C)   TEXTES RÉCENTS

 

(À noter que les textes déjà présentés dans Hérétiques et adorateurs...

étaient  pour la plupart des textes récents )

 

                 En plus.....

 

Monod (Jacques)

 

 

"Lorsqu'on songe à l'immense chemin parcouru par l'évolution depuis peut-être trois milliards d'années, à la prodigieuse richesse des structures qu'elle a créées, à  la miraculeuse efficacité des performances des êtres vivants, de la bactérie à l'homme, on peut bien se reprendre à douter que tout cela puisse être le produit d'une énorme loterie, tirant au hasard des numéros parmi lesquels une sélection aveugle a désigné de rares gagnants. A revoir dans leur détail les preuves aujourd'hui  accumulées que cette conception est bien la seule qui soit compatible avec les faits (notamment avec les mécanismes moléculaires de la réplication, la  mutation et de la traduction) on retrouve la certitude, mais non pour autant une compréhension immédiate, synthétique et intuitive  de  l'évolution dans son ensemble. Le miracle est "expliqué"; il nous parait encore miraculeux: comme l'écrit Mauriac ; "Ce que dit ce professeur est bien plus incroyable  encore que ce que nous croyons, nous autres pauvres chrétiens."   La Recherche. Oct. 1970

 

 

Simon (Pierre-Henri)

 

 

"Ainsi, non seulement la téléonomie  n'a pas besoin d'être intelligente pour pousser l'évolution des humbles profondeurs de la vie élémentaire vers les cimes de l'existence  psychique, mais c'est son aveuglement même, ce sont ses défaillances et ses ratés qui rendent possibles le mouvement diversificateur et ses extraordinaires succès : L'évolution, l'émergence de structures complexes à partir de formes plus simples est donc la conséquence des imperfections mêmes du système conservateur de structures que représente une cellule  Félix culpa ! Dana la théogonie scientifique du hasard comme dans la théologie mystique du dieu de la Bible, quelque accident fortuit et imprévu a cassé l'ordre légal et ouvert la brèche sacrée pour l'aventure d'une liberté superbement et périlleusement créatrice."

Question aux savants. Essai. Seuil 1969p. 88.

 

 

POLANYI

 

 

« La structure de la vie est un ensemble de conditions qui harnachent les lois de la physiques et de la chimie et qui  ne peuvent se définir en termes des lois  qu’elles harnachent….

Tout comme l’arrangement  d’une page imprimée est étrangère à la chimie de la page imprimée, ainsi la séquence dans la molécule DNA est étrangère aux forces chimiques qui y sont à l’oeuvre….

… L’information et la fonction de la DNA et la machine de réplication cellulaire originent de source qui transcende la physique et la chimie. »

Life’s irreductible structure. 1968

 

 

Crick (Francis)

 

 

"D'une certaine façon on pourrait dire que tous les travaux biologiques, génétiques et moléculaires des soixante dernières années n'étaient qu'un long interlude....Maintenant que ce programme est terminé, nous avons bouclé le cercle, nous nous retrouvons face au problème...demeuré irrésolu. Comment un organisme blessé se régénère-t-il  pour présenter exactement la même structure qu'auparavant? comment l'ovule forme-t-il l'organisme ?" cité par Fritjof Capra,  LE TEMPS DU CHANGEMENT. 1983 p. 109

 

Wernher von Braun. Inventeur des premières fusées…

 

 

« Dans le monde qui nous entoure, nous voyons des  manifestations évidentes  d'un plan ordonné et structuré, d’un projet. Nous pouvons constater la tendance des différentes espèces à vivre et à se multiplier. Et nous sommes écrasés par les forces à l’oeuvre à l’échelle des galaxies et l’intentionnalité de la nature qui donne à une petite  semence le pouvoir de se développer en une fleur magnifique. Mieux on comprend les complexités de l’univers et tout ce qu’il comporte, plus nous avons raison de s’émerveiller du plan qui s’y manifeste. … Il y en a,  il est vrai,  qui prétendent que  l’univers s’est développé par hasard, mais quel hasard peut produire le cerveau et l’oeil de l’homme ?

Certains disent que la science est incapable de prouver l’existence d’un planificateur. Ils mettent au défi la science de prouver l’existence de Dieu. Doit-on allumer une chandelle pour voir le soleil ? »

 

 

SAKHAROV (ANDREI)

 

 

« Je ne conçois pas l’univers et la vie humaine sans un commencement intelligent, sans une chaleur spirituelle à leur source, quelque chose qui ne relève pas de la matière et de ses lois. »

 

 

Capra ( Fritjof)

 

 

 " Les concepts darwiniens de la variation aléatoire et de la sélection naturelle ne sont que deux aspects d'un phénomène complexe qui pourrait être beaucoup mieux compris dans un cadre holistique ou systémique. Un tel cadre est beaucoup plus subtil et beaucoup plus utile que la position dogmatique de la pseudo-théorie néo-darwinienne, exprimée avec force par la généticien et prix Nobel Jacque Monod.  P. 102

 

 "Les systèmes sont des tout intégrés dont les propriétés ne peuvent être réduites à celles de plus petites unités. Au lieu de se concentrer sur les éléments fondamentaux ou sur les substances de base, l'approche systémique met l'accent sur les principes de l'organisation. Les exemples de systèmes abondent dans la nature. Chaque organisme -- de la plus infime bactérie jusqu'aux humains en passant par toute la  variété végétale et animale -- est un tout intégré et, donc, un système vivant... p.248...  ....la description réductionniste des organismes peut, donc, s'avérer utile et même, dans certains cas, nécessaire. Elle n'est dangereuse que lorsqu'elle est considérée comme la seule explication cohérente.  Réductionnisme et holisme, analyse et synthèse sont des approches complémentaires qui, soigneusement équilibrées, nous permettent d'acquérir une connaissance plus profonde de la vie. ..La première différence manifeste entre les machines et les organismes, c'est que les machines sont construites alors que les organismes se développent. Cette différence fondamentale signifie que la compréhension des organismes doit être orienté ver les processus....249..Alors que les activités d'une machine sont déterminées par sa structure, la relation est renversée dans les organismes -- la structure organique est déterminée par des processus.

L'aptitude des espèces à s'adapter aux modifications environnementales a été étudiée en détail et avec bonheur, au cours de notre siècle, de même que les mécanismes de reproduction et d'hérédité. toutefois, ces aspects en représentent qu'une face du phénomène de l'évolution. L'autre est le développement créatif de nouvelles structures et fonctions sans qu'il y ait eu pour autant, de pressions environnementales; dans ce cas nous nous trouvons en présence d'une manifestation du potentiel d'auto transcendance inhérent à tout organisme vivant. De ce fait, les concepts darwiniens n'expriment qu'une seule des deux visions complémentaires nécessaires à la compréhension de l'évolution.....

Le développement créatif de la vie vers des formes sans cesse croissantes de complexité demeure un mystère irrésolu, plus d'un siècle après Darwin, mais une étude récente a permis de dessiner les grandes lignes d'une théorie de l'évolution qui promet d'éclairer d'un jour nouveau ces caractéristiques étonnantes des organismes vivants. C'est une théorie systémique qui se concentre sur   la dynamique de l'auto transcendance et se base sur le travail de certains scientifiques de diverses disciplines......

L'évolution est une aventure continue et ouverte qui crée à tout instant sa propre finalité dans un processus dont le résultat précis est fondamentalement imprévisible."

Le temps du changement, 1983 , p. 271

 

 

 Reeves (Hubert)

 

 

“ Je pense qu’on peut dire de la science, comme de toutes les mythologies, que ce sont de vastes entreprises de sécurisation. (...) Arriver à mettre un peu d’ordre dans ce qui nous entoure, c’est, au départ, quelque chose de sécurisant, et quelque chose qui permet de vivre... On s’éloigne alors de l’angoisse fondamentale qui est de ne pas savoir ce que l’on est, ne pas savoir ce que l’on fait, ne pas trouver ou donner un sens à la vie. (...) Ce n’est pas pour rien que les questions scientifiques les plus discutées et dans lesquelles il y a le plus d’animosité entre les scientifiques sont les questions d’origine: origine de la vie, origine de l’homme. On ne se bat pas pour la forme de telle ou telle molécule, on se bat longtemps pour savoir quelle est la meilleure théorie d’origine. ”

Les origines, (recueil de conférences de différents spécialistes sur la question des origines), Paris, Éditions de l’Harmattan, 1988, p. 37

 

 

Shroeder (gerald) physicien nucléaire.

 

 

« La probabilité que l’univers et la vie soient le fruit du hasard  est égale à  celle de gagner trois fois de suite le gros lot d’une loterie nationale. Avant d’avoir pu récolter vos gains pour la troisième fois, vous serez envoyé en prison pour avoir truqué les résultats. La probabilité de gagner trois fois de suite, ou même trois fois  dans sa vie, est tellement faible qu’elle est  négligeable. »

 

 

The Encyclopedia Americana (1977), tome X, p. 742.

 

 

"Le fait que la plupart des mutations soient néfastes à l'organisme semble difficile à concilier avec l'idée selon laquelle elles sont la source des matériaux nécessaires à l'évolution. En effet, les mutants reproduits dans les manuels de biologie constituent une collection de bizarreries et de monstruosités, et les mutations semblent bien être un processus destructeur plutôt que constructeur."

 

 

 

    TRINH XUAN THUAN. LA MÉLODIE SECRÈTE. FAYARD.1988

 

 

 

« En tous cas, il est certain que les constantes fondamentales de la nature et les conditions initiales ont été réglées avec une extrême précision pour que l’univers franchisse les étapes qui mènent des particules élémentaires à la vie biochimique en passant par les planètes, les étoiles et les galaxies. Une petite modification et l’univers serait sériel et vide d’observateurs. Que penser de ce stupéfiant concours de circonstances ? Certains n’y voient que le fruit du hasard. L’univers, dans ce cas, serait accidentel. Le fait que les constantes physiques et les conditions initiales aient été à même d’engendrer la vie ne serait qu’une coïncidence heureuse, sans grand intérêt. L’homme est perdu ! «  dans l’immensité indifférente de l’univers d’où il a émergé par hasard ». Cette attitude qui rencontre l’approbation du fantôme de Copernic, suscite le désespoir.

 

Pour d’autres, ce concours de circonstances n’est pas accidentel, il a sa signification et si l’univers existe en tant que tel, c’est bien pour faire émerger la conscience et l’intelligence. Il contenait en germe, dès le début, les conditions requises pour l’arrivée d’un observateur. Il tendait à prendre conscience de lui-même par la création de l’intelligence. Quelque part, il savait que « l’homme allait venir » Les partisans de ce point de vue, l’astrophysicien anglais Brandon Carter en tête, l’ont même élevé au statut de principe anthropique » p. 287

 

 

« Le vrai hasard ne réside plus dans les rencontres de particules, de quarks, d’atomes et de molécules, mais dans le choix des constantes physiques et des conditions initiales. Une fois celles–ci fixées, la matière contient déjà en elle les germes de l’éclosion de la conscience, et la gestation cosmique va mener inexorablement jusqu’à nous. »296

 

« Enfin parier sur le hasard implique le non-sens et le désespoir. Les cris de détresse de Monod et Winbert en sont bien la preuve. Alors, pourquoi ne pas parier plutôt sur le sens et l’espérance ? »  p. 310.

 

 

Sheldrake  ( Rupert) A New Science of Life: the hypothesis of Formative Causation . (1981)

 

 

 

 

 ."....il existe une longue tradition de dissidence au sein de la biologie, laquelle tend vers quelque chose qui dépasse la vision mécaniste-réductionniste. Cette tradition, dont je me réclame, a existé de tout temps. Elle s'est toujours exprimée avec le plus de force parmi les biologistes et embryologiste, alors que la vision mécaniste-réductionniste rassemble surtout des biologistes et des biophysiciens.....p.130

...L'idée est d'expliquer le développement de la forme chez les animaux et les végétaux. La raison pour laquelle cela pose problème est simple : au fur et à mesure que la forme se développe, que l'embryon croit, la complexité de la structure devient plus grande; le résultat est supérieur au potentiel. C'est un problème sérieux car il n'existe pas de relation claire entre la cause et l'effet.

Normalement, selon nos notions physiques de causalité, il y a équivalence de cause et d'effet. La quantité de mouvement, d'énergie et de changement avant un processus donné est la même que celle enregistrée après.  C'est la raison pour laquelle nous pouvons élaborer des équations. Les équations physiques ne traitent en fait de rien d’autre que de quantités conservées. Mais il n'en va pas de même pour les formes : si vous brûlez une fleur, que vous la réduisez en cendres, la masse et l'énergie sont conservées, seule la forme de la fleur est détruite. La forme n'est pas une quantité conservée et nous ne pouvons la mesurer avec exactitude en termes de principes mathématiques. Personne ne peut dire qu'un embryon de poulet contient dix ou douze unités de forme. Les tentatives visant à définir des meures qualitatives de la forme n'on jamais été couronnées de succès en biologie. Nous nous trouvons donc dans une position telle qu'il nous est impossible de déterminer des quantités de forme, mais qu'il nous est également impossible de ne pas voir que la complexité de  forme s'accroît. Or cet accroissement de complexité semble défier toute explication physique. .

La théorie des champs morphogénétiques suggère qu'il existe un champ ou une structure spatiale, qui est responsable du développement de la forme.  Et si le champ morphogénétique existe et a une forme préexistante, s'il façonne l'organisme en développement, il y aurait alors équivalence causale....L'organisme  en développement serait dans le champ morphogénétique et ce champ guiderait et contrôlerait las forme du développement de l'organisme.. p. 131

Le programme génétique n'est pas identique à l'ADN, car l'ADN est présent dans toutes les cellules du corps, pourtant les yeux, les oreilles, les reins et le foie se développement tous de manière très différente....Il doit donc exister quelque chose au-dessus et au-delà de l'ADN qui structure  leur développement. Ce concept du programme génétique est, bien entendu, téléologiques est bien entendu téléologique: une programmation répond toujours à un dessein, à un objectif. P.135

Les biologistes sont contraints d'attribuer à l'ADN des rôles et des possibilités et des potentialités qui dépassent de beaucoup ce dont nous savons l'ADN capable. Aussi ce qui débute comme une théorie rigoureuse et bien définie relative à la manière dont l'ADN code l'ARN  et dont l'ARN code les protéines, se transforme bientôt en une théorie mystique dans la quelle l'ADN possède des pouvoirs et propriétés inexpliqués qui ne peuvent en aucun cas être précisés en termes moléculaires précis." P. 137

Si j'exclus la question de l'origine des formes c'est que je considère que la créativité est un sujet qui dépasse les limites des sciences naturelles. »

 Extraits de : Renée Weber. Dialogues avec des Scientifiques et des Sages . Éditions du rocher.1988

 

 

Von Dithfurt  (Hoimar)

 

 

 

"En  réalité, une telle harmonie peut-elle émerger seulement à partir de coïncidences ? C'est la question fondamentale de toute l'évolution biologique. Répondre Oui, c'est possible, c'est comme  affirmer sa foi dans la science moderne de la nature. Plus  critiquement, on peut dire que quelqu'un qui accepte la science moderne de la nature  n'a aucune autre alternative que de dire oui.... Rendu à ce point   cependant, expliquer tout au moyen des lois de la nature, c'est-à-dire par coïncidences, est un signe qu'il n'y a aucune autre porte de sortie.  Que peut-on  faire d'autre alors que mettre sa foi dans les  coïncidences !"

 

 

Lewontin  (Richard C.) (Harvard University.)

 

 

 

"Ce ne sont pas  les méthodes et les institutions de la science qui nous forcent d'une certaine façon à accepter une explication matérielle du monde phénoménal, mais, au contraire, nous sommes forcés par notre adhésion a priori à des causes matérielles à créer un appareil d'investigation et un ensemble de concepts qui produisent des explications matérielles,  peu importe qu'elles aillent à l'encontre de l'intuition, peu importe qu'elles soient mystifiantes pour le non-initié. De toute façon, le matérialisme est absolu et nous  ne pouvons pas permettre à un pied divin d'entrebâiller la porte."

 

 

Behe (Michael )

 

 

"J'ajouterais que la sélection naturelle, le moteur de l'évolution darwinienne, ne fonctionne que s'il y a quelque chose à sélectionner, quelque chose qui est utile tout de suite, pas dans l'avenir." 

Science and Evidence for Design in the Universe

 

 

Hoyle (Fred)

 

 

- “ L’univers est un coup monté." 

 Paris Match, 1er août 1991, p. 6

 

 

Reeves (Hubert)

 

 

 

A propos de la thèse de Gould...

 

"Résumons la thèse de Gould : loin d'être déterminée, l'évolution biologique serait entièrement soumise à des événements fortuits; elle serait parfaitement contingente et n'irait nulle part. Il n'y a pas <<de flèche>>.

Cette position radicale soulève beaucoup d'émotions. Notre existence tiendrait à un caillou erratique et à une plaque géologique facétieuse ! Que reste-t-il de nos interrogations métaphysiques si tout se joue sur l'orbite chaotique d'un astéroïde ou sur les aléas des mouvements de convection du magma terrestre ? L' <<insoutenable légèreté >>de note être nous pince le cœur"

Oiseaux, merveilleux oiseaux. Seuil,  1998, p 208

 

 

Gitt (Werner) directeur  de l'Institut fédéral allemand  de physique et de technologie

 

 

"Toutes les expériences indiquent  qu'un être pensant exerçant  son libre arbitre, sa connaissance et sa créativité  est requis. Il n'y a aucune loi de la nature connue, aucun processus connu, ni aucune séquence connue d'évènements qui peut  faire que l'information s'engendre d'elle-même dans la matière."

 

 

Reeves (Hubert)

 

 

A propos de Dawkins

 

"Plutôt qu'un explication ultime, la thèse de Dawkins est une vision de l'évolution à  partir d'un angle spécifique: celui des gènes. Adoptant temporairement ce point de vue, on pourrait demander : << Pourquoi cette détermination forcenée à se reproduire et à mettre tout en oeuvre pour y arriver?>> Le comportement des gènes est, en définitive, une manifestation de la vitalité de la vie terrestre.  Mais en expliquant la puissance des impératifs génétiques par la vitalité de la vie et celle-ci par la détermination des gènes, on tourne en rond...Qu'est-ce qui donne à la vie cette puissante aptitude à survivre et à se perpétuer ? "

 Oiseaux, merveilleux oiseaux. Seuil,  1998, p.226

 

 

SCHUTZENBERGER (M.P)

 

 

 A propos de la sélection naturelle...

 

"Personne ne peut refuser l'existence du phénomène. C'est tout simplement le principe que rien n'existe qui ne soit assez solide pour exister... Dans une zone qui se désertifie, les espèces qui disparaissent le plus vite sont celles qui ont le plus besoin d'eau. Ce qui n'explique pas l'apparition chez les survivants de structures dont les propriétés fonctionnelles leur permettent de mieux résister à la sécheresse. ..Ce que nous pouvons faire c'est constater après coup l'effet de la sélection naturelle. Constater, par exemple, que telle espèce d'escargots est moins mangée que d'autres par certains oiseaux, peut-être parce que leur coquille est moins visible. C'est de l'écologie, très intéressante. Autrement dit, la sélection naturelle est un faible instrument de preuve, parce que les phénomènes de sélection naturelle sont patents, mais ne prouvent rien du point de vue théorique"

 Les failles du darwinisme.  La Recherche. No 283. 01-1996

 

 

Davies (Paul)

 

 

"Les chances d’obtenir par hasard la séquence exacte d’acides aminés permettant de produire une molécule de protéine par accident sont fantastiquement faibles. Et il ne s’agit que d’une protéine. La vie, telle que nous la connaissons, requiert des centaines de milliers de protéines spécialisées sans parler des acides nucléiques. Les chances de produire les protéines seulement par pur hasard sont de 1 contre 1040 000. C’est-à-dire 1 suivi de quarante mille zéros. Pour écrire ce nombre en entier, il faudrait tout un chapitre de ce livre. Obtenir une suite parfaite des cartes 1 000 fois de suite est facile en comparaison. L’astronome anglais Fred Hoyle, dans une remarque célèbre (The intelligent universe, 1983), compara les chances d’obtenir la construction spontanée d’un être vivant à celles de la production d’un Boeing 747 complètement fonctionnel suite au passage d’un puissant tourbillon de vent balayant un dépotoir de rebuts mécaniques et électroniques"

The fifth miracle, The search for the origin and meaning of life, Simon & Schuster, 1999, pp. 94-95

 

 

Denton (Michael) 

 

 

 

" Pour saisir la réalité de la vie telle qu’elle a été révélée par la biologie moderne, il faudrait agrandir la cellule encore un milliard de fois —jusqu’à ce que qu’elle atteigne un diamètre de vingt kilomètres et ressemble à un aéronef géant assez vaste pour recouvrir une grande ville comme Londres ou New York. On découvrirait alors un objet d’une complexité et d’une finalité adaptative sans pareil. À la surface de la cellule, on verrait des millions d’ouvertures, comme les hublots d’un vaste vaisseau spatial, qui s’ouvrent et se ferment pour permettre la circulation d’un flux continu de matériaux entrant et sortant. En pénétrant par l’un de ces orifices, on découvrirait un monde d’une complexité ahurissante sous le règne d’une technologie très avancée. On verrait un réseau de couloirs et de conduits sans fin se ramifier dans toutes les directions à partir du périmètre de la cellule, certains conduisant à la banque de mémoire centrale du noyau, d’autres aux unités de traitement et aux chaînes d’assemblage. Le noyau lui-même serait une vaste chambre sphérique de plus d’un kilomètre de diamètre, semblable à un dôme géodésique ; à l’intérieur, on discernerait des kilomètres de chaînes torsadées de molécules d’ADN bien empilées en rangées ordonnées. Le long des conduites, une grande diversité de matériaux bruts et de produits circuleraient dans une ordonnance parfaite, allant vers les différentes chaînes d’assemblage des régions externes de la cellule, ou en revenant.

 

On remarquerait que les plus simples des composantes fonctionnelles de la cellule, les molécules de protéine, sont des pièces de machinerie moléculaire d’une étonnante complexité, chacune composée de trois milliers d’atomes disposés en une configuration spatiale hautement organisée. L’observation de l’activité réfléchie de ces étranges machines moléculaires susciteraient encore plus notre émerveillement ; surtout lors­qu’on s’apercevrait que la conception d’une telle machine —à savoir une protéine fonctionnelle isolée— dépasse complètement nos capacités actuelles et ne sera probablement pas réalisée avant le début du siècle à venir. Et pourtant la vie de la cellule dépend de l’activité cohérente d’au moins plusieurs dizaines, voire probablement de plusieurs centaines, de milliers de molécules de protéines différentes...

 

Nous serions les spectateurs d’un objet semblable à une immense usine automatisée, une usine plus grande qu’une ville et capable de remplir autant de fonctions que toutes les activités industrielles de l’homme sur la Terre. Ce serait cependant une usine dotée d’une capacité sans précédent, car elle serait capable de dupliquer sa structure entière en l’espace de quelques heures. Assister à une telle opération agrandie un milliard de fois serait un spectacle grandiose ! »

L’évolution : Une théorie en crise, Flammarion, 1992, pp. 338 à 340

 

 

schützenberger (M.-p)

 

 

La complexité fonctionnelle....

 

"Les êtres vivants se présentent comme un ensemble complexe d'interrelations fonctionnelles. Si l'on veut expliquer l'évolution des êtres vivants, il faut expliquer à la fois cette fonctionnalité et cette complexité. C'est la complexité fonctionnelle. Et là ce n'est plus simple du tout... C'est peut-être que l'évolution du vivant repose sur un quelque chose, un ingrédient essentiel que rien dans nos connaissances physico-chimiques actuelles ne permet d'imaginer, et sur lequel la logique formelle n'a pour l'instant aucune prise. Qu'ils soient gradualistes ou saltationnistes, les darwiniens me semblent avoir parfois une conception un peu simple de la biologie, une conception en quelque sorte clés en mains. Pour eux un gène est comme une commande sur le catalogue de La Redoute. L'article de Walter Gehring que vous avez publié sur le supergène qui déclenche la fabrication des yeux de la mouche reflète cette conception. On peut accepter que les gènes fonctionnent ainsi et ne pas se poser de question. Mais si l'on cherche à l'expliquer, alors le darwinisme n'est d'aucun secours...

.... Ce n'est pas parce qu'on sait qu'un gène déclenche la fabrication de telle ou telle protéine qu'on comprend comment un ou deux milliers de gènes suffisent à diriger le cours du développement embryonnaire.

Les failles du darwinisme.  La Recherche. No 283. 01-1996

 

JACOB (Francois) (Institut Pasteur)  prix Nobel de médecine.

 

 

 

Notion de bricolage

 

"... On a appris ainsi cette chose stupéfiante : ce sont les mêmes gènes qui mettent en place le corps d'une mouche et celui d'un humain ! Si on nous l'avait dit il y a dix ans, personne ne l'aurait cru...

.... Une fois que certaines solutions ont été trouvées dans la nature, elle s'y tient et brode autour. C'est le bricolage, une fois de plus ! La nature est conservatrice, mais elle fait aussi pas mal de changements. Elle conserve ce qu'il y a derrière, ce qu'on ne voit pas mais, en surface, elle fabrique tous les possibles.

..... On ne comprend pas comment ont pu se former les premiers organismes, les protobactéries. Comment a pu démarrer la reproduction, avec toute sa complexité chimique. On a des hypothèses. Mais je ne suis pas sûr que l'on pourra jamais arriver à les démontrer ou à les réfuter expérimentalement. De même, on ne comprend pas l'explosion cambrienne, l'apparition des divers plans d'organismes en quelques millions d'années, il y a 600 millions d'années. Et tant que l'on ne comprendra pas cela, on ne comprendra pas vraiment l'évolution.

....

Tous les organismes sont faits plus ou moins des mêmes molécules, combinées et recombinées. On a souvent comparé le travail de l'évolution à celui d'un ingénieur, mais il ressemble beaucoup plus à celui d'un bricoleur. Elle utilise de vieilles structures pour en faire des nouvelles, prend le rideau de la grand-mère pour faire la jupe de la petite-fille, ou une caisse à savon pour faire une boîte de radio...

(A. Langaney : Vous décriviez la sélection sans sélectionneur. Nous voilà devant du bricolage sans bricoleur ? )

 

F. Jacob : L'oeil est un organe très compliqué et l'un des arguments favoris des adversaires de l'évolution est de dire : « L’oeil n'a pas pu être fait au hasard. L'oeil, c'est comme une montre. Pour la montre, il faut un horloger, pour l'oeil il faut un créateur. » Effectivement, avec des mutations simples changeant les protéines acide aminé par acide aminé, il faudrait des temps dépassant les délais de l'évolution pour produire un oeil. Mais on a découvert des mécanismes génétiques très différents et beaucoup plus rapides. En particulier, des éléments qui coupent les chromosomes, qui les collent, qui prennent un segment ici et le remettent là. Un module de protéine est pris ici, un autre là et ils sont mis ensemble. Voilà ce que j'appelle le bricolage. Des mécanismes génétiques connus permettent de le faire et, du coup, l'oeil n'est plus hors de portée des centaines de millions d'années disponibles." 

 La Recherche, No 283, 01-1996

 

 

Schutzenberger (M.-P)

 

 

A propos de la notion de bricolage.

 

"Je ferais sans doute appel à une notion bannie de la communauté scientifique, mais parfaitement comprise par tout un chacun : celle de but....... Or pourtant la fonctionnalité c'est la réussite dans l'atteinte d'un but. ....Dans la réalité biologique l'espace dans lequel il faudrait se plonger pour décrire la fonctionnalité la plus simple est d'une complexité qui défie l'entendement et bien sûr tout calcul. "

 

L.R. : En quel sens employez-vous le mot « miracle » ?

 

M.-P.S. : Dans un sens purement rationnel, comme d'un événement dont la probabilité est infime à un degré si j'ose dire ultracosmologique. Parlons des macromutations..... Or si l'on regarde l'histoire de l'évolution, cela nous fait des dizaines et des dizaines de milliers de miracles, dont les saltationnistes ne savent pas mieux rendre compte que les gradualistes.

Quant à la seconde catégorie de miracles, elle tient au fait que certaines de ces macromutations (si l'on admet qu'elles ont eu lieu) se sont additionnées les unes aux autres dans une direction bien définie, pour constituer les grandes tendances de l'évolution : complication du système nerveux, mais aussi intériorisation des processus reproductifs, apparition des os, de l'oreille, enrichissement des fonctions relationnelles, etc. Toute une série de miracles dont l'accumulation a pour effet d'accroître la complexité des organismes et leur efficacité. De ce point de vue la notion de bricolage avancée par François Jacob est un constat très intéressant. C'est un joli mot d'auteur, mais il ne donne pas l'ombre d'une explication.

 Les failles du darwinisme.  La Recherche. No 283. 01-1996

 

 

Von Brucke (Ernest Wilhelm)

 

 

 « La finalité est comme une femme sans qui le biologiste ne peut pas vivre mais dont il a honte d’être vu avec elle en public », écrit Ernst Wilhelm von Brücke pour souligner que tout rejet strict de la finalité hors du champ scientifique conduit à exclure des sciences la biologie tout entière à moins d’accorder que cette science du vivant n’admette comme objet d’étude que de l’inerte. "

Cité par Philippe Descamps. (Science et vie).

 

 

Schutzenberger (M.-P)

 

 

 

"Je formule un problème qui me paraît majeur : comment se fait-il qu'avec aussi peu d'instructions élémentaires la matière vivante soit capable de fabriquer des objets aussi merveilleusement compliqués et efficaces ? Cette propriété dont elle est dotée, quelle est sa nature ? Rien dans nos connaissances physico-chimiques actuelles ne permet de l'imaginer. Si l'on se place du point de vue de l'évolution, il faudrait aussi admettre que d'une manière ou d'une autre les poissons de l'ère primaire contenaient en puissance les germes d'organes qu'ils n'avaient pas mais qu'auront leurs successeurs quand ils quitteront les eaux pour la terre ferme et les airs, et avec les câblages neuronaux appropriés."

Les failles du darwinisme.  La Recherche. No 283. 01-1996....

 

 

Von Foester

 

 

" Si l’on agite une boite contenant des cubes aimantés sur deux faces disposés en désordre, on constate que ces cubes vont spontanément constituer un ensemble cohérent. Ainsi aura-t-il suffi d’un principe d’ordre (l’aimantation) et d’une énergie désordonnée pour constituer une organisation ordonnée ".

 

 

Polkinghorne (John), physicien, Cambridge.

 

 

 “Quand on prend conscience que les lois de la nature doivent être réglées de façon incroyablement précise pour produire l’univers visible, germe alors l’idée que cet univers n’est pas apparu par accident, mais qu’il doit être l’aboutissement d’un projet.”

 

 

Kimura (Motoo)

 

 

 

"Contrairement à la théorie  synthétique traditionnelle (ou théorie néo darwinienne), l'hypothèse neutraliste affirme que la grande majorité des substitutions de mutants s'effectue non pas  par sélection darwinienne positive mais par fixation aléatoire de mutants sélectivement neutres ou presque neutres. Ce modèle postule également que la majorité de la variabilité moléculaire intra spécifique, telle qu'elle se manifeste sous la forme du polymorphisme protéique, est sélectivement neutre ou presque, et qu'elle est maintenue dans les espèces par l'équilibre entre la pression de mutation et l'extinction ou la fixation aléatoire des allèles."

The Neutral Theory of Molecular Evolution.

 

 

Prigogine (Ilya) prix Nobel de chimie 1977,

 

 

 

“ Il nous faut trouver la voie étroite entre une conception déterministe  qui est aliénante et une autre aliénation qui serait le hasard pur, le jeu de dés dans lequel il n’y a aucune corrélation et c’est cette voie étroite qui est la nouvelle aventure de la raison que l’on voit se dessiner. ”

in Le Devoir, 4 octobre 1993, B1

 

 

Boutot (Alain )

 

 

 

"La théorie des structures dissipatives de Prigogine, notamment, part de principes bien différents. Les structures dissipatives désignent les phénomènes d’auto organisation qui peuvent apparaître, dans certains cas et sous certaines conditions, au sein de populations composées d’individus a priori identiques (molécules en chimie, cellules en biologie, agents économiques en économie, etc.). Ce sont des processus « globaux» au cours desquels un grand nombre d’individus coopèrent, de façon tout à fait spectaculaire, pour former un ordre de dimension «supra individuelle... Pour expliquer ces formations si étonnantes, Prigogine ne procède pas à l’analyse locale du phénomène, mais adopte un point de vue holiste..... Le comportement du tout n’est plus la somme d’une multitude de comportements individuels, mais détermine au contraire le mouvement de chacune de ses parties.....

 La finalité réapparaît certes, mais avec un statut particulier, qui l’écarte de ses usages classiques. Loin de faire intervenir des puissances mystérieuses, les théories morphologiques rendent compte des phénomènes d’organisation par l’existence de contraintes bien déterminées, exprimables en termes mathématiques, s’exerçant sur un matériau ou un substrat de nature elle aussi parfaitement déterminée. De façon plus précise, elles affirment qu’un système se place dans un état donné ou adopte une configuration donnée parce que, dans cet état ou dans cette configuration, un certain paramètre reflétant les propriétés globales du système devient optimal (minimal dans le cas génér