C)   TEXTES RÉCENTS

 

(À noter que les textes déjà présentés dans Hérétiques et adorateurs...

étaient  pour la plupart des textes récents )

 

                 En plus.....

 

Monod (Jacques)

 

 

"Lorsqu'on songe à l'immense chemin parcouru par l'évolution depuis peut-être trois milliards d'années, à la prodigieuse richesse des structures qu'elle a créées, à  la miraculeuse efficacité des performances des êtres vivants, de la bactérie à l'homme, on peut bien se reprendre à douter que tout cela puisse être le produit d'une énorme loterie, tirant au hasard des numéros parmi lesquels une sélection aveugle a désigné de rares gagnants. A revoir dans leur détail les preuves aujourd'hui  accumulées que cette conception est bien la seule qui soit compatible avec les faits (notamment avec les mécanismes moléculaires de la réplication, la  mutation et de la traduction) on retrouve la certitude, mais non pour autant une compréhension immédiate, synthétique et intuitive  de  l'évolution dans son ensemble. Le miracle est "expliqué"; il nous parait encore miraculeux: comme l'écrit Mauriac ; "Ce que dit ce professeur est bien plus incroyable  encore que ce que nous croyons, nous autres pauvres chrétiens."   La Recherche. Oct. 1970

 

 

Simon (Pierre-Henri)

 

 

"Ainsi, non seulement la téléonomie  n'a pas besoin d'être intelligente pour pousser l'évolution des humbles profondeurs de la vie élémentaire vers les cimes de l'existence  psychique, mais c'est son aveuglement même, ce sont ses défaillances et ses ratés qui rendent possibles le mouvement diversificateur et ses extraordinaires succès : L'évolution, l'émergence de structures complexes à partir de formes plus simples est donc la conséquence des imperfections mêmes du système conservateur de structures que représente une cellule  Félix culpa ! Dana la théogonie scientifique du hasard comme dans la théologie mystique du dieu de la Bible, quelque accident fortuit et imprévu a cassé l'ordre légal et ouvert la brèche sacrée pour l'aventure d'une liberté superbement et périlleusement créatrice."

Question aux savants. Essai. Seuil 1969 p. 88.

 

 

POLANYI

 

 

« La structure de la vie est un ensemble de conditions qui harnachent les lois de la physiques et de la chimie et qui  ne peuvent se définir en termes des lois  qu’elles harnachent….

Tout comme l’arrangement  d’une page imprimée est étrangère à la chimie de la page imprimée, ainsi la séquence dans la molécule DNA est étrangère aux forces chimiques qui y sont à l’oeuvre….

… L’information et la fonction de la DNA et la machine de réplication cellulaire originent de source qui transcende la physique et la chimie. »

Life’s irreductible structure. 1968

 

 

Crick (Francis)

 

 

"D'une certaine façon on pourrait dire que tous les travaux biologiques, génétiques et moléculaires des soixante dernières années n'étaient qu'un long interlude....Maintenant que ce programme est terminé, nous avons bouclé le cercle, nous nous retrouvons face au problème...demeuré irrésolu. Comment un organisme blessé se régénère-t-il  pour présenter exactement la même structure qu'auparavant? comment l'ovule forme-t-il l'organisme ?" cité par Fritjof Capra,  LE TEMPS DU CHANGEMENT. 1983 p. 109

 

Wernher von Braun. Inventeur des premières fusées…

 

 

« Dans le monde qui nous entoure, nous voyons des  manifestations évidentes  d'un plan ordonné et structuré, d’un projet. Nous pouvons constater la tendance des différentes espèces à vivre et à se multiplier. Et nous sommes écrasés par les forces à l’oeuvre à l’échelle des galaxies et l’intentionnalité de la nature qui donne à une petite  semence le pouvoir de se développer en une fleur magnifique. Mieux on comprend les complexités de l’univers et tout ce qu’il comporte, plus nous avons raison de s’émerveiller du plan qui s’y manifeste. … Il y en a,  il est vrai,  qui prétendent que  l’univers s’est développé par hasard, mais quel hasard peut produire le cerveau et l’oeil de l’homme ?

Certains disent que la science est incapable de prouver l’existence d’un planificateur. Ils mettent au défi la science de prouver l’existence de Dieu. Doit-on allumer une chandelle pour voir le soleil ? »

 

 

SAKHAROV (ANDREI)

 

 

« Je ne conçois pas l’univers et la vie humaine sans un commencement intelligent, sans une chaleur spirituelle à leur source, quelque chose qui ne relève pas de la matière et de ses lois. »

 

 

WILBER  (KEN)

 

 

 

« Il faut peut être une centaine de mutations pour produire une aile fonctionnelle à partir d’une patte. Une demi-aile est inutile. L’aile ne fonctionnera que si ces cents mutations se produisent toute en même temps dans un animal; qui plus est, ces même mutations doivent se produire simultanément chez un autre animal de sexe opposé, puis les deux doivent d’une manière quelconque se trouver… Le hasard des mutations ne peut même pas commencer à expliquer ceci…. Mais une fois que cette incroyable transformation s’est produite, alors oui, la sélection naturelle effectivement sélectionner les meilleures ailes en écartant d’autres ailes moins fonctionnelles. » UNE BRÈVE HISTOIRE DE TOUT.

 

 

Ruyer  (Raymond)

 

 

 « Au commencement était le Logos » dit saint Jean – et la Gnose. (Gus, logos : parole, pensée; gnose : connaissance) 

Non, répondent les antignostiques. Au commencement était la lettre (ou plutôt les lettres)  et le logos en naquit.

 

Au commencement était la Vie, la Volonté_

 Non répondent les biologistes antignostiques.

Au commencement étaient les Molécules autoreproductrices, et la Volonté de vivre en sortit»

 

« Au commencement était l’Ordre ou le grand ordonnateur, ou l’antihasard ou la Conscience ou la subjectivité cosmique » disent les Gnostiques.

Non répondent les scientistes : au commencement était l’Aveugle absolu, la Désinformation et l’Information sensée en sortit, après que se fut formé, par pur déterminisme, un  Grand ordinateur matériel. »

 

Le tour de passe-passe antignostique.

 

Quel est le secret du tour de passe-passe antignostique ? Il réside en ceci, que les anti-gnostiques prétendent que le hasard se canalise lui-même, sans canaliseur, qu’il se capte sans capteur, qu’il choisit sans choisisseur, qu’il sélectionne sans sélecteur, ou que les capteurs, canaux, choisisseurs, sélecteurs se forment aveuglément et captent et sélectionnent aveuglément .

 

Or un domaine de subjectivité, de conscience, est le seul capteur possible, qu’il agisse directement ou par liaisons imposées et interposées. » 

 

La gnose de Princeton. Des savants à la recherche d’une religion. …1974…

 

On comprend que les explications par sélection naturelle soient si souvent calquables sur les explications par la Providence divine et ne demandent pas beaucoup plus d’effort aux biologistes pour l’interprétation des finalités de fait constatées. On comprend que l’on puisse remplacer dans toutes les phrases « la Providence » par « la Sélection » ou inversement. Le schéma des deux types d’explication est le même; une conscience domaniale et thématisante qui invente directement ou qui coiffe et utilise des hasards et des mécanismes subordonnés. Dans les deux cas, il y a toujours une Conscience anticipante et choisisseuse, qu’elle ait ou non à attendre patiemment des mutations consolidantes. »Ibid.  p. 155

 

« Les (nouveaux) Gnostiques refusent de croire que l’univers soit un Aveugle absolu ou un bâton d’aveugle menant un aveugle d’abord inconscient et qui ne va nulle part, jusqu’à le faire devenir miraculeusement une Conscience qui se  met à vouloir aller quelque part. »Ibid. p.162.

 

 

Capra ( Fritjof)

 

 

 " Les concepts darwiniens de la variation aléatoire et de la sélection naturelle ne sont que deux aspects d'un phénomène complexe qui pourrait être beaucoup mieux compris dans un cadre holistique ou systémique. Un tel cadre est beaucoup plus subtil et beaucoup plus utile que la position dogmatique de la pseudo-théorie néo-darwinienne, exprimée avec force par la généticien et prix Nobel Jacque Monod.  P. 102

 

 "Les systèmes sont des tout intégrés dont les propriétés ne peuvent être réduites à celles de plus petites unités. Au lieu de se concentrer sur les éléments fondamentaux ou sur les substances de base, l'approche systémique met l'accent sur les principes de l'organisation. Les exemples de systèmes abondent dans la nature. Chaque organisme -- de la plus infime bactérie jusqu'aux humains en passant par toute la  variété végétale et animale -- est un tout intégré et, donc, un système vivant... p.248...  ....la description réductionniste des organismes peut, donc, s'avérer utile et même, dans certains cas, nécessaire. Elle n'est dangereuse que lorsqu'elle est considérée comme la seule explication cohérente.  Réductionnisme et holisme, analyse et synthèse sont des approches complémentaires qui, soigneusement équilibrées, nous permettent d'acquérir une connaissance plus profonde de la vie. ..La première différence manifeste entre les machines et les organismes, c'est que les machines sont construites alors que les organismes se développent. Cette différence fondamentale signifie que la compréhension des organismes doit être orienté ver les processus....249..Alors que les activités d'une machine sont déterminées par sa structure, la relation est renversée dans les organismes -- la structure organique est déterminée par des processus.

L'aptitude des espèces à s'adapter aux modifications environnementales a été étudiée en détail et avec bonheur, au cours de notre siècle, de même que les mécanismes de reproduction et d'hérédité. toutefois, ces aspects en représentent qu'une face du phénomène de l'évolution. L'autre est le développement créatif de nouvelles structures et fonctions sans qu'il y ait eu pour autant, de pressions environnementales; dans ce cas nous nous trouvons en présence d'une manifestation du potentiel d'auto transcendance inhérent à tout organisme vivant. De ce fait, les concepts darwiniens n'expriment qu'une seule des deux visions complémentaires nécessaires à la compréhension de l'évolution.....

Le développement créatif de la vie vers des formes sans cesse croissantes de complexité demeure un mystère irrésolu, plus d'un siècle après Darwin, mais une étude récente a permis de dessiner les grandes lignes d'une théorie de l'évolution qui promet d'éclairer d'un jour nouveau ces caractéristiques étonnantes des organismes vivants. C'est une théorie systémique qui se concentre sur   la dynamique de l'auto transcendance et se base sur le travail de certains scientifiques de diverses disciplines......

L'évolution est une aventure continue et ouverte qui crée à tout instant sa propre finalité dans un processus dont le résultat précis est fondamentalement imprévisible."

Le temps du changement, 1983 , p. 271

 

 

 Reeves (Hubert)

 

 

“ Je pense qu’on peut dire de la science, comme de toutes les mythologies, que ce sont de vastes entreprises de sécurisation. (...) Arriver à mettre un peu d’ordre dans ce qui nous entoure, c’est, au départ, quelque chose de sécurisant, et quelque chose qui permet de vivre... On s’éloigne alors de l’angoisse fondamentale qui est de ne pas savoir ce que l’on est, ne pas savoir ce que l’on fait, ne pas trouver ou donner un sens à la vie. (...) Ce n’est pas pour rien que les questions scientifiques les plus discutées et dans lesquelles il y a le plus d’animosité entre les scientifiques sont les questions d’origine: origine de la vie, origine de l’homme. On ne se bat pas pour la forme de telle ou telle molécule, on se bat longtemps pour savoir quelle est la meilleure théorie d’origine. ”

Les origines, (recueil de conférences de différents spécialistes sur la question des origines), Paris, Éditions de l’Harmattan, 1988, p. 37

 

 

Hawking (Stephen)

 

 

 

« L’histoire des sciences tout entière n’est que la compréhension progressive du fait que les évènements n’arrivent pas de manière arbitraire mais qu’ils reflètent un certain ordre sous-jacent qui peut ou non avoir été inspiré du divin » une brève histoire du temps

 

 

Shroeder (gerald) physicien nucléaire.

 

 

 

« La probabilité que l’univers et la vie soient le fruit du hasard  est égale à  celle de gagner trois fois de suite le gros lot d’une loterie nationale. Avant d’avoir pu récolter vos gains pour la troisième fois, vous serez envoyé en prison pour avoir truqué les résultats. La probabilité de gagner trois fois de suite, ou même trois fois  dans sa vie, est tellement faible qu’elle est  négligeable. »

 

 

Robert Jastrow

 

 

 

«I l semble aujourd’hui que tout se passe comme si  la science ne sera jamais capable de lever le voile sur le mystère de la création.  Pour le scientifique qui a vécu dans la foi au pouvoir de la raison, l’histoire se termine en un mauvais rêve. I l a escaladé les montagnes de l’ignorance; il s’apprête à conquérir le plus haut sommet et lorsqu’ il se hisse  en haut du dernier pic, il  est accueilli par une troupe de théologiens qui étaient assis là  depuis des siècles. » God AND THE ASTRONOMERS. 1978, P. 116

 

 

The Encyclopedia Americana (1977), tome X, p. 742.

 

 

"Le fait que la plupart des mutations soient néfastes à l'organisme semble difficile à concilier avec l'idée selon laquelle elles sont la source des matériaux nécessaires à l'évolution. En effet, les mutants reproduits dans les manuels de biologie constituent une collection de bizarreries et de monstruosités, et les mutations semblent bien être un processus destructeur plutôt que constructeur."

 

 

 

    TRINH XUAN THUAN. LA MÉLODIE SECRÈTE. FAYARD.1988

 

 

 

« En tous cas, il est certain que les constantes fondamentales de la nature et les conditions initiales ont été réglées avec une extrême précision pour que l’univers franchisse les étapes qui mènent des particules élémentaires à la vie biochimique en passant par les planètes, les étoiles et les galaxies. Une petite modification et l’univers serait sériel et vide d’observateurs. Que penser de ce stupéfiant concours de circonstances ? Certains n’y voient que le fruit du hasard. L’univers, dans ce cas, serait accidentel. Le fait que les constantes physiques et les conditions initiales aient été à même d’engendrer la vie ne serait qu’une coïncidence heureuse, sans grand intérêt. L’homme est perdu ! «  dans l’immensité indifférente de l’univers d’où il a émergé par hasard ». Cette attitude qui rencontre l’approbation du fantôme de Copernic, suscite le désespoir.

 

Pour d’autres, ce concours de circonstances n’est pas accidentel, il a sa signification et si l’univers existe en tant que tel, c’est bien pour faire émerger la conscience et l’intelligence. Il contenait en germe, dès le début, les conditions requises pour l’arrivée d’un observateur. Il tendait à prendre conscience de lui-même par la création de l’intelligence. Quelque part, il savait que « l’homme allait venir » Les partisans de ce point de vue, l’astrophysicien anglais Brandon Carter en tête, l’ont même élevé au statut de principe anthropique » p. 287

 

 

« Le vrai hasard ne réside plus dans les rencontres de particules, de quarks, d’atomes et de molécules, mais dans le choix des constantes physiques et des conditions initiales. Une fois celles–ci fixées, la matière contient déjà en elle les germes de l’éclosion de la conscience, et la gestation cosmique va mener inexorablement jusqu’à nous. »296

 

« Enfin parier sur le hasard implique le non-sens et le désespoir. Les cris de détresse de Monod et Winbert en sont bien la preuve. Alors, pourquoi ne pas parier plutôt sur le sens et l’espérance ? »  p. 310.

 

 

Sheldrake  ( Rupert) A New Science of Life: the hypothesis of Formative Causation . (1981)

 

 

 

 

 

 ."....il existe une longue tradition de dissidence au sein de la biologie, laquelle tend vers quelque chose qui dépasse la vision mécaniste-réductionniste. Cette tradition, dont je me réclame, a existé de tout temps. Elle s'est toujours exprimée avec le plus de force parmi les biologistes et embryologiste, alors que la vision mécaniste-réductionniste rassemble surtout des biologistes et des biophysiciens.....p.130

 

...L'idée est d'expliquer le développement de la forme chez les animaux et les végétaux. La raison pour laquelle cela pose problème est simple : au fur et à mesure que la forme se développe, que l'embryon croit, la complexité de la structure devient plus grande; le résultat est supérieur au potentiel. C'est un problème sérieux car il n'existe pas de relation claire entre la cause et l'effet.

Normalement, selon nos notions physiques de causalité, il y a équivalence de cause et d'effet. La quantité de mouvement, d'énergie et de changement avant un processus donné est la même que celle enregistrée après.  C'est la raison pour laquelle nous pouvons élaborer des équations. Les équations physiques ne traitent en fait de rien d’autre que de quantités conservées. Mais il n'en va pas de même pour les formes : si vous brûlez une fleur, que vous la réduisez en cendres, la masse et l'énergie sont conservées, seule la forme de la fleur est détruite. La forme n'est pas une quantité conservée et nous ne pouvons la mesurer avec exactitude en termes de principes mathématiques. Personne ne peut dire qu'un embryon de poulet contient dix ou douze unités de forme. Les tentatives visant à définir des meures qualitatives de la forme n'on jamais été couronnées de succès en biologie. Nous nous trouvons donc dans une position telle qu'il nous est impossible de déterminer des quantités de forme, mais qu'il nous est également impossible de ne pas voir que la complexité de  forme s'accroît. Or cet accroissement de complexité semble défier toute explication physique. .

La théorie des champs morphogénétiques suggère qu'il existe un champ ou une structure spatiale, qui est responsable du développement de la forme.  Et si le champ morphogénétique existe et a une forme préexistante, s'il façonne l'organisme en développement, il y aurait alors équivalence causale....L'organisme  en développement serait dans le champ morphogénétique et ce champ guiderait et contrôlerait las forme du développement de l'organisme.. p. 131

Le programme génétique n'est pas identique à l'ADN, car l'ADN est présent dans toutes les cellules du corps, pourtant les yeux, les oreilles, les reins et le foie se développement tous de manière très différente....Il doit donc exister quelque chose au-dessus et au-delà de l'ADN qui structure  leur développement. Ce concept du programme génétique est, bien entendu, téléologiques est bien entendu téléologique: une programmation répond toujours à un dessein, à un objectif. P.135

Les biologistes sont contraints d'attribuer à l'ADN des rôles et des possibilités et des potentialités qui dépassent de beaucoup ce dont nous savons l'ADN capable. Aussi ce qui débute comme une théorie rigoureuse et bien définie relative à la manière dont l'ADN code l'ARN  et dont l'ARN code les protéines, se transforme bientôt en une théorie mystique dans la quelle l'ADN possède des pouvoirs et propriétés inexpliqués qui ne peuvent en aucun cas être précisés en termes moléculaires précis." P. 137

Si j'exclus la question de l'origine des formes c'est que je considère que la créativité est un sujet qui dépasse les limites des sciences naturelles. »

 Extraits de : Renée Weber. Dialogues avec des Scientifiques et des Sages . Éditions du rocher.1988

 

 

Von Dithfurt  (Hoimar)

 

 

 

"En  réalité, une telle harmonie peut-elle émerger seulement à partir de coïncidences ? C'est la question fondamentale de toute l'évolution biologique. Répondre Oui, c'est possible, c'est comme  affirmer sa foi dans la science moderne de la nature. Plus  critiquement, on peut dire que quelqu'un qui accepte la science moderne de la nature  n'a aucune autre alternative que de dire oui.... Rendu à ce point   cependant, expliquer tout au moyen des lois de la nature, c'est-à-dire par coïncidences, est un signe qu'il n'y a aucune autre porte de sortie.  Que peut-on  faire d'autre alors que mettre sa foi dans les  coïncidences !"

 

 

Lewontin  (Richard C.) (Harvard University.)

 

 

 

"Ce ne sont pas  les méthodes et les institutions de la science qui nous forcent d'une certaine façon à accepter une explication matérielle du monde phénoménal, mais, au contraire, nous sommes forcés par notre adhésion a priori à des causes matérielles à créer un appareil d'investigation et un ensemble de concepts qui produisent des explications matérielles,  peu importe qu'elles aillent à l'encontre de l'intuition, peu importe qu'elles soient mystifiantes pour le non-initié. De toute façon, le matérialisme est absolu et nous  ne pouvons pas permettre à un pied divin d'entrebâiller la porte."

 

 

Behe (Michael )

 

 

"J'ajouterais que la sélection naturelle, le moteur de l'évolution darwinienne, ne fonctionne que s'il y a quelque chose à sélectionner, quelque chose qui est utile tout de suite, pas dans l'avenir." 

Science and Evidence for Design in the Universe

 

Prendre conscience que la vie a été conçue par une intelligence est un choc pour nous au 20ème siècle, qui avons l'habitude de penser à la vie en termes de simples lois naturelles. Mais d'autres siècles ont eu leurs chocs et il n'y a aucune raison de supposer que nous allons y échapper. »

Darwin's Black Box, The Free Press, New York, 1996, pp. 252-253

 

 

Hoyle (Fred)

 

 

- “ L’univers est un coup monté." 

 Paris Match, 1er août 1991, p. 6

 

 

Reeves (Hubert)

 

 

 

A propos de la thèse de Gould...

 

"Résumons la thèse de Gould : loin d'être déterminée, l'évolution biologique serait entièrement soumise à des événements fortuits; elle serait parfaitement contingente et n'irait nulle part. Il n'y a pas <<de flèche>>.

Cette position radicale soulève beaucoup d'émotions. Notre existence tiendrait à un caillou erratique et à une plaque géologique facétieuse ! Que reste-t-il de nos interrogations métaphysiques si tout se joue sur l'orbite chaotique d'un astéroïde ou sur les aléas des mouvements de convection du magma terrestre ? L' <<insoutenable légèreté >> de note être nous pince le cœur"

Oiseaux, merveilleux oiseaux. Seuil,  1998, p 208

 

 

Gitt (Werner) directeur  de l'Institut fédéral allemand  de physique et de technologie

 

 

 

"Toutes les expériences indiquent  qu'un être pensant exerçant  son libre arbitre, sa connaissance et sa créativité  est requis. Il n'y a aucune loi de la nature connue, aucun processus connu, ni aucune séquence connue d'évènements qui peut  faire que l'information s'engendre d'elle-même dans la matière."

 

 

Reeves (Hubert)

 

 

A propos de Dawkins

 

"Plutôt qu'un explication ultime, la thèse de Dawkins est une vision de l'évolution à  partir d'un angle spécifique: celui des gènes. Adoptant temporairement ce point de vue, on pourrait demander : << Pourquoi cette détermination forcenée à se reproduire et à mettre tout en oeuvre pour y arriver?>> Le comportement des gènes est, en définitive, une manifestation de la vitalité de la vie terrestre.  Mais en expliquant la puissance des impératifs génétiques par la vitalité de la vie et celle-ci par la détermination des gènes, on tourne en rond...Qu'est-ce qui donne à la vie cette puissante aptitude à survivre et à se perpétuer ? "

 Oiseaux, merveilleux oiseaux. Seuil,  1998, p.226

 

 

Ali  Demirsoy. Biologiste turque.. évolutionniste…

 

 

 

La probabilité de la formation par hasard du cytochrome C, une protéine essentielle pour la vie, est "aussi peu probable que l'existence d'un singe écrivant l'histoire de l'humanité sur une machine à écrire sans faire d'erreurs"

 

 

SCHUTZENBERGER (M.P)

 

 

 A propos de la sélection naturelle...

 

"Personne ne peut refuser l'existence du phénomène. C'est tout simplement le principe que rien n'existe qui ne soit assez solide pour exister... Dans une zone qui se désertifie, les espèces qui disparaissent le plus vite sont celles qui ont le plus besoin d'eau. Ce qui n'explique pas l'apparition chez les survivants de structures dont les propriétés fonctionnelles leur permettent de mieux résister à la sécheresse. ..Ce que nous pouvons faire c'est constater après coup l'effet de la sélection naturelle. Constater, par exemple, que telle espèce d'escargots est moins mangée que d'autres par certains oiseaux, peut-être parce que leur coquille est moins visible. C'est de l'écologie, très intéressante. Autrement dit, la sélection naturelle est un faible instrument de preuve, parce que les phénomènes de sélection naturelle sont patents, mais ne prouvent rien du point de vue théorique"

 Les failles du darwinisme.  La Recherche. No 283. 01-1996

 

 

Davies (Paul)

 

 

 

"Les chances d’obtenir par hasard la séquence exacte d’acides aminés permettant de produire une molécule de protéine par accident sont fantastiquement faibles. Et il ne s’agit que d’une protéine. La vie, telle que nous la connaissons, requiert des centaines de milliers de protéines spécialisées sans parler des acides nucléiques. Les chances de produire les protéines seulement par pur hasard sont de 1 contre 1040 000. C’est-à-dire 1 suivi de quarante mille zéros. Pour écrire ce nombre en entier, il faudrait tout un chapitre de ce livre. Obtenir une suite parfaite des cartes 1 000 fois de suite est facile en comparaison. L’astronome anglais Fred Hoyle, dans une remarque célèbre (The intelligent universe, 1983), compara les chances d’obtenir la construction spontanée d’un être vivant à celles de la production d’un Boeing 747 complètement fonctionnel suite au passage d’un puissant tourbillon de vent balayant un dépotoir de rebuts mécaniques et électroniques"

The fifth miracle, The search for the origin and meaning of life, Simon & Schuster, 1999, pp. 94-95

 

 

Denton (Michael) 

 

 

 

" Pour saisir la réalité de la vie telle qu’elle a été révélée par la biologie moderne, il faudrait agrandir la cellule encore un milliard de fois —jusqu’à ce que qu’elle atteigne un diamètre de vingt kilomètres et ressemble à un aéronef géant assez vaste pour recouvrir une grande ville comme Londres ou New York. On découvrirait alors un objet d’une complexité et d’une finalité adaptative sans pareil. À la surface de la cellule, on verrait des millions d’ouvertures, comme les hublots d’un vaste vaisseau spatial, qui s’ouvrent et se ferment pour permettre la circulation d’un flux continu de matériaux entrant et sortant. En pénétrant par l’un de ces orifices, on découvrirait un monde d’une complexité ahurissante sous le règne d’une technologie très avancée. On verrait un réseau de couloirs et de conduits sans fin se ramifier dans toutes les directions à partir du périmètre de la cellule, certains conduisant à la banque de mémoire centrale du noyau, d’autres aux unités de traitement et aux chaînes d’assemblage. Le noyau lui-même serait une vaste chambre sphérique de plus d’un kilomètre de diamètre, semblable à un dôme géodésique ; à l’intérieur, on discernerait des kilomètres de chaînes torsadées de molécules d’ADN bien empilées en rangées ordonnées. Le long des conduites, une grande diversité de matériaux bruts et de produits circuleraient dans une ordonnance parfaite, allant vers les différentes chaînes d’assemblage des régions externes de la cellule, ou en revenant.

 

On remarquerait que les plus simples des composantes fonctionnelles de la cellule, les molécules de protéine, sont des pièces de machinerie moléculaire d’une étonnante complexité, chacune composée de trois milliers d’atomes disposés en une configuration spatiale hautement organisée. L’observation de l’activité réfléchie de ces étranges machines moléculaires susciteraient encore plus notre émerveillement ; surtout lors­qu’on s’apercevrait que la conception d’une telle machine —à savoir une protéine fonctionnelle isolée— dépasse complètement nos capacités actuelles et ne sera probablement pas réalisée avant le début du siècle à venir. Et pourtant la vie de la cellule dépend de l’activité cohérente d’au moins plusieurs dizaines, voire probablement de plusieurs centaines, de milliers de molécules de protéines différentes...

 

Nous serions les spectateurs d’un objet semblable à une immense usine automatisée, une usine plus grande qu’une ville et capable de remplir autant de fonctions que toutes les activités industrielles de l’homme sur la Terre. Ce serait cependant une usine dotée d’une capacité sans précédent, car elle serait capable de dupliquer sa structure entière en l’espace de quelques heures. Assister à une telle opération agrandie un milliard de fois serait un spectacle grandiose ! »

L’évolution : Une théorie en crise, Flammarion, 1992, pp. 338 à 340

 

 

schützenberger (M.-p)

 

 

La complexité fonctionnelle....

 

"Les êtres vivants se présentent comme un ensemble complexe d'interrelations fonctionnelles. Si l'on veut expliquer l'évolution des êtres vivants, il faut expliquer à la fois cette fonctionnalité et cette complexité. C'est la complexité fonctionnelle. Et là ce n'est plus simple du tout... C'est peut-être que l'évolution du vivant repose sur un quelque chose, un ingrédient essentiel que rien dans nos connaissances physico-chimiques actuelles ne permet d'imaginer, et sur lequel la logique formelle n'a pour l'instant aucune prise. Qu'ils soient gradualistes ou saltationnistes, les darwiniens me semblent avoir parfois une conception un peu simple de la biologie, une conception en quelque sorte clés en mains. Pour eux un gène est comme une commande sur le catalogue de La Redoute. L'article de Walter Gehring que vous avez publié sur le supergène qui déclenche la fabrication des yeux de la mouche reflète cette conception. On peut accepter que les gènes fonctionnent ainsi et ne pas se poser de question. Mais si l'on cherche à l'expliquer, alors le darwinisme n'est d'aucun secours...

 

.... Ce n'est pas parce qu'on sait qu'un gène déclenche la fabrication de telle ou telle protéine qu'on comprend comment un ou deux milliers de gènes suffisent à diriger le cours du développement embryonnaire.

Les failles du darwinisme.  La Recherche. No 283. 01-1996

 

JACOB (Francois) (Institut Pasteur)  prix Nobel de médecine.

 

 

 

Notion de bricolage

 

"... On a appris ainsi cette chose stupéfiante : ce sont les mêmes gènes qui mettent en place le corps d'une mouche et celui d'un humain ! Si on nous l'avait dit il y a dix ans, personne ne l'aurait cru...

.... Une fois que certaines solutions ont été trouvées dans la nature, elle s'y tient et brode autour. C'est le bricolage, une fois de plus ! La nature est conservatrice, mais elle fait aussi pas mal de changements. Elle conserve ce qu'il y a derrière, ce qu'on ne voit pas mais, en surface, elle fabrique tous les possibles.

 

..... On ne comprend pas comment ont pu se former les premiers organismes, les protobactéries. Comment a pu démarrer la reproduction, avec toute sa complexité chimique. On a des hypothèses. Mais je ne suis pas sûr que l'on pourra jamais arriver à les démontrer ou à les réfuter expérimentalement. De même, on ne comprend pas l'explosion cambrienne, l'apparition des divers plans d'organismes en quelques millions d'années, il y a 600 millions d'années. Et tant que l'on ne comprendra pas cela, on ne comprendra pas vraiment l'évolution.

....

Tous les organismes sont faits plus ou moins des mêmes molécules, combinées et recombinées. On a souvent comparé le travail de l'évolution à celui d'un ingénieur, mais il ressemble beaucoup plus à celui d'un bricoleur. Elle utilise de vieilles structures pour en faire des nouvelles, prend le rideau de la grand-mère pour faire la jupe de la petite-fille, ou une caisse à savon pour faire une boîte de radio...

(A. Langaney : Vous décriviez la sélection sans sélectionneur. Nous voilà devant du bricolage sans bricoleur ? )

 

F. Jacob : L'oeil est un organe très compliqué et l'un des arguments favoris des adversaires de l'évolution est de dire : « L’oeil n'a pas pu être fait au hasard. L'oeil, c'est comme une montre. Pour la montre, il faut un horloger, pour l'oeil il faut un créateur. » Effectivement, avec des mutations simples changeant les protéines acide aminé par acide aminé, il faudrait des temps dépassant les délais de l'évolution pour produire un oeil. Mais on a découvert des mécanismes génétiques très différents et beaucoup plus rapides. En particulier, des éléments qui coupent les chromosomes, qui les collent, qui prennent un segment ici et le remettent là. Un module de protéine est pris ici, un autre là et ils sont mis ensemble. Voilà ce que j'appelle le bricolage. Des mécanismes génétiques connus permettent de le faire et, du coup, l'oeil n'est plus hors de portée des centaines de millions d'années disponibles." 

 La Recherche, No 283, 01-1996

 

 

Schutzenberger (M.-P)

 

 

A propos de la notion de bricolage.

 

"Je ferais sans doute appel à une notion bannie de la communauté scientifique, mais parfaitement comprise par tout un chacun : celle de but....... Or pourtant la fonctionnalité c'est la réussite dans l'atteinte d'un but. ....Dans la réalité biologique l'espace dans lequel il faudrait se plonger pour décrire la fonctionnalité la plus simple est d'une complexité qui défie l'entendement et bien sûr tout calcul. "

 

L.R. : En quel sens employez-vous le mot « miracle » ?

 

M.-P.S. : Dans un sens purement rationnel, comme d'un événement dont la probabilité est infime à un degré si j'ose dire ultracosmologique. Parlons des macromutations..... Or si l'on regarde l'histoire de l'évolution, cela nous fait des dizaines et des dizaines de milliers de miracles, dont les saltationnistes ne savent pas mieux rendre compte que les gradualistes.

Quant à la seconde catégorie de miracles, elle tient au fait que certaines de ces macromutations (si l'on admet qu'elles ont eu lieu) se sont additionnées les unes aux autres dans une direction bien définie, pour constituer les grandes tendances de l'évolution : complication du système nerveux, mais aussi intériorisation des processus reproductifs, apparition des os, de l'oreille, enrichissement des fonctions relationnelles, etc. Toute une série de miracles dont l'accumulation a pour effet d'accroître la complexité des organismes et leur efficacité. De ce point de vue la notion de bricolage avancée par François Jacob est un constat très intéressant. C'est un joli mot d'auteur, mais il ne donne pas l'ombre d'une explication.

 Les failles du darwinisme.  La Recherche. No 283. 01-1996

 

 

Von Brucke (Ernest Wilhelm)

 

 

 « La finalité est comme une femme sans qui le biologiste ne peut pas vivre mais dont il a honte d’être vu avec elle en public », écrit Ernst Wilhelm von Brücke pour souligner que tout rejet strict de la finalité hors du champ scientifique conduit à exclure des sciences la biologie tout entière à moins d’accorder que cette science du vivant n’admette comme objet d’étude que de l’inerte. "

Cité par Philippe Descamps. (Science et vie).

 

 

Schutzenberger (M.-P)

 

 

 

 

"Je formule un problème qui me paraît majeur : comment se fait-il qu'avec aussi peu d'instructions élémentaires la matière vivante soit capable de fabriquer des objets aussi merveilleusement compliqués et efficaces ? Cette propriété dont elle est dotée, quelle est sa nature ? Rien dans nos connaissances physico-chimiques actuelles ne permet de l'imaginer. Si l'on se place du point de vue de l'évolution, il faudrait aussi admettre que d'une manière ou d'une autre les poissons de l'ère primaire contenaient en puissance les germes d'organes qu'ils n'avaient pas mais qu'auront leurs successeurs quand ils quitteront les eaux pour la terre ferme et les airs, et avec les câblages neuronaux appropriés."

Les failles du darwinisme.  La Recherche. No 283. 01-1996....

 

 

Von Foester

 

 

" Si l’on agite une boite contenant des cubes aimantés sur deux faces disposés en désordre, on constate que ces cubes vont spontanément constituer un ensemble cohérent. Ainsi aura-t-il suffi d’un principe d’ordre (l’aimantation) et d’une énergie désordonnée pour constituer une organisation ordonnée ".

 

 

Polkinghorne (John), physicien, Cambridge.

 

 

 “Quand on prend conscience que les lois de la nature doivent être réglées de façon incroyablement précise pour produire l’univers visible, germe alors l’idée que cet univers n’est pas apparu par accident, mais qu’il doit être l’aboutissement d’un projet.”

 

 

Kimura (Motoo)

 

 

 

 

"Contrairement à la théorie  synthétique traditionnelle (ou théorie néo darwinienne), l'hypothèse neutraliste affirme que la grande majorité des substitutions de mutants s'effectue non pas  par sélection darwinienne positive mais par fixation aléatoire de mutants sélectivement neutres ou presque neutres. Ce modèle postule également que la majorité de la variabilité moléculaire intra spécifique, telle qu'elle se manifeste sous la forme du polymorphisme protéique, est sélectivement neutre ou presque, et qu'elle est maintenue dans les espèces par l'équilibre entre la pression de mutation et l'extinction ou la fixation aléatoire des allèles."

The Neutral Theory of Molecular Evolution.

 

 

Prigogine (Ilya) prix Nobel de chimie 1977,

 

 

 

 

“ Il nous faut trouver la voie étroite entre une conception déterministe  qui est aliénante et une autre aliénation qui serait le hasard pur, le jeu de dés dans lequel il n’y a aucune corrélation et c’est cette voie étroite qui est la nouvelle aventure de la raison que l’on voit se dessiner. ”

in Le Devoir, 4 octobre 1993, B1

 

 

Boutot (Alain )

 

 

 

"La théorie des structures dissipatives de Prigogine, notamment, part de principes bien différents. Les structures dissipatives désignent les phénomènes d’auto organisation qui peuvent apparaître, dans certains cas et sous certaines conditions, au sein de populations composées d’individus a priori identiques (molécules en chimie, cellules en biologie, agents économiques en économie, etc.). Ce sont des processus « globaux» au cours desquels un grand nombre d’individus coopèrent, de façon tout à fait spectaculaire, pour former un ordre de dimension «supra individuelle... Pour expliquer ces formations si étonnantes, Prigogine ne procède pas à l’analyse locale du phénomène, mais adopte un point de vue holiste..... Le comportement du tout n’est plus la somme d’une multitude de comportements individuels, mais détermine au contraire le mouvement de chacune de ses parties.....

 La finalité réapparaît certes, mais avec un statut particulier, qui l’écarte de ses usages classiques. Loin de faire intervenir des puissances mystérieuses, les théories morphologiques rendent compte des phénomènes d’organisation par l’existence de contraintes bien déterminées, exprimables en termes mathématiques, s’exerçant sur un matériau ou un substrat de nature elle aussi parfaitement déterminée. De façon plus précise, elles affirment qu’un système se place dans un état donné ou adopte une configuration donnée parce que, dans cet état ou dans cette configuration, un certain paramètre reflétant les propriétés globales du système devient optimal (minimal dans le cas général). Elles imputent en fin de compte l’ordre à un principe d’optimalité....... Cette notion d’attracteur est au cœur des théories morphologiques.
... la science contemporaine retrouve, sous un nouvel aspect, l’idée de finalité. C’est une finalité dépouillée de toutes les idées anthropomorphiques et théologiques qui se sont trouvées si souvent associées à ce mot » La finalité s’introduit par le biais d’un principe d’optimalité exprimable mathématiquement en terme d’attracteur d’un système dynamique.

A travers ce finalisme « mathématico ontologique », les théories morphologiques véhiculent une image de la nature qui tranche avec celle, purement mécanique, que nous a léguée la science classique..... Cet univers finalisé n’a pas grand-chose à voir avec celui de la physique galiléenne, ni avec celui de la physique dite fondamentale d’aujourd’hui, physique des particules élémentaires ou des hautes énergies...

Les théories morphologiques ne relèvent pas, à l’évidence, de cette rationalité mécanique, rigide et intemporelle. Leur finalisme suggère secrètement l’idée d’un néo-aristotélisme, qui se marquerait par d’autres signes encore. Elles contribuent en tout cas à nous rendre la science plus proche et plus familière, tout en renouant les fils distendus du dialogue de l’Homme avec la Nature.

THÉORIES MORPHOLOGIQUES, Science et avenir. Le sens de la vie. Hors série. 124

 

 

Atlan (Henri)

 

 

 

L. M. - Les concepts scientifiques d’émergence et d’auto-organisation tiennent-ils lieu de finalité organisatrice ?

H. A. –..... Ils sont aujourd’hui suggérés par des modèles mécaniques où des éléments relativement simples pris individuellement produisent des phénomènes de structure et de fonction parfois très compliqués du fait de leurs interactions quand ils sont associés en grand nombre. Des structures et/ou des fonctions apparaissent ainsi à un niveau macroscopique sans que la seule observation des propriétés des constituants permette de les prédire. C’est en ce sens qu’on parle d’émergence et d’auto-organisation: les mécanismes en sont connus bien que trop compliqués dans leurs détails pour qu’on en ait une connaissance intuitive en-dehors du formalisme mathématique ou informatique qui permet de les modéliser. En ce sens, il s’agit de concepts encore plus réductionnistes que ceux du réductionnisme classique puisqu’ils permettent d’expliquer de façon mécanique l’émergence de comportements apparemment finalisés et de propriétés qui semblaient autrefois relever de phénomènes mystérieux censés caractériser la vie.

 Penser la finalité.  Science et Vie. Le sens de la vie. Hors série. 124

 

 

 

Schutzenberger (M.-p)

 

 

A propos de chaos...

 

 "Je faisais allusion à une succession de gens fort compétents qui ont su trouver des expressions poétiques et creuses qui n'expliquent rien. C'est l'ordre par le bruit des cybernéticiens, les structures dissipatives d'un Prigogine, le systémisme d'un Varela, et maintenant le « bord du chaos » de Stuart Kauffman, dont l'inanité sonore va bientôt nous parvenir en France. Ces écoles mettent la complexité à toutes les sauces. Ils évoquent à l'appui de leur démarche des exemples comme certaines réactions chimiques, le dessin d'une côte maritime, les turbulences atmosphériques ou la structure d'une chaîne de montagnes, dont la complexité est certes très grande mais qui repose, au regard du monde vivant, sur un type d'organisation très pauvre, en tout cas non fonctionnelle. Aucun algorithme ne nous permet d'appréhender la complexité du vivant, qui contrairement à tous ces exemples empruntés au monde physico-chimique est de nature fonctionnelle."

Les failles du darwinisme.  La Recherche. No 283. 01-1996

 

GRASSÉ  (PIERRE)

 

 

 

"On nous dit, avec une extrême insistance, que le hasard peut tout. Des affirmations ne suffisent pas; il faut donner des preuves. Nous ne tenons pas pour telle la résistance à un antibiotique apparue spontanément au sein d'une population bactérienne, non résistante. Il ne s'agit ni d'une structure ni d'une fonction fondamentale. Et ce que nous disons là est si vrai, que des variations de cette nature, même répétées des millions de fois , ont laissé la Bactérie semblable à elle-même, à quelques détails près...... p.180

"Les différences géniques relevées entre les populations séparées d'une même espèce que l'on donne, si souvent, comme la preuve d'une évolution en marche relèvent avant tout de l'ajustement des populations à leur habitat et des effets de la dérive génique. La Drosophile, Insecte favori des généticiens, dont nous connaissons précisément les génotypes géographiques, biotopiques, urbains et citadins, ne parait pas avoir changé depuis des temps très reculés." 

L'évolution du vivant. http://www.profbof.com/evolution/textesrecen_fichiers/image002.gifp. 219

 

 

Denton Michael

 

 

 

"Pour saisir la réalité de la vie telle qu’elle a été révélée par la biologie moderne, il faudrait agrandir la cellule encore un milliard de fois —jusqu’à ce que qu’elle atteigne un diamètre de vingt kilomètres et ressemble à un aéronef géant assez vaste pour recouvrir une grande ville comme Londres ou New York. On découvrirait alors un objet d’une complexité et d’une finalité adaptative sans pareil. À la surface de la cellule, on verrait des millions d’ouvertures, comme les hublots d’un vaste vaisseau spatial, qui s’ouvrent et se ferment pour permettre la circulation d’un flux continu de matériaux entrant et sortant. En pénétrant par l’un de ces orifices, on découvrirait un monde d’une complexité ahurissante sous le règne d’une technologie très avancée. On verrait un réseau de couloirs et de conduits sans fin se ramifier dans toutes les directions à partir du périmètre de la cellule, certains conduisant à la banque de mémoire centrale du noyau, d’autres aux unités de traitement et aux chaînes d’assemblage. Le noyau lui-même serait une vaste chambre sphérique de plus d’un kilomètre de diamètre, semblable à un dôme géodésique ; à l’intérieur, on discernerait des kilomètres de chaînes torsadées de molécules d’ADN bien empilées en rangées ordonnées. Le long des conduites, une grande diversité de matériaux bruts et de produits circuleraient dans une ordonnance parfaite, allant vers les différentes chaînes d’assemblage des régions externes de la cellule, ou en revenant.

 

On remarquerait que les plus simples des composantes fonctionnelles de la cellule, les molécules de protéine, sont des pièces de machinerie moléculaire d’une étonnante complexité, chacune composée de trois milliers d’atomes disposés en une configuration spatiale hautement organisée. L’observation de l’activité réfléchie de ces étranges machines moléculaires susciteraient encore plus notre émerveillement ; surtout lors­qu’on s’apercevrait que la conception d’une telle machine —à savoir une protéine fonctionnelle isolée— dépasse complètement nos capacités actuelles et ne sera probablement pas réalisée avant le début du siècle à venir. Et pourtant la vie de la cellule dépend de l’activité cohérente d’au moins plusieurs dizaines, voire probablement de plusieurs centaines, de milliers de molécules de protéines différentes...

 

Nous serions les spectateurs d’un objet semblable à une immense usine automatisée, une usine plus grande qu’une ville et capable de remplir autant de fonctions que toutes les activités industrielles de l’homme sur la Terre. Ce serait cependant une usine dotée d’une capacité sans précédent, car elle serait capable de dupliquer sa structure entière en l’espace de quelques heures. Assister à une telle opération agrandie un milliard de fois serait un spectacle grandiose ! »

 L’évolution : Une théorie en crise, Flammarion, 1992, pp. 338 à 340

 

 

Reeves (Hubert)

 

 

 

A propos d'Aristote...

 

  "Poussée par ce qu'on pourrait appeler (faute d'un meilleur terme) un puissant levain cosmique, la matière tend à atteindre des états de plus en plus structurés. Nous retrouvons ici notre vieil ami Aristote, ...Ses mots prennent maintenant des résonances nouvelles. Relisons-les dans ce contexte: dans la nature, une sorte d'art est à l'œuvre, une sorte de capacité technique orientée qui travaille la matière du dedans. La forme s'empare de la matière, elle «refoule l'indétermination», qui dit mieux? ...  Il reste un fait indéniable: la matière des premiers temps possédait la «capacité technique » de refouler l'indétermination. La preuve, c'est qu'elle l'a fait !

L'évolution subséquente de l'Univers peut se décrire comme une actualisation progressive de ces potentialités de la matière cosmique.  Quand les conditions sont décidément trop adverses, comme à la surface de la Lune, la vie ne peut éclore. Mais à la moindre chance, tout (hasard et nécessité, lois déterministes et événements aléatoires, convergence et contingence, pierres célestes et soubresauts de la couche terrestre) et mis à profit pour organiser la matière et amener le bourgeonnement de la vie.  Cette actualisation n'a nullement besoin d'être programmée et prédéterminée. Elle se produit graduellement en faisant intervenir d'innombrables événements dont aucun n'était a priori nécessaire.  La tension organisatrice profite de chaque <<faille  dans le rocher>>  pour se glisser toujours plus haut. Elle nous intègre dans une histoire du monde.

Ce levain cosmique utilise à fond les forces de la nature. Il fait «feu de tout bois»....Ce levain cosmique, nous le portons en nous. Il nous incite à poursuivre et à promouvoir, à notre petite échelle et pendant notre brève existence, la merveilleuse odyssée de la complexité cosmique."

 Oiseaux..... p. 229-231

 

 

Davies (Paul)

 

 

"En tant que physicien, quand je pense à la vie à l’échelle moléculaire, la question que je n’arrête pas de poser est : comment ces atomes sans intelligence savent-ils quoi faire ? La complexité de la cellule vivante est immense, ressemblant à une cité du point de vue du degré d’élaboration de son activité....

 Personne pour superviser leurs activités. Les molécules font simple­ment ce qu’elles ont à faire : se cogner partout aveuglément, se frapper les unes les autres, rebondir, s’associer. Au niveau des atomes individuels la vie est anarchique — une cohue, un chaos sans but. Collectivement, par contre, ces atomes sans pensée travaillent ensemble et exécutent la danse de la vie avec une exquise précision. »

 The Fifth Miracle, Simon & Schuster, 1999, pp. 97 à 99

 

 

Arnould  ( Jacques)

 

 

 

"L'histoire révélée par les fossiles n'est ni celle du règne d'un déterminisme strict, ni celle du déroulement d'un plan préétabli ( ce qui explique les démêlés) ni enfin celle d'un jeu de cubes exempt de toute signification. Les fossiles sont la mémoire des lancers de dés de l'évolution "

La recherche. 296 mars 1997

 

 

Hoyle  F.  et Wickramasinghe C.

 

 

 

"Mutations just don't occur often enough to account for all the hundreds of thousands of fundamentally different genes there are." They found it absurd to think that chance mutations could ever produce ‘genes which were to prove capable of writing the symphonies of Beethoven and the plays of Shakespeare."

Evolution from Space. Dent, London, 1981

 

 

Bohlin  (Ray)

 

 

"The origin of the eye in particular, caused Darwin no small problem. His only suggestion was to look at the variety of eyes in nature, some more complex and versatile than others, and imagine a gradual sequence leading from simple eyes to more complex eyes. However, even the great Harvard evolutionist, Ernst Mayr, admits that the different eyes in nature are not really related to each other in some simple-to-complex sequence. Rather, he suggests that eyes probably had to evolve over forty different times in nature. Darwin's nightmare has never been solved. It has only been made 40 times more frightening for the evolutionist.

The Five Crises in Evolutionary Theory (Internet)

 

 

Bohlin  ( Ray)

 

 

A propos " du secret le mieux gardé de la paléontologie"

"The Burgess Shale illustrates that in the Cambrian period (which evolutionists estimate as being over 500 million years ago) nearly all of the basic body plans (phyla) of animals existing on earth came into existence in a geological instant (defined as only 20-30 million years), and nothing that new has appeared since that time. The Cambrian explosion as it is called is nothing less than astounding. Sponges, jellyfish, worms, arthropods, molluscs, echinoderms, and many other stranger-than-fiction creatures are all found to suddenly appear in the Cambrian without a hint of what they descended from nor even how they could all be related to each other. This is the opposite expectation of Darwinism which would have predicted each new body plan emerging from pre-existing phyla over long periods of time. The Cambrian explosion is a direct contradiction of Darwinian evolution."   Ibid.

 

 

Chien (Paul)

 

 

The  Chengjiang site as primary site for the Cambrian explosion

"A simple way of putting it is that currently we have about 38 phyla of different groups of animals, but the total number of phyla discovered during that period of time (including those in China, Canada, and elsewhere) adds up to over 50 phyla. That means there are more phyla in the very, very beginning, where we found the first fossils [of animal life], than exist now.

Stephen J. Gould has referred to this as the reverse cone of diversity. The theory of evolution implies that things get more and more complex and get more and more diverse from one single origin. But the whole thing turns out to be reversed, we have more diverse groups in the very beginning, and in fact more and more of them die off over time, and we have less and less now...

Most textbooks will show a live tree of evolution with the groups evolving through a long period of time. If you take that tree and chop off 99 percent of it, what is left is closer to reality; it's the true beginning of every group of animals, all represented at the very beginning. "

Explosion of Life. (internet)

 

 

Dembski (William A.)

 

 

 

"Consider, for instance, NASA's SETI program (Search for Extra-Terrestrial Intelligence) in which certain radio signals from outer space would with full confidence be interpreted as signaling the presence of an extra-terrestrial intelligence. There are reliable criteria for inferring intelligent causes. Certain special sciences already admit as much. Why then refuse their admission into biology?"
Teaching intelligent design .....(Internet)

 

 

 

 

 

 

Gould (Stephen J.)

 

 

 

"Evolution is a theory. It is also a fact. And facts and theories are different things, not rungs in a hierarchy of increasing certainty. Facts are the world's data. Theories are structures of ideas  which explain and interpret facts. Facts do not go away while scientists debate rival theories for explaining them. Einstein's theory of gravitation replaced Newton's, but apples did not suspend themselves in mid-air pending the outcome. And human beings evolved from apelike ancestors whether they did so by Darwin's proposed mechanism or by some other, yet to be discovered."

 Evolution as Fact and Theory

 

 

Davies (Paul)

 

 

"If the universe were rerun a second time, there would be no solar system, no Earth, and no people. But the emergence of life and consciousness somewhere and somewhen in the cosmos is, I believe, assured by the underlying laws of nature. The origin of life and consciousness were not interventionist miracles, but nor were they stupendously improbable accidents. They were, I believe, part of the natural outworking of the laws of nature, and as such our existence as conscious enquiring beings springs ultimately from the bedrock of physical existence-those ingenious, felicitous laws.. 

... Moreover, if I am right that the universe is fundamentally creative in a pervasive and continuing manner, and that the laws of nature encourage matter and energy to self-organize and self-complexity to the point that life and consciousness emerge naturally, then there will be a universal trend or directionality towards the emergence of great complexity and diversity.

... Either we are the product of a unique supernatural event in a universe of profligate over-provision, or else an accident of mind-numbing improbability and irrelevance. On the other hand, if life and mind are universal phenomena, if they are written into nature at its deepest level, then the case for an ultimate purpose to existence would be compelling.

...The scientific enterprise as I have presented it may not return human beings to the center of the universe, it may reject the notion of miracles other than the miracle of nature itself, but it does not make human beings irrelevant either. A universe in which the emergence of life and consciousness is seen, not as a freak set of events, but fundamental to its lawlike workings, is a universe that can truly be called our home"

Physics and the Mind of God
The Templeton Prize Address. (Internet)

 

 

 Descamps (Philippe)

 

 

Finalité et totalité
.... Tout se passe comme si la totalité à venir, à savoir l’organisme parfaitement agencé et autonome, était non seulement déjà présente, ou au moins représentée, dès l'ébauche des parties, mais aussi active et déterminante tout au long de sa constitution ; tout se passe comme si le tout présidait à l’élaboration des parties».

....Si les parties s’agencent en vertu du tout, quoi ou qui détient la figure idéale du tout ? Comment la totalité est-elle inscrite dans ce qui la constitue et comment informe-t-elle les parties ?

 Décrire en termes finalistes un phénomène, c’est toujours plus ou moins poser l’existence d’une conscience capable d’envisager le tout et l’avenir, capable d’élaborer un projet qui organisera les moyens à mettre en œuvre et saura agencer harmonieusement les parties pour former un tout.

.... C’est en d’autres termes toujours accorder une conscience ou, pour le moins, un fonctionnement sur le modèle de la conscience à l’objet que l’on étudie. » 

Penser la finalité.  Science et Vie. Le sens de la vie. Hors série. 124

 

 

Mcintosh Andrew, Mathématicien, Royaume-Uni

 

 

« Quand je porte mon regard de scientifique sur le monde qui m’entoure, j’observe des mécanismes d’une telle complexité que j’en arrive à la conclusion que cet ordre complexe traduit un dessein intelligent »

 

 

Coppens (Yves)

 

 

 « On parle de matière inerte. Elle l'est bien moins qu'on ne l'imagine. C'est un terme global, rude et sec, utilisé pour désigner l'ensemble. Mais si vous étudiez le minéral, il pousse d'une certaine manière. Il est donc moins inerte qu'on ne le pense, même s'il est plus inerte que vivant. Alors…, je me pose évidemment des questions métaphysiques et ces interrogations débouchent sur des conceptions philosophiques sur l'homme et la vie. Les astrophysiciens, les géophysiciens, les biologistes, les paléontologues et les anthropologues font le même constat : la matière ne cesse de progresser, de se compliquer, de s'organiser. Toute cette organisation universelle aurait donc un sens et, je dirais, un double sens : c'est-à-dire une direction, dans le bon sens ou non, et une signification. Ça semble anodin et pourtant c'est un grand constat, fait par des gens de terrain. Pour ma part, je pense à toutes ces considérations métaphysiques mais cela ne me tracasse pas. Cela ne provoque chez moi ni angoisse, ni anxiété, ni vrai problème. …J'ai été un jour l'invité à Liège d'une émission de télévision intitulée Nom de Dieu. Le présentateur avait commencé par me poser la question suivante : " Comment écrivez-vous " Nom de Dieu " ? " Là, si vous jouez franc-jeu et que vous acceptez de répondre, vous êtes obligés de vous livrer. J'avais choisi de mettre un pluriel et des majuscules à " Nom " et à " Dieu ". C'est aussi une manière de répondre à votre question. Je respecte tous les dieux et tous les hommes, y compris ceux d'hier. Il y en a eu beaucoup, si l'on se réfère aux cent milliards d'homme qui ont peuplé l'histoire. Tous les dieux se confondent peut-être en un seul dieu. J'ai une grande confiance et un grand respect envers les hommes et, par suite, je respecte tous les dieux et tous les hommes de la terre »

 

Hors Press. Webzine.

... Nous vivons dans une société qui assaille littéralement ses scientifiques, pour leur poser des questions métaphysiques auxquelles ils ne sont absolument pas faits pour répondre, ou pas davantage qu’un épicier ou un agriculteur. Le sens de la vie est une question bien trop importante pour être confiée à un groupe d’experts. La gestion du monde par des scientifiques serait une abomination. Nous ne sommes pas plus armés pour ça que pour être prêtres ! Quand les gens se tournent vers nous pour nous demander : “Que pensez-vous de l’avenir de l’homme ?” que puis-je leur répondre d’autre que des choses gentilles ? 

Internet.

 «À la fin de l’oligocène un certain nombre de grands primates s'engagèrent dans la voie qui conduit à l’homme. Cette tendance atteint à peu près en même temps, et de façon indépendante, un certain nombre de genres, en des lieux très éloignés les uns des autres » 

L’Afrique et à l’origine de l’home. 1974

 

 

 

DAMBRICOURT-MALASSÉ (Anne)

 

 

 

« …Il se trouve qu’en comparant l’ontogenèse des os crâniens des singes, petits et grands, archaïques et contemporains, ainsi que ceux de l’Australopithèque, de l’Homo erectus, de l’Homo habilis, du Néanderthalien... et de nous-mêmes, hommes de Cro-Magnon, on tombe sur un processus d’une logique implacable et continue, s’étalant sur soixante millions d’années, et qui, loin de donner la primeur au chaos, relativise énormément son rôle créateur, pour laisser la fonction fondatrice de l’évolution à ce que Teilhard appelait la “loi de complexité-conscience”.

 Pour eux (partisans de la théorie du chaos) notre apparition est le fruit accidentel d’une confluence d’événements à 100% indépendants les uns des autres, provoqués par des mutations génétiques aléatoires, se combinant de façon viable par pure coïncidence. Cela fonde une certaine idée de la liberté, certes... Mais j’arrive, quant à moi, à des conclusions diamétralement contraires, porteuses d’une liberté très différente. Il y a une logique qui se déploie imperturbablement à travers le halo du hasard - on pourrait même dire : une logique qui se nourrit du hasard. Il y a quelque chose de très stable, de très persistant, de très têtu tout au long de l’évolution. Quelles que soient les dérives de continents, les crises climatiques, les disparitions ou les apparitions d’espèces, quels que soient les aléas chaotiques - régis, en effet, par un hasard imprédictible -, on voit, sur soixante millions d’années, la base du crâne des primates, des singes, grands singes, puis des hominiens, des hommes archaïques et des hommes modernes, imperturbablement se contracter, suivant une logique explicite, autorisant des prédictions dans la genèse des formes. Je cite la contraction cranio-faciale parce que c’est le domaine que j’ai étudié, mais je suis sûre aujourd’hui que l’on retrouve le même type de processus dans tous les grands flux du vivant.

…. Oui, la microévolution darwinienne explique en gros comment on se promène, d’une variété à l’autre, à l’intérieur d’un même plan. Mais comment passe-t-on d’un plan d’ensemble à un autre plan d’ensemble ? Quel est le facteur qui ordonne la morphogenèse et sa métamorphose ? Qu’est-ce qui dirige le développement de la forme d’un os suivant une trajectoire qui, d’espèces en espèces, va dévoiler une logique à long terme ? Voilà les questions auxquelles on se trouve confronté. »

 

 Nouvelles-Clés .Les entretiens. Internet

 

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RUFFIÉ JACQUES

 

 

 

« Un processus aléatoire ne pourrait expliquer ces étonnants phénomènes de convergence adaptative observée entre des groupes très éloignés et qui ont donné des ailes aux insectes, à des reptiles, à des oiseaux et à des mammifères »

 

De la biologie à la culture. 1983

 

 

Ali Demirsoy

 


 « Dans l'absolu, la probabilité de la formation d'une séquence de cytochrome C est équivalente à zéro. C'est-à-dire que si la vie exige une séquence en particulier, on peut dire qu'il existe une probabilité pour qu'elle se réalise une fois dans tout l'univers. Dans le cas contraire, certains pouvoirs métaphysiques qui dépassent notre entendement doivent avoir été à l'origine de sa formation. Accepter cette proposition n'est pas convenable à la raison scientifique. Aussi, nous devons étudier la première hypothèse. »

 

 Kalıtım ve Evrim, Meteksan Yayınları, Ankara, 1984, p. 61

 

 

Goodwin, Brian: (How the Leopard changed its spots ”, Touchstone Books, 1996.)

 

 

 

“Depuis 1859, la sélection naturelle et  la  survivance du  mieux adapté s’est imposée comme la seule explication  de la vie sur la terre.  Les origines, les extinctions et les adaptations ont toutes été étudiées à travers le prisme du darwinisme. Il y a une autre explication pour l’origine  de la diversité des espèces. Comme  la vision du monde newtonienne  a dominé la pensée jusqu’à la révolution opérée par Einstein. au  20ième siècle,  le darwinisme doit être remplacé par une nouvelle théorie qui admet que la complexité  est une qualité inhérente et émergente de la vie  et pas seulement le résultat des mutations dues au hasard  et de la  sélection naturelle. Les organismes sont aussi coopératifs qu’ils sont compétitifs,  aussi altruistes qu'ils sont égoïstes, aussi créatifs  et enjoués qu’ils sont destructifs et répétitifs.»

 

 

Proulx . jEAN

 

 

 

« Le hasard et la nécessité forment un autre coupe de danseurs du cosmos. C’est dire que l’activité de l’univers ressemble à un grand jeu où se marient des règles à connaître et à respecter et une part de hasard et de créativité. La nouvelle physique nous dit que l’univers est gouverné par des lois qu’elle tente de cerner aux moyens d’équations. Ces lois  incontournables expriment la nécessité présente au cœur du cosmos; elles disent l’ordre profond qui y règne; elles indiquent l’enchaînement des causes et des effets; elles décrivent les comportements de l’énergie, de la matière, de la lumière et des forces qui s’exercent en elles et entre elles. Pour Einstein, les lois cosmiques montrent la profonde intelligibilité de l’univers et témoignent de la rationalité qui le régit. « Dieu ne joue pas aux dés » disait-il. Autrement dit, cet univers n’est pas un hasard; il porte une nécessité et un ordre intérieur que la physique cherche à découvrir. Einstein ajoutait : « Je veux comprendre comment Dieu créa le monde… Je veux pénétrer au fond de sa pensée. » C’est dire que la nature est tout entière habitée par une pensée, source de rationalité, d’ordre et de lois. » p.34

 

« C’est l’univers comme totalité organique ou comme organisme vivant qui est en mouvement et ce mouvement est bel et bien le devenir de l’Être. Cette philosophie du devenir trouve des représentants au vingtième  siècle. Par exemple Bergson, qui développe une vision de la vie comme pur devenir et évolution créatrice; ou Whitehead, qui parle du flux incessant et créateur qui traverse la nature en son entier ou encore Teilhard  de Chardin qui voit tout l’univers en évolution traversé par une montée  de la complexité et de la conscience » 48

 

« Non seulement l’univers parle t-il, mais encore il pense, affirment de diverses façons de nombreux savants, tels Hoyle, Eddington, Wheeler, Talbot, Charron, Boehm, Capra, Bateson et Sheldrake. L’océan d’énergie d’où sortent toutes les formes dans lesquelles elles baignent et vers qui elles retournent est  reconnu comme un véritable champ de conscience.  Cet univers manifeste de l’intelligence. Il semble traversé par une logique interne. Un principe d’ordre se révèle â l’œuvre  en lui…. Ce champ d’énergie est un champ de conscience, une grande pensée, une gigantesque mémoire, une danse de la signification. .. Assurément, l’univers sait faire, mais également il expérimente et il apprend. Il joue, avec intelligence, à organiser la matière, ce qui fait que chaque structure de l’univers est une matière habitée par l’esprit. L’évolution du cosmos est, en son cœur même, une montée  de l’organisation et de la conscience. » .. Il semble, effectivement, que cette ascension vers des structures complexes soit soutenue par une intention ou un dessein cosmique. » 82-84

( chorégraphie divine. Fides. 1999)

 

 

Sonigo (Pierre) (au NOUV. OBS)

 

 

 

 La biologie moderne est-elle athée?
– « Oui, en principe. Sauf que, pour expliquer le vivant, les biologistes réintroduisent subrepticement l’équivalent d’un Dieu créateur ou des concepts d’Aristote. Comment expliquer, par exemple, le développement d’un organisme? Comment un embryon de cheval se débrouille-t-il pour orchestrer les milliards de divisions cellulaires qui, à partir d’une cellule initiale, vont former un corps de cheval? Bien sûr, le biologiste moléculaire ne nous dit pas que cet exploit est le fruit du plan divin. Il affirme que l’architecte invisible du développement est le programme génétique inscrit dans l’ADN. Cette explication attribue à l’ADN et au programme génétique les pouvoirs d’un Dieu créateur omniscient…


 L’ADN, le grand livre de la vie, contient la description virtuelle de ce qui va advenir, la liste de toutes les astuces pour faire un cheval, ce cheval précis, un alezan et pas une jument blanche. Mieux, il contient l’instruction initiale qui démarre le processus. Ainsi, le programme génétique, entité immatérielle – c’est une information, un message –, renferme à la fois la description de l’organisme achevé et le «déclencheur» de sa construction. Pour éviter le finalisme aristotélicien – l’idée que le cheval a été conçu selon un projet – la biologie recourt au concept de programme génétique préexistant. Mais c’est un tour de passe-passe qui reporte le problème sur l’ADN, lequel apparaît à la fois comme la cause première et comme la cause finale, dessinant l’organisme selon un plan…


 Les gènes apparaissent au hasard et gouvernent ensuite notre biologie, selon la conception popularisée par Jacques Monod. La vraie question de l’évolution, celle de l’origine des gènes et de leur histoire, est escamotée. Si l’on pousse cette logique jusqu’au bout, on aboutit aux théories du «gène égoïste» pour lesquelles le hasard qui préside à la naissance de nos gènes est de l’ordre des «petites probabilités». Autant dire du miracle divin! Comme je l’ai dit ailleurs (1), plutôt que «le Hasard et la nécessité», Monod aurait pu appeler son livre «le Miracle et sa reproduction»…

 
N. O. – Comment la biologie sortira-t-elle de cette impasse?
P. Sonigo. – Par la force des choses, les biologistes réalisent le caractère trompeur de concepts métaphoriques tels que le programme génétique. Avec un allié aussi puissant que le dieu ADN, il était devenu inutile de réfléchir, il suffisait de feuilleter le grand livre de la vie… Aujourd’hui, le mythe de l’ADN tout-puissant se heurte aux limites techniques, comme l’illustre l’échec relatif de la thérapie génique, ou les maladies à prions, qui ne s’expliquent pas par l’ADN.

(La biologie) est condamnée à rénover ses concepts. Les biologistes vont devoir se remettre à réfléchir! » 

 

Daniel Dennet..(NYT. 16/01/06)

 

 

 

“Les hommes de science  parfois s’illusionnent eux-mêmes en croyant  que les idées philosophiques ne sont seulement, au mieux, que des enjolivements ou des commentaires parasites greffés sur  les dures données scientifiques. Mais il n’existe pas de science sans philosophie; ce qui existe c'est une science dont le bagage philosophique est accepté sans examen. »

 

 

 

  COLLINS Francis (en charge du projet  de cartographier le génome humain, à la tête des

 2 400  avants  qui ont analysé  les 3.1 milliards de lettres bio-chimiques qui constituent le plan de l’homme.)

 

 

 

 « Nous avons besoin d’user de tout le pouvoir de la science et des perspectives spirituelles pour arriver à  la compréhension du visible et de l’invisible….Ces dispositions peuvent exister non seulement dans une personne mais aussi se réaliser de façon à enrichir et à illuminer  l’expérience humaine.

. … Je ne crois pas que Dieu avait l’intention de faire œuvre scientifique avec la Genèse, l’évidence de l’évolution est tout à fait contraignante. »

 

The language of God : A Scientist Presents Evidence for belief.  Time, July 17 2006

 

 

DE DUVE (CHRISTIAN )

 

 

 

«  Certes, le hasard a joué un rôle déterminant dans l'origine et l'évolution de la vie. Mais il faut chiffrer ce hasard. Tout dépend du rapport entre les occasions qui sont offertes à un événement pour se produire et la probabilité de cet événement. Si on jette un dé une quarantaine de fois, on peut être presque certain de voir sortir le numéro qu'on a choisi. A mon avis, c'est ce qui s'est produit de nombreuses fois dans l'histoire de la vie. Le hasard a du être sollicité un nombre suffisant  de fois pour que le résultat devienne presque obligatoire » A l’écoute du vivant. Odile Jacob. ……….

« A côté de la science, j'ai aussi vibré dans d'autres registres, en résonance avec des poètes, des écrivains, des artistes et des musiciens qui m'ont ému par leurs oeuvres et leurs interprétations. Exceptionnellement, je me suis senti proche de quelque chose d'ineffable, totalement mystérieux mais réel, du moins pour moi, une entité qu'à défaut d'un meilleur terme, j'appelle l'ultime réalité.

Je ne suis qu'un homme. Avec le cerveau limité que nous avons. Peut-être ceux qui nous succéderont et qui nous verrons comme nous voyons les chimpanzés, comprendront-ils davantage cette ultime réalité ?´ »

Ibidem

LE POINT (no 1709). Pour le grand scientifique que vous êtes, qu'est-ce qui demeure vertigineusement inexplicable ?

« La conscience, d'abord. Le mécanisme par lequel les neurones produisent ce phénomène que nous éprouvons tous, mais dont la nature reste inexpliquée. Et puis il y a le problème cosmique, absolument vertigineux. Car, même si on admet que tout est explicable par les lois naturelles, il restera toujours le problème de savoir pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien ».

LE POINT. Et c'est ici que revient Dieu ?

Je puis très bien me rallier à une position déiste, à condition de dépouiller l'image de Dieu de tous ses attributs anthropomorphiques pour ne laisser que ce que j'appelle l'« ultime réalité ».

 

 

RANDY OLSON.   “Flock of Dodos “

 

 

 

 

Un biologiste, spécialiste reconnu en biologie marine, décide  sur le tard pour animer ses cours de faire un documentaire sur  « l”intelligent design » qu’il considère comme étant  hors du domaine de la science. Sa recherche l’a amené à interroger et observer dans leur travail  les tenants de « l’intelligent design » et les praticiens de l’évolution classique. A sa surprise, « les avocats de l’intelligent design »  parlaient clairement,  étaient convaincants et passaient leur message avec une pointe d'humour. Quant aux scientistes, aux spécialistes de l’évolution, ils lui parurent  austères, pompeux et arrogants, même entre eux.  Ce qu’il déplore. D’où le titre de son film : Flock of Dodos (troupeau de Dodos)  (NYT, 13/04/06)

 Gus, ton prof a été obligé d’aller aux nouvelles : le dodo est un oiseau sans ailes des îles Maurice  disparu depuis 1681 qui avait une  réputation de bêtise prononcée car il allait au devant des Portugais… pour se faire tuer… et exterminé. Un cas d’évolution négative…)

 

 

Jean d’Ormesson La création du monde.

 

 

 

Un romancier  fait parler Dieu

 

 « Dans les trous de la nécessité se faufile le hasard : la tuile qui te tombe dessus, les rencontres imprévues, l’inattendu, l’invraisemblable. Le hasard, qui te laisse bouche bée et dont on a répété jusque à   l’écoeurement qu’il était au croisement –mais pourquoi ici? pourquoi maintenant?  de deux séquences de nécessité, est l’expression de ma pitié ou de mon impatience. La nécessité, c’est moi quand je me promène en uniforme pour faire respecter la loi. Le hasard, c’est moi qui me déguise en chenapan pour la contourner par en dessous. » 107

 

 

M. Coetzee, (PRIX NOBEL 2003)  Journal d’une année noire. Seuil 2008 p110.

 

 

 

“Je ne souhaite aucunement m’associer à ceux qui sont derrière ce mouvement du dessein intelligent. Cependant je persiste à croire que l’évolution selon un processus de mutation aléatoire et de sélection naturelle est non seulement une vue peu convaincante, mais en fait une explication ridicule pour rendre compte de l’apparition d’organismes complexes. Tant que nul d’entre nous n’aura pas la moindre idée de comment s’y prendre pour fabriquer une mouche domestique à partir de rien, comment pouvons nous dire avec mépris que conclure que la mouche domestique doit avoir été produite par une intelligence supérieur â la nôtre relève de la naïveté intellectuelle ?

S’il y a dans ce contexte quiconque de naïf, c’est bien celui qui élève les règles en vigueur dans la science occidentale au niveau d’axiomes épistémologiques, arguant que ce qui ne peut scientifiquement être démontré comme vrai…ne peut être vrai non seulement selon les critères de vérité qu'utilisent les scientifiques, mais selon tout critère digne d’être invoqué.

D’un point de vue philosophique, il ne me semble pas rétrograde de doter d’intelligence l’univers dans son ensemble, plutôt qu’une seul sous-ensemble de mammifères sur la planète terre. Un univers intelligent évolue avec le temps vers un but, même  si le but en question peut à jamais  rester au-delà de ce que peut saisir l’intelligence humaine et en fait au delà de l’idée que nous pourrions avoir de ce qui constitue un but. »

 

 

Kenneth R. Miller

 

 

au dela du matérialisme.

Dans le passé, l’idée que la nature était un système complet, fonctionnel et autonome fut rarement considérée comme un argument contre l’existence de Dieu. Bien au contraire, elle était envisagée comme une preuve de la sagesse, de l’habileté et du soin du grand architecte. Le mouvement des cieux, dans toute sa régularité, reflétait la grandeur du Seigneur. Et la recherche scientifique était regardée comme un excellent moyen de s’approcher des voies du Créateur. Selon Newton, « ce superbe système du soleil, reflétait  la grandeur du Seigneur. Et la recherche scientifique était regardée comme une excellent moyen de s’approcher des voies du Créateur »,...  p.346

 

Linnée dit la même chose avec moins de modestie « Deus creavit, Linnaeus disposuit. »

 

 « Cela devrait autoriser même les plus critiques des savants à  admettre que les rupture dans la causalité au niveau atomique rendent fondamentalement impossible d’exclure l ‘idée que ce dont nous avons eu un aperçu furtif pourrait bien être l’esprit de Dieu »  267

 

« Le Big Bang  a rendu la cause première réelle…..Selon beaucoup de scientifiques le Big Bang projette une lumière nettement théologique sur l’origine de l’univers. 282

A la recherchE du dieu de Darwin 2009

 

Stephen Hawkins (suite)

 

 

Il écrivait en 1988 « If we discover a complete theory, it would be the ultimate triumph of human reason — for then we should know the mind of God.”

 

En 2o10, il rejette la théorie de Newton pour qui  l’univers ne  commençait pas spontanément  mais était mis en mouvement par Dieu. 

 

 

« L'Univers peut et s'est créé lui-même à partir de rien, selon Stephen Hawking. La création spontanée est la raison pour laquelle il y a quelque chose plutôt que rien, la raison pour laquelle l'Univers existe et nous existons."

 

                                                               (Et Bof qui a déjà écrit que jamais (en religion ou en philosophie ou même en science,)   quelqu’un n’avait osé affirmer un néant total et y faire germer l’être. Bof. avait même osé en faire un principe de la pensée comme le principe de non-contradiction, comme les anciens disaient : Ex nihilo nihil fit » Voir, Voir, Voir.)

C’est fait maintenant, et l’affirmation ne vient pas du néant, mais de Stephen Hawkins, le rien principe ultime de tout…

 

 

 

Les frères Bogdanof

 

Le visage de Dieu. (click)

 

 

 

EN GUISE DE CONCLUSION.....(Extrait de La Recherche)

 

 

 

Au bûcher les hérétiques

 

Jeter l'anathème et manier l'argument d'autorité en brandissant des idoles sont depuis les sociétés primitives les mamelles de la bêtise dogmatique.

Ce vieux démon de l'esprit humain est bien vivant aujourd'hui. A notre naïf étonnement, nous en avons senti le souffle ces derniers temps à La Recherche . En publiant des textes qui osent émettre l'idée que la théorie dite synthétique de l'évolution n'en est peut-être pas la théorie finale, nous avons comme agité un chiffon rouge devant un taureau atteint des premiers symptômes de la maladie de la vache folle. Nous nous sommes fait accuser des pires travers et soupçonner des intentions les plus sombres. Pour exprimer en un mot ce torrent d'invectives, La Recherche serait devenue un suppôt du bon Dieu ?.

Il y a là de quoi rire, et sans doute matière à un joli travail de thèse sur les idéologies et les passions qui traversent le monde scientifique, supposé rationnel. Pour ceux donc de nos lecteurs qui semblent éprouver de la peine à nous suivre, voici quelques éclaircissements.

 Rendre compte des progrès de la science, c'est aussi rendre compte de ses interrogations. Certains scientifiques ont l'esprit tranquille (croient-ils): ils savent, et poursuivent leurs travaux et enseignements dans le confort du sommeil dogmatique. Grand bien leur fasse. D'autres manient l'inquiétude. Ils s'intéressent aux limites du savoir. En physique comme en biologie, ils se demandent si d'aventure eux-mêmes et leurs collègues en sauraient moins qu'ils le croient. Ils titillent les théories. Si l'on se réfère à l'histoire des sciences, leur position n'est pas forcément illégitime. Il rentre dans notre mission de rendre compte de ces interrogations.

Or à en croire certaines des lettres que nous avons reçues, émanant parfois d'excellents scientifiques, il semblerait qu'on nous dénie jusqu'au droit de poser des questions. Concernant le darwinisme, on nous oppose une sorte de « fiat lux » . C'est en soi très suspect.

Jacques Monod avait usé de son prestige pour faire traduire en français le maître ouvrage de Karl Popper, La Société ouverte et ses ennemis . Il savait ce qu'il faisait. Mais que pensait Popper du darwinisme ? « Je suis arrivé à la conclusion que ce n'est pas une théorie scientifique testable, mais un programme métaphysique de recherche - un cadre possible pour des théories scientifiques testables . » Il précise : « Métaphysique parce que non falsifiable». Popper avait-il tort ? Certains de nos lecteurs voudront bien admettre que cela souffre au moins discussion.

Socrate fut condamné à mort par les démocrates athéniens parce qu'il leur disait, et aux plus savants d'entre eux: « Vous croyez savoir ; mais que savez-vous vraiment?». Il fut aussi le premier homme, de mémoire d'historien, à avoir dit explicitement : « L'homme est le seul des animaux à croire à des dieux».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SUITE: Essai du Prof Bof 

 

Hasard et finalité (1)

Hasard et finalité (2)En vrac.

.   Du néant à l’être.

Histoire romancée du premier atome

 

Hymne a Mr. hasard

1.  Hasard en voyage

2.  Hasard  vivant parmi les vivants

3.    Litanies     

        et    (b)  Adorations

4. Azar au Bordel    

4b. Testicules et  vocation

4c. Érection à tout  vent

4d. Orgasme à tout coup

4e. Sexe et coloration de la peau

 

5. Adorateurs, Apostats et Hérétiques

6.  TEXTES:

 ANCIENS.

MILIEU...  du 20ième siècle

RÉCENTS.

 

7.  ESSAI : hasard et finalité

8.   Hasard et finalité (suite)

 

9.   Du néant à l’être.

       Histoire romancée du premier atome

 

10. A propos de l’ « Intelligent design »

 

 

 

PHILOSOPHER AVEC le prof BOF >>>

 

« être sérieux sans se prendre trop au sérieux »

 

NOUVEAU

CAPSULES: le prof bof pour les nuls ou les gens pressés>>>>

Brefs extraits ou capsules tirés des 30 sites du prof bof

 

A propos de

l’être humain

Petite histoire

des mentalités

divers

 

ORIGINALITÉ DE L’HOMME

HASARD ET EVOLUTION

LIBERTÉ (Une ILLUSION?)

CRÉATIVITÉ ET INVENTION    

SEXUALITÉ HUMAINE  

AGRESSIVITÉ (INNÉE ??)

TRAVAIL (Nature/histoire)

TOLÉRANCE (Jusqu’où?) +  

+++Relativisme éthique

 

 quête du bonheur

 

1.    MENTALITÉ PRIMITIVE

2.  PHILOSOPHIE GRECQUE  

3.  Monde CHRÉTIEN

4.  Monde moderne.(16e).   

5. LE SIÈCLE DES LUMIÈRES

6. 19e siècle (Scientisme)

7. Le 20e siècle 

8. Le 21e siècle

 

BRICOLAGE

 

(mON vERSAILLES À MOI)

 

GÉNÉALOGIE

(récents)

islam, islamisme, mahomet et le coran.

Le 21e siècle

. Alarmisme et catastrophisme

1, La quête identitaire.

2. gauche / droite

3. eINSTEIN EN IMAGES.

4. société de consommation

5. Mondialisation

7. le terrorisme

 

8. Écologie et catastrophisme

 

9. LA RÉVOLUTION  INDUSTRIELLE

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