davantage ceux qui craignent les ogm.

 

A ce moment là la science aura franchi une autre étape, on aura expliqué et créé la vie, la vie sensible, qui va de soi pour nous tous mais qui est tellement difficile à comprendre  à partir de quelques heureuses combinaisons chimiques, combinaisons chimiques qui semblent si efficaces pourtant quand elles se réalisent dans un psychisme animal.


janv. 2005

 

 

 

 

SUITE : Adorateurs, Apostats

 

Hymne a Mr. hasard

1.  Hasard en voyage

2.  Hasard  vivant parmi les vivants

3.    Litanies     

        et    (b)  Adorations

4. Azar au Bordel    

4b. Testicules et  vocation

4c. Érection à tout  vent

4d. Orgasme à tout coup

4e. Sexe et coloration de la peau

 

5. Adorateurs, Apostats et Hérétiques

6.  TEXTES:

 ANCIENS.

MILIEU...  du 20ième siècle

RÉCENTS.

 

7.  ESSAI : hasard et finalité

8.   Hasard et finalité (suite)

 

9.   Du néant à l’être.

       Histoire romancée du premier atome

 

10. A propos de l’ « Intelligent design »

 

 

 

PHILOSOPHER AVEC le prof BOF

 

« être sérieux sans se prendre trop au sérieux »

 

NOUVEAU

le prof bof pour les nuls ou les gens pressés

Brefs extraits ou capsules tirés des 25 sites du prof bof

 

A propos de

l’être humain

Petite histoire

des mentalités

divers

ORIGINALITÉ DE L’HOMME

HASARD ET EVOLUTION

LIBERTÉ (Une ILLUSION?)

CRÉATIVITÉ ET INVENTION    

SEXUALITÉ HUMAINE  

AGRESSIVITÉ (INNÉE ??)

TRAVAIL (Nature/histoire)

TOLÉRANCE (Jusqu’où?) +  

+++Relativisme éthique

1.    MENTALITÉ PRIMITIVE

2.  PHILOSOPHIE GRECQUE  

3.  Monde CHRÉTIEN

4.  Monde moderne.(16e).   

5. LE SIÈCLE DES LUMIÈRES

6. 19e siècle (Scientisme)

7. Le 20ième siècle 

 

BRICOLAGE

(mON vERSAILLES À MOI)

GÉNÉALOGIE

(récents)

1a. Alarmisme et catastrophisme

1, La quête identitaire.

2. gauche / droite

3. eINSTEIN EN IMAGES.

4. société de consommation

5. Mondialisation

6. quête du bonheur

7. le terrorisme

 

8. Écologie et catastrophisme

 

9. LA RÉVOLUTION  INDUSTRIELLE

 

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