PRINCIPAUX FACTEURS IDENTITAIRES

Par le Prof Bof

 

 

 

 Tous les prétextes, motifs,  raisons,  ou  évènements, ont été utilisés,  pour se réunir,  pour s’arracher à la solitude, pour se retrouver dans une fraternité morale élargie. Ce sentiment peut être fondé sur des expériences actuelles ou  être en continuité  avec  le vécu historique d’une communauté.

 

Remplacer  le banjo par la flûte de pan comme instrument national, ce ne serait  pas un drame qui mériterait  une crise de larmes…. D’autres ruptures sont cependant plus graves…

 

Chacun crie  fort pour sauver son identité propre, sa culture, ses valeurs nationales, contre l’étranger ou l’agresseur éventuel alors que le plus souvent  chacun se fait  fort de culbuter le tout  cul par-dessus tête… en moins d’une génération… Garder, sauvegarder, valeurs nationales immuables deviennent de plus en plus  des concepts  évanescents avec l’accélération  de l’information et de la mondialisation qui rapprochent les cultures et les forcent à s’imbriquer… qu’on le veuille ou pas.« Oh temps ! suspends ton vol ! »

 

1. RELIGION.

Selon de récents sondages…

France et Angleterre.

Seulement la moitié des musulmans britanniques considèrent que « la Grande Bretagne  est leur pays », même un quart affirment que c’est « le pays des autres ». 80% se considèrent prioritairement comme musulmans avant d’être des citoyens britanniques.  Un tiers des jeunes britanniques musulmans préfèreraient  vivre sous la charia plutôt que sous la loi de leur pays d’accueil.

En France, 46% se considéraient d’abord musulmans, et 42% comme citoyens français.

 

 

"L’islam est à la fois une religion, une communauté, une loi et une civilisation. […] Ne sont pas seulement musulmans ceux qui pratiquent les cinq piliers de l’islam, mais tous ceux qui appartiennent à cet ensemble identitaire."

Houari Boumedienne, président Algérien lors de la conférence islamique de 1974 :

 

Mutation identitaire…  

 Gus, tu connais ce coin de pays qui il y a une ou deux générations passait pour  un des plus clérical en Occident et où les femmes n’avaient pas encore droit de vote et le droit d’ouvrir un compte en banque à leur nom. Aujourd’hui, on veut mettre en tête d’une nouvelle chartre la laïcité  et, en priorité, l’égalité des hommes et des femmes.

 

Islamisme et fascisme.

« Un sentiment de crise d’une telle ampleur qu’aucune solution traditionnelle ne peut en venir à bout. Le prédicateur voit  l’histoire sous le filtre de la victimisation, en démontrant comment, partout dans le monde, les musulmans ont toujours été persécutés et le sont encore. Parallèlement, il injecte dans la tête des jeunes une lecture millénariste de l’histoire, en expliquant qu’il va y avoir un grand combat sur terre et que seuls certains  musulmans seront sauvés….Ces récits de crise sont alternés avec le rappel de l’age d’or de l’islam. »17

 « Si le groupe est en danger, c'est que les autres ont compris qu’il détenait la vérité » 18 « L’islam constitue dans ce cas une bulle qui leur procure une certaine supériorité, puisqu’il se sent au dessus de tous les autres êtres humains. »20 

DOUNIA BOUZAR. L’intégrisme, l’islam et nous.  Plon. 07

 

Longtemps ce fut un des principaux  motifs d’identité. Le monde s’est divisé en grandes zones religieuses. Divers symboles religieuxL’Occident  a connu ses guerres de religion, et les états devinrent pour un temps confessionnels. Chacun était fier d’affirmer son appartenance à une branche quelconque du christianisme auquel il devait son salut. C’est évidemment le roi  ou les armées qui en décidait. Avec la laïcisation progressive des nations,  la fonction identitaire de la religion s’atténua.  Des sectes cependant prennent le relais et la ferveur identitaire se loge dans de petites chapelles, dans des zones  de retranchement.   Avec les mouvements d’immigration récents  et  le terrorisme,  les facteurs religieux reprennent  de l’importance pour marquer  l’identité des collectivités.

Dans l’islam, la religion est le facteur principal d’identité.  Cela peut varier cependant selon le degré de ferveur religieuse. Plus important cependant quand elle devient un motif d’opposition et de ralliement contre un adversaire quelconque.  Encore aujourd’hui, par contre,  Shiites et Sunnites s’entretuent pieusement, comme protestants et catholiques, chrétiens et musulmans l’ont fait jusqu’à épuisement par le passé. C’est  au Pakistan que l’identité religieuse serait la plus forte. Contrairement à d’autres pays musulmans, 87% des  Pakistanais se considèrent  avant tout musulmans, plutôt que citoyens de leur pays. C’est vrai que la religion a été la raison fondatrice de leur pays lors de la séparation de l’Inde.

 

Hegel attribuait à la religion un pouvoir vital pour forger  l’unité d’une population et entretenir l’esprit de sacrifice à l’égard du  bien commun. La religion, et la religion seulement, est la source originelle de l’esprit qui anime une population, ce qu’il appelait le « Volksgeist », l’esprit du peuple, la fibre spirituelle de tout nationalisme…

 

Qu’arrive t-il alors de la fièvre  patriotique ou des passions nationalistes en l’absence ou en l’affaiblissement  des croyances religieuses… ?

 

Ce que Hegel ignorait, c’est que, à défaut du croissant ou du  triangle divin, le ballon rond ou la rondelle de caoutchouc ou, à la limite, la roue de vélo, pouvait servir d’âme pour unir une population moderne en un tout unique vibrant aux mêmes émotions.., célébrant les mêmes exploits, adorant les mêmes démiurges.  Voir FOOTBALL ET identité

 

 

Il ne faut jamais désespérer du progrès

 

Gus, Bof vient de lire qu’en Afrique subsaharienne, ce sont  les pays les plus christianisés (Rwanda, Ouganda, etc.) qui se sont livrés  aux génocides ou aux guerres intestines les plus violentes… même entre chrétiens… Comme quoi la religion peut n’être  qu’un vernis  sur des divisions ethniques autrement plus profondes et ancrées dans l’histoire et  qui ne demandent qu’un prétexte ou quelques bons apôtres pour prendre le dessus.

 

A distinguer la  religion comme vécue ou comme pièce du patrimoine.

 

La religion peut pour certains faire partie de leur identité à titre de patrimoine. Comme ces vieilles maisons (ou paysages pittoresques) que personne ne veut habiter ou raser mais qui ont le mérite « d'avoir été »

 (ou « d’être là »)

 

Voir aussi le texte de Claude Allègre au numéro 7 (idéologie)

Et dans la même ligne

. Tariq Ramadan, leader intellectuel de l’UOIF :

« La grande supercherie, c’est de laisser croire à l’Europe qu’elle est de tradition judéo-chrétienne »

« Le musulman d’Occident fera l’avenir de l’islam »

 

 

2. La géographie. Le Pays.  La patrie.

Communauté civique.. L’existence citoyenne… Le consortium des payeurs d’impôts…

 

 Montesquieu. « Je suis homme nécessairement et ne suis français que par hasard »

George Santayana « D’après moi, ç’est  d’une terrible indignité d’avoir l’âme  sous l’emprise de la géographie. »
Voltaire « C’est lamentable,  que pour être un bon patriote on doive devenir l’ennemi du reste de la planète. »

 

 Un espace  géographique délimité par des frontières est ce qui constitue  un pays juridiquement.  La citoyenneté commune définit une zone de partage  de devoirs et de droits entre les individus.  C’est de nos jours le premier facteur d’identité  où les collectivités se font reconnaître. Constitution,  drapeau, hymne  nationale, célébrations festives sont les marqueurs de cette identité; la reconnaissance ultime est l’appartenance à l’ONU.

 

Dès l’âge de deux ans, les bambins apprennent à agiter tant bien que mal le drapeau, au moins au jour de la fête nationale. S’ils ne peuvent le tenir, on le leur peint sur les joues ou l’accroche à leur bonnet.

 

Racisme vs xénophobie

Le racisme fait souvent les manchettes mais la xénophobie  comporte aussi ses horreurs comme on le voit récemment en   Afrique du Sud. (mai 08).

Noirs contre noirs.

Pauvres contre pauvres

D’ici et d’ailleurs….

Cette identité, fort englobante, peut subir une certaine érosion  en raison de l’importance que peuvent prendre,  à l’intérieur des frontières géographiques,  les  identités particulières  qui y prolifèrent sous le couvert de races, d'ethnies, de diversité de langues ou d’héritages culturels.  Rares sont les pays  qui ne connaissent pas les tensions générées  par ces sous identités que la géographie, l’histoire,  le tracé parfois arbitraire des frontières ont créées.

Plus récemment, cette érosion s’accentue par les formes de multiculturalisme qui s’implantent ici et là : les groupes minoritaires  trouvent dans leur particularisme une identité première, cela  parfois en opposition, sinon avec mépris,  de

 

Guerre 1914-1918

« Un adolescent d’aujourd’hui en Occident ne peut même plus concevoir les passions nationales qui portèrent les peuples même européens à s’entre-tuer pendant quatre ans. Il y touche encore, par ses grands-parents, et pourtant il a perdu leurs secrets; ni les souffrances subies ni les sentiments qui les rendirent acceptables ne lui sont compréhensibles; ni ce qu’ils eurent de nobles ni ce qu’ils comportèrent de passif ne parlent encore à son cœur ou à son esprit  comme un souvenir, même transmis »

 F. Furet. Le passé d’une illusion. P. 35

Gus, tu peux peut-être mieux comprendre le mot de Maupassant « Le  patriotisme est une espèce de religion; c’est l’oeuf d’où vont éclore les guerres. » 

 l’identité plus englobante fixée juridiquement par  la nation politique ou la patrie commune. 

 

Certains tendent à sous-estimer  ce nationalisme ou ces formes de patriotisme pour des raisons inverses, c'est-à-dire pour raison d’ouverture, sous l’effet de la mondialisation  et de l’éclatement de l’information,  à des espaces plus vastes, à la limite à la totalité de l’humanité. On  voit dans le patriotisme primaire, ou dit tel, un processus d’infantilisation, Enfants de la patrie, etc. ou  encore « une impolitesse » face aux autres nations.

 

En ce sens (la nation juridique), il y aurait  environ 250 pays  reconnus sur la planète, pays auxquels on aime bien encore s’identifier, particulièrement  en temps d’agression ou durant le Mondial de football  qui réconcilie immigrants et autochtones, gauche et droite, pouvoir et opposition, etc. tous unis dans un même coup de tête à l’ennemi ou à l’adversaire, à l’autre, à ceux qui ne sont pas « nous ».  Voir FOOTBALL ET identité

 

dimentation et stratification du territoire.  D’Astérix à Mohamed.

Droits des premiers occupants contestés par le droit des deuxièmes occupants.

Les troisièmes occupants revendiquent leur place  au soleil et poussent   ceux qui  sont déjà en place.

Les quatrièmes….avec le général X en tête… Pour la suite du monde !

 

« Le patriotisme, cest l’idée selon laquelle votre pays est supérieur aux autres pour la simple et bonne raison que vous y êtes né »

 G.-Bernard Shaw

 

Le chauvinisme selon Brassens : « les imbéciles heureux qui sont nés quelque part »

 

« Le même sentiment peut être appelé vice ou vertu suivant son utilité sociale. Étendu à la famille, à la tribu, à la patrie, l'égoïsme individuel devient une vertu. L'orgueil, défaut individuel, est également une vertu collective. »
Gustave Le Bon

 

« Le concept de société me semble aujourd’hui plus pertinent, hélas, que  celui de nation » FINKIELKRAUT.

 

  « Une nation est donc une grande solidarité … elle suppose un passé; elle se résume pourtant  dans le présent à un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune….un plébiscite de tous les jours. »

 Renan

 

 

 

PEUPLES MARGINAUX.

  Qui ne revendiquent pas cette forme d’identité…

PEUPLEs VAGABONDs.

« Gens du voyage ». Certaines collectivités  bien identifiées, parfois trop bien, sont considérées comme  itinérantes et de passage…

Les Roms, bohémiens, romanichels, gitans se déplaçaient d’un pays à l’autre; la vie moderne et la politique les obligent à se sédentariser de plus en plus… Ils furent persécutés par Hitler… et bien d’autres. Étrangers un peu partout, rejetés dans des  ghettos, marginalisés,  la musique et la danse ont  été pour certains, comme les tziganes, leur source première d’identification

 

PEUPLES RELIQUES OU  VESTIGES d’un autre âge  …

Depuis une dizaine de millénaires, l’humanité  a inventé l’agriculture, s’est progressivement sédentarisée, urbanisée et est entrée dans ce qu’on a appelé  l’âge du néolithique… L’agriculture, par son efficacité, a multiplié considérablement les possibilités d’occupation d’un territoire et a permis à une partie de la population de se livrer à d'autres occupations, d’inventer l’écriture, le commerce, l’architecture, etc..  On a inventé les frontières pour délimiter le territoire, se le partager et se protéger. En somme, presque tout ce qu’on mettait autrefois sous le nom de civilisation, nom rejeté de peur d’insulter ceux qui seraient encore restés au stade de cueilleur/chasseur.  De dix millions, la population est passée à 800 millions à l’aube de la Révolution industrielle  et à plus de 6 milliards aujourd’hui.

 

 Avec l’agriculture, par l’effort humain,  on travaille et provoque la nature au lieu de simplement en cueillir  les fruits.

 

Ceux qui n’ont pas pris le tournant, il y de cinq à dix mille ans, qui en sont restés au régime de  chasse,  pêche et  cueillette,  durent continuer à se déplacer sur de grands territoires  pour assurer leur subsistance. Ce mode de vie archaïque  était plus facile, et surtout plus compréhensible,  quand la vaste planète n’abritait que quelques  millions d’habitants. A titre d’exemple, Gus, à l’arrivée des Européens, l’Amérique du Nord comptait vraisemblablement 3 millions de nomades qui la parcouraient. Aujourd’hui, la même Amérique peut nourrir ses 400 millions d’habitants…  et le reste de la planète si on n’imposait des restrictions politiques.  Il y a de ces choses qui s’appellent l’évolution et le progrès.

 Ce mode de vie s’avère  plus difficile, sinon impossible,  quand la planète  s’alourdit de 7 milliards d’habitants. Avec le temps, deux âges de l’humanité s’affrontèrent. Les nomades, les cueilleurs chasseurs, furent  fatalement repoussés  de plus en plus loin  ou  parqués en réserves pour touristes ou comme reliques d’un temps révolu pour le plaisir des anthropologues. Cependant ils ont appris suffisamment à compter pour  réaliser que les privilèges de deux mondes (ancien et moderne) valaient mieux que ceux d’un seul.  La rectitude politique, la judiciarisation omniprésente, la mauvaise conscience  des uns, la modernité ont  fini par les rejoindre avec les drogues, les skidoos, les   allocations gouvernementales de subsistance, la culture de la victimite et le goût des compensations tout en conservant le flair ancestral pour le beau et bon gibier, les espèces sonnantes et trébuchantes.

 

 

Les Innus, une population de 6500 personnes,  revendiquent  un territoire (440 000 K.carrés.) presque aussi grand que la France métropolitaine et

Gus, si tu veux prendre conscience  de l’âme indienne à son meilleur sans les aspects mercantiles, lis le discours que le chef Indien Seattle adressait au gouvernement américain en 1854.

http://www.tribunal-animal.com/consciences/index.htm

 

sept.-08 Gus, Bof s’excuse. Il t’a induit en erreur. Ce texte est un faux écrit en 1971 par un écrivain texan pour un film à la télévision.

 

 réclament 13 milliards de dollars pour l’empiétement de leur territoire  par la civilisation moderne  et pour la profanation des mânes de leurs ancêtres qui  flottent encore à ce qu’ils prétendent sur ce territoire.  Ils   ont Carte du Nitessinandécouvert tout à coup que l’errance de leurs ancêtres, toujours occupés en esprit  à courir après des caribous tout aussi spirituels, était rentable  et monnayable  en raison de la mauvaise conscience, des sanglots mal étouffés des bien-pensants,   de ceux dont les ancêtres, moins volatiles,  se sont mis à travailler la terre, à la défricher, y construire maison, s’installer et.. construire barrages… On s’apprête à produire les « temps immémoriaux » comme témoins à charge. Les belles âmes s’étonnent quelque peu devant le montant réclamé. Les belles intelligences cherchent le fondement moral de ce droit,  se permettent d’en douter et essuient d’un geste furtif   leurs larmes. «  La justice, disait Alain  ou Valéry (!), ce doute sur le droit qui fonde le droit ». Les frontières de presque tous les pays  ont été tracées sous le coup de la force, de victoires ou de défaites, d’avancées ou de reculs, parfois à coup de crayons tard le soir.. Il serait vain de penser retourner au siècle ou  au millénaire  passé ou encore plus loin pour exiger des compensations ou des rétablissements de frontières. À quelle époque s’arrêter ? Face à l’impossibilité de refaire l’histoire et devant l’urgence  de faire place  à trois ou quatre milliards de terriens qui s’ajouteront d’ici un siècle, on est fortement tenté de remettre en doute ces droits ancestraux… de peur d’arriver à un Adam quelconque, à des Caïn ou Abel, dont les descendants se  disputeraient  la totalité de la planète et exigeraient  des compensations bien étayées par l’histoire…, du moins l’histoire biblique.

 

Gus, tu vois l’Espagne et la France s’associer pour réclamer  à l’Angleterre, la fière Albionne,  une compensation financière pour la perte de leur 22 navires à Trafalgar en 1805.  Ou encore les pays de l’Europe exiger réparation pour les dommages causés par les  troupes napoléoniennes. Ou encore,  des quelconques descendants de Astérix ou de Obélisque  réclamer, par la grâce d'Uderzo ou de Goscinny, une partie de l’ex-Empire romain. À  moins qu’une « nation » ou tribu qui avait l’île de Manhattan  comme terrain de chasse exige réparation, à tout le moins une taxe  sur la population actuelle qui l’a occupée sans trop s’excuser, encore moins demander la permission aux premiers occupants qui se cachaient derrière les arbres.  Heureusement  une tribu encore plus primitive, éliminée par les revendicateurs, n’a laissé aucun survivant qui pourrait réclamer des privilèges comme les ayant droit les plus primitifs. Gus, au Canada,  il y a plus de 500 bandes ou tribus  qui font valoir leurs droits  à des portions de territoire  et à des compensations pour les torts historiques.

 

« Qui ne voit pas un brin de folie dans tout cela est déjà mort d’une overdose de rectitude politique. »

 Mario Roy

 

 La rectitude politique ou le « misérabilisme » éthique….

Avis aux intéressés : une compagnie américaine ADN Tribes and Ancestry se fait fort de trouver en tous Américains ou Québécois des gènes d’autochtones, ce qui permettrait à tous et un  chacun de payer la note et d’en profiter, de ramasser quelques graines du pactole.  Nos ancêtres aussi ont folâtré en forêt par certains soirs de clair de lune… alors que les  chasseurs étaient partis à la chasse comme il se devait..  Gus, ton prof  qui s’est intéressé quelque temps à la généalogie,  connaît au moins le nom d’une belle Innue et de son séducteur qu’il peut compter parmi ses ancêtres, ce qui devrait l’autoriser à tendre la main pour le pactole, un peu comme un Lazare  sous la table de la rectitude politique.   Et Bof prendrait volontiers un pari qu’il n’y a pas un Québécois  « de souche »  qui peut se vanter d’une pureté ancestrale Spick And Span.  Et les Innues ne sont pas si mal après tout !  Et les explorateurs venus d'Europe devaient quand même se consoler de ne pas avoir  trouvé de chinoises en fin de parcours. Dans la même veine,  en Angleterre, des Druides auto proclamés réclament les ossements des ancêtres pré-chrétiens  qui reposeraient  dans les musées pour les enterrer rituellement dans la région de Stonehenge.

 

 

 Bof  croit au droit de propriété, au droit à l’occupation d’un  territoire, même à mettre une clôture si on a semé et si on veut récolter, Bof y croit si cette occupation du territoire est une mise en valeur, une exploitation due à l’effort de  travail de la personne ou des personnes, imitant le geste de ceux qui ont modifié le cours de la civilisation il y a dix millénaires. Seulement 5% de la superficie totale du globe se prête à la production d’aliments.  Les quelques milliards de plus de personnes qui s’annoncent d’ici la fin du siècle vont faire sentir leur pression pour l’occupation  des terres encore utilisables… quitte à déranger  ou à manquer d'attention aux mannes des ancêtres. 

« La guerre, la famine, les épidémies demeurent les causes essentielles  des morts prématurées, des années de vie perdues, des enfants abandonnés sur la planète. La nature tue autrement plus que la technique qui, seule, permet qu’autant  d’hommes vivent sur terre.  On estime à 3 millions le nombre d'Indiens qui vivaient en Amérique du Nord au moment des premières conquêtes espagnoles. Les habitants des États-unis et du Canada sont cent fois plus nombreux aujourd’hui et l’agriculture nord-américaine pourrait nourrir à elle seule plus de six milliards d’hommes ». Kervasdoué.  Les prêcheurs de l’apocalypse. 2007 P.  21

 

 

3. RACE ou  ETHNIE 

 

 Le réflexe identitaire qui colle le plus à la peau.  La biologie et la génétique créent  des similitudes et des dissimilitudes, des lignées bien identifiables et visibles…. Et les populations sont de souche  ou pas­.  L’identité à ce niveau  peut  être  vécue comme triomphaliste ou misérabiliste.  Des facultés universitaires se spécialiseront dans les « ethnics studies » pour éliminer tout sentiment ou complexe d’infériorité des uns face aux autres.

Si la délimitation des races peut être difficile, il reste que les dissemblances et les similitudes sautent aux yeux… et créent des « nous » ou des « eux »,  des semblables et des dissemblables, des familiers ou des étrangers, des Tutsis ou des Hutus. Des pays. comme le Congo, sont de véritables  casse-tête, à prendre tragiquement dans tous les sens du terme.  En Chine on compte 56 ethnies bien identifiées avec de beaux noms tout propres et chantant… Gus, ne me demande pas de te les nommer.C’est du chinois, pour moi.

 

Race, nature ou espèce.

Racisme et antisémitisme,    

selon Marek Halter.

 « Le racisme, c’est la haine de l’autre--de l’autre parce que dissemblable. L’antisémitisme, lui, exprime la haine de l’autre parce que trop semblable. Les juifs sont blancs parmi les blancs, noirs parmi les noirs, …Ils en paraissent aux yeux des antisémites plus inquiétants encore.

« Ils ne sont pas des nôtres, écrivait Apion, mais ils s’adaptent à notre  mode de vie comme un caméléon» ; « Ils se dissimulent », note Tacite. Le Coran les traite d’« hypocrites »… »

Je me suis réveillé en colère. p. 48

Dans la même veine, voir TOM AND JERRY .

 

« Être antisémite, c’est être raciste avec une race qui a les moyens de te poursuivre. »

Guy Nantel

Voltaire et Condorcet…

« Enfin je vois des hommes qui me paraissent supérieurs à ces nègres, comme ces nègres le sont aux singes, et comme les singes le sont aux huîtres et aux autres animaux de cette espèce. » voltaire. (imaginant un retour d’Afrique)

 

« Mes amis, quoique je ne sois pas de la même couleur que vous, je vous ai toujours regardé comme mes frères. La nature nous a formés pour avoir le même esprit, la même raison, les mêmes vertus que les Blancs. Je ne parle ici que de ceux d'Europe ; car pour les Blancs des Colonies, je ne vous ferai pas l'injure de les comparer avec vous ; je sais combien de fois votre fidélité, votre probité, votre courage ont fait rougir vos maîtres. Si on allait chercher un homme dans les Iles de l'Amérique, ce ne serait point parmi les gens de chair blanche qu'on les trouverait »  Pasteur Swartz (alias Condorcet) 

 

Le racisme selon Himmler

"Il doit y avoir une règle absolue pour les SS : être honnêtes, corrects, loyaux et amicaux envers les membres de notre propre race et envers personne d'autre….

Nous, Allemands, qui sommes les seuls au monde à avoir une attitude correcte envers les animaux, nous aurons également une attitude correcte envers ces animaux humains. …

« Notre souci, notre devoir c'est notre peuple, c'est notre race ». Cela doit être notre souci, notre pensée, notre travail, notre combat et rien d'autre... Tout le reste n'est que bulles de savon, imposture envers notre propre peuple et entrave à un succès proche dans la guerre."
Extrait d'un discours d'Himmler fait à Posen, le 4 octobre 1943.

Selon d’autres….

« On aurait du raser leurs synagogues, détruire leurs maisons, leur ôter leurs livres de prières, le Talmud et jusqu’aux livres de l’Ancien testament, défendre aux rabbins d’enseigner, les obliger de gagner leur vie au moyen de travaux manuels pénibles. »

 Luther. 1692

 

« La race aryenne ou indo-européenne possède seule la notion de la justice, le sentiment de la liberté, la conception du beau,…

Le sémite n’a aucune  faculté créatrice; au contraire l’Aryen invente.. Pas la moindre invention n’a été faite par un Sémite »

 

Édouard Drumont, la France juive, 1886.

 

« Toutes les fortes crises modernes ont un caractère oriental; bibliques par leur esprit ou juives par leur personnel …Agitateurs ou idéologues, ou les uns et les autres, attestent la même pression violente de l’Orient sémite sur un Occident qu’elle dénationalise avant de le démoraliser. Ce messianisme de Juifs charnels, porté au paroxysme par sa démence égalitaire et qui prescrit de véritables sacrifices humains, a tout osé pour imposer une foi absurde et, quand vient l’heure du désespoir inéluctable, l’énergumène juif casse tout »

Charles Maurras. Mes idées politiques, 1937 

Pour certains  il est d’usage de confondre le sens de race avec celui d'espèce. Ce qui permet dans le discours courant de rejeter hors de la nature humaine ou de l’espèce certains groupes de race différente.  C’est une notion polémique où on se plait à mêler l’accidentel et l’essentiel, l’artifice et le fondamental pour mieux frapper ou discréditer un adversaire éventuel. Il est vrai qu’historiquement, certains on pu utiliser des sens forts du mot race et y joindre des thèses  discutables.

 

Gus,  une pluralité de sens du mot « racisme »  pour bien identifier avec qui on parle ou qui on écoute...

 

1. Rejeter  hors de l’espèce humaine certaines races. Majorer indûment l’importance de certains traits physiques. Certains sont plus hommes, d’autres moins hommes, d’autres pas homme du tout. Acceptation rare aujourd’hui, mais qui a eu un certain succès  lors des grandes périodes d’exploration et de découverte.  Devait-on baptiser certains indigènes ???

Pour les éléments  qui permettent de définir ce qu’est un homme, voir SUR LES TRACES DE L’HOMME qui explicite une douzaine de traits qui permettent de définir l’être humain et qui se retrouvent partout où se trouve l’« homme » (communément appelé tel).

 

 

2. A l’intérieur de l’espèce humaine, reconnaître certaines races  et les hiérarchiser  de sorte que certaines auraient  des droits sur d’autres en raison de leur supposée supériorité.   Dans cette perspective, les droits de l’homme  perdent de leur universalité et il n’y a pas lieu d’en faire des Chartres… A servi de justification à l’esclavage…à la ségrégation, à la ghettoïsation, aux systèmes de castes ou d’apartheid ou à d’autres mesures discriminatoires semblables. Et à donner un sentiment de supériorité à un tout chacun  vis-à-vis  « l’autre ». Des hommes sont « plus égaux » que les autres.

 

3) À l’intérieur de l’espèce humaine reconnaître des races (différentiées) ayant les mêmes droits en raison de leur commune nature humaine et reconnaître des aptitudes différentes et variées selon les races…, ou les groupes humains que la biologie, l’environnement  et (ou)  l’histoire ont créés.

 

 Ici on peut retrouver entre les groupes (ethnies ou races) toutes  les variétés de comportement, positif ou négatif, que l’on retrouve entre individus … de même race. Attraction, répulsion, méfiance, confiance, etc.

 

On entre ici dans le domaine des relations humaines,  avec la peur ou l’inquiétude face à  l’étranger, à la nouveauté, avec la propension à  ressentir ou entretenir des  rivalités, des jalousies ou du mépris. etc. Gus, pour chacun, il y a des faces qui ne nous reviennent pas, pour d’autres ce sont des couleurs de peau ou … ou  ..ou  . On peut trouver mille raisons pour échapper au commandement de l’amour universel.  La fraternité humaine reste toujours un rêve, entre les gens de même race autant qu'entre les gens de races différentes…Les qualités des individus  ont le plus souvent  priorité sur les facteurs raciaux pour provoquer l’indifférence,  les haines,  l’amitié, l’ouverture. Les journaux ou les revues, les partis politiques, les clubs sportifs ont leurs clientèles qui se méprisent  réciproquement  et allègrement.  Tous les prétextes sont bons pour s’associer  ou se rejeter : les différences raciales peuvent jouer dans certains cas, mais aussi les professions,  les niveaux de richesses, les classes sociales, les degrés d’instruction,  les sexes,  les religions,  les habitudes de vie, les quartiers, etc.

 

Sartre en promulguant que « l’enfer, c’était les autres » n’est pas tombé dans  le piège  de la rectitude politique en excluant ou en épargnant certains groupes des difficultés courantes du vivre-ensemble.

 

Les  pouvoirs publics s’ils ne peuvent contrôler les sentiments ou les pensées des gens, ont à voir cependant que les relations, que les actions  demeurent à l’intérieur de la civilité et du droit fondé sur la commune humanité.

 

Pour Lévi-Strauss le racisme est (UNESCO  1971)

 

 « Une doctrine qui prétend voir dans les caractères intellectuels et moraux attribués à un ensemble d’individus, de quelque façon qu’on le définisse, l’effet nécessaire d’un commun patrimoine génétique » 57

 

 

Vivre son identité

« …la poésie de Césaire est d’un noir offensé, alors que Mag… est d’un noir innocent, d’un noir qui ne sait même pas qu’il est nègre et qui s’en fout éperdument » F.

Autrement dit, c’est confondre  culture et biologie.

 

4. Nier le concept de race   sous le prétexte (c'est le dada d’un biologiste populaire)  que les groupes ne sont pas démarqués au couteau et que les différences entre les dites races  forment une gradation continue, allant du noir au blanc, du blanc au café pour la peau, du petit au grand, du crépu au souple, du noir au blond pour les cheveux, du pointu à l’épaté, du droit au crochu pour le nez sans pouvoir établir de démarcations qui  permettraient d’identifier un groupe bien précis.  A ce compte, Gus, la chaleur et le froid n’existent  pas  car on n’a pas établi, sinon arbitrairement, le degré où l’on bascule de l’un à l’autre.  Ni entre le dur et le mou, ou le jour et la nuit, etc. La science a fait un progrès monstre dernièrement en fixant dans une formule mathématique  la démarcation entre l’excès de poids, l’embonpoint et l’obésité. C’est un cas de Prix Nobel. Pourtant on parle communément de races de chien à l’intérieur de l’espèce et  on y retrouve également les mêmes gradations de sorte que ceux,  qui ont les yeux vis-à-vis des trous,  peuvent distinguer, s’ils  font bien attention, un danois d’un chiwawa même s’il est difficile de s’entendre sur les définitions ou le nombre des groupes apparentés au sein de l’espèce. Gus, ce serait intéressant de connaître le point de vue du Chiwawa… en présence d’un Danois (le chien) ou vice versa.

 

 Mais croire régler le  problème du racisme en  niant les races au lieu de l’aborder,  c’est se conférer à bon compte un diplôme de vertu et de belle âme puisqu’on a détruit scientifiquement toute base au racisme ……et au réchauffement de la planète en plus puisqu’on  confond pour les mêmes raisons chaleur et froid.

 

Et le petit Suédois (pour rester en Scandinavie) n’a  pas lieu (encore moins le droit) de manifester de l’étonnement la première fois qu’il voit un  noir. Son scientifique de père devrait le morigéner sévèrement s’il voit ces manifestations spontanées de racisme.  Et sans aucun fondement scientifique.  Et souhaiter que fiston  soit né plutôt daltonien que de  nourrir un  tel sentiment.

 

5. « Faire preuve  d’insensibilité raciale »..  Une faute contre la « rectitude politique »  qui peut  entraîner l’ostracisme social  et professionnel. Le « prochain » du précepte rétrécit et prend « couleur ».

 

« C’est le lieu de rappeler que, sociologiquement, l’ethnicité est un

concept neutre. … Elle désigne simplement les manières de faire ou de vivre (coutumes, traditions, représentations ou visions du monde, etc.) qui, avec le temps, prennent forme dans toute collectivité et en viennent à nourrir l’identité. Pour le scientifique, elle s’impose comme fait social, ce n’est pas affaire de choix. Là où l’ethnicité (et du même coup l’identité) devient suspecte et condamnable, c’est quand elle se transforme en ethnicisme à savoir l’affirmation de la supériorité d'un groupe ethnique et, sur cette base, la négation des droits des autres. »

Rapport de la Commission Bouchard-Taylor

 

4. NATION (au sens sociologique)

 

Une nation, un « nous », est plus qu’une somme de « Je »

 Plus couramment, c'est l’histoire,  le passé commun, un partage d’expériences collectives, une certaine communauté de valeurs et un sens d'appartenance,  l’attachement à une certaine culture,   surtout si c'est renforcé par une communauté de langue ou de religion ou de  race. Les liens du sang, la mémoire commune et  les liens culturels créent une communauté  à laquelle on s’identifie prioritairement et à laquelle on aime parfois donner le nom de nation  même si c’est une division de la nation au sens juridique. « La terre de nos aïeux » : la généalogie, le passé comme générateurs de communauté. La nation ainsi entendue est une histoire de parenté et de souvenirs, tristes ou glorieux, partagée parfois entre la honte et la fierté.  La nation génère alors une  sensibilité nouvelle, un sens de la destinée, un espoir de rendez-vous avec l’histoire..… On affirme sa différence et compte bien sur le regard des autres pour  en confirmer la valeur en attendant des reconnaissances politiques, constitutionnelles et,  cerise sur le Dimanche, onusienne avec un siège avec son nom.

 Et un chacun de charger  les différents nationalismes, du moins les mots (Gus, c’est le Viagra de la rhétorique), de droits, d'ambitions,  de projets d'avenir et de se lancer dans une guerre de vocabulaire que se  livrent   orateurs, politiciens et poètes.

 

L’impact de ce facteur nationaliste est sujet à des variations selon l’évolution historique, selon  les individus ou même  les époques de la vie d’un chacun   C’est aux célébrations rituelles de la « nation », à l’évocation  incantatoire des héros historiques, des pères de la nation, des destins collectifs  qu’on peut voir les ferveurs identitaires se manifester avec le plus de chaleur. La valeur des discours se mesure à la charge explosive d’émotion  et de solidarité qu’ils génèrent. Le discours se fait misérabiliste en situation de minorité, triomphaliste en situation de majorité.

 

Dans sa version pessimiste, le nationalisme se nourrit  de blessures, d’échecs et de défaites.  On cultive les  humiliations pour les siècles des siècles et veille à la fraîcheur des blessures, quitte à gratter les plaies… de peur qu'elles ne  se cicatrisent.

(Gus, pense à la guerre des Balkans)  Certains ont besoin de l’histoire « non pour s’en éclairer ou s’en libérer, mais pour s’en irriter encore et encore, s’en oppresser toujours un peu plus » (Fogllia)

 

La version optimiste célèbre les succès et les victoires. On plastronne collectivement, bombe  le torse et toute l’histoire, resservie par les poètes et les tribuns, sert à remonter l’Ego collectif…  et fait pointer à l’horizon des missions, des rendez-vous avec l’Histoire.

 

L’identité poussée à la limite, les valeurs seront « évaluées » en fonction des intérêts supérieurs de la Nation…  Ex. l’avortement…

  

 

 

 

Le plus beau voyage

 

Ai refait le plus beau voyage

De mon enfance à aujourd'hui

Sans un adieu, sans un bagage,

Sans un regret ou nostalgie

 

J'ai revu mes appartenances,

Mes trente-trois ans et la vie

Et c'est de toutes mes partances

Le plus heureux flash de ma vie!

 

Je suis de lacs et de rivières

Je suis de gibier, de poissons

Je suis de roches et de poussières

Je ne suis pas des grandes moissons

Je suis de sucre et d'eau d'érable

De Pater noster, de Credo

 

Je suis de dix enfants à table

Je suis de janvier sous zéro

 

Je suis d'Amérique et de France

Je suis de chômage et d'exil

Je suis d'octobre et d'espérance

Je suis une race en péril

Je suis prévu pour l'an deux mille

Je suis notre libération

 

Comme des millions de gens fragiles

À des promesses d'élection

Je suis l'énergie qui s'empile

D'Ungava à Manicouagan

 

Je suis Québec mort ou vivant!

 

Claude Gauthier  

 

 

Le pâté chinois (patates-blé d’inde-viande hachée) est décrété par le Devoir comme  le plat national des Québécois.

Déjà des protestations s’élèvent  et certains y voient du racisme inconscient ou subliminal: le blanc sur le dessus, le jaune au milieu et le noir au fond)

 

« Le nationalisme civique, réponse à notre honte, aurait comme principale vertu le déracinement volontaire d'avec le passé.

Il serait acceptable parce que sans mémoire, vierge en quelque sorte de ces fautes inavouables commises par la vieille ethnie canadienne-française nationaleuse abreuvée d'eau bénite. Le nationalisme dit civique arrive aussi à point nommé…. L'auto flagellation collective que nous pratiquons allègrement ne révélerait-elle pas le vieux complexe minoritaire, bien réel celui-là? »

Denise Bombardier

 

Ce facteur peut recouper la notion de pays, recouper  les frontières géographiques. La nation au sens sociologique et culturelle renforce alors l’appartenance civique, légale à une patrie  quelconque.. Mais  souvent dans les pays modernes, avec les brassages de populations au cours des siècles, les redéfinitions de frontières, les diverses fédérations,  font que le pays civique et juridique inclut deux ou plus de nations en ce sens sociologique; certains pays (Chine, Congo, etc ) peuvent en compter cinquante. C’est une occasion de frottement, d’opposition entre des nous et des eux, des menaces de sécessions, mais c’est aussi une occasion de sagesse politique et un art  de pratiquer la tolérance et l’art de vivre ensemble. La tentation  est forte cependant de cultiver sa différence par opposition systématique à l’autre, à l’étranger, qui cohabite dans le même espace juridique. 

« Le nationalisme n’est pas une idéologie, c’est une rhétorique… Le nationalisme, c'est une manière de maintenir sur la place publique une et une seule vision de ce que peut être la vie en commun; celle dans laquelle par le recours à la notion de menace permanente, la population est sommée d’obéir à des élites qui, du fait de la gravité de la situation telle qu’elles la décrivent elle-même puisqu’elles sont les seules à avoir le droit de parler, n’ont aucun compte sérieux à rendre. Le nationalisme, c'est le contraire de la démocratie; c'est opposer aux droits de l’homme le devoir d'assurer la survie de l’ensemble dans des termes qu’il est interdit de  discuter.

 

… se définissant lui même  comme étant essentiellement « défensif », il a nécessairement besoin pour se maintenir que la menace perdure et même à l’occasion s’amplifie.  C’est la condition essentielle à son règne. Le nationalisme ne peut pas constituer une manière de résoudre les problèmes, il est par nature une manière  de s’assurer qu’ils ne le seront jamais, réglés … parce qu’autrement sa raison d’être disparaîtrait …

Le nationalisme n’a qu’un seul but, perdurer, et les problèmes dont il entretient lui-même l’existence constituent la justification de son règne… »

RENE-DANIEL DUBOIS,  Post-scriptum.

 

 

Un sens patriotique particulier se développe, se définissant par l’entretien de la  flamme identitaire particulière grâce aux institutions  qui le supportent. Poètes, chansonniers, meneuses de claques, tribuns improvisés ou professionnels  s’occupent à  fouetter les énergies, à entretenir le culte aux mânes des ancêtres, à célébrer les héros locaux,  à revivre les tragédies passées, à évoquer les avenirs compromis.  Tout pour vivre délicieusement l’appartenance au groupe et ressentir la chaleur qui s’en dégage. Il est difficile de trouver un coin en Afrique,  en Europe, en Asie,  en Amérique ou ne retentit pas périodiquement le cri : « Vive le ou la……..libre »  avec ou sans balcon. Un tabouret ou une chaise peuvent servir de tribune au besoin. (Un bon tribun s’accommode de n’importe quelle tribune)   Musil voyait le nationalisme comme un trouble de l’équilibre affectif.

 

En ce sens sociologique, il y aurait quelques milliers de nations sur la planète, distribuées plus ou moins équitablement dans les 250 pays reconnus; elles  y cohabitent … avec plus ou moins de bonheur, c’est question de sagesse politique..

 

Depuis deux générations, pour une guerre entre pays, la planètes à eu droit à 10 conflits meurtriers à l’intérieur  d’un pays ou l’autre au nom de l’ethnie,  de la religion, de la race ou d’une quelconque fragmentation du pays officiel.  À défaut de tolérance, de justice et d’ouverture à l’autre, ça foire et ça s’empoigne. Au lieu de mettre de l’eau dans son vin, pourquoi pas du vinaigre… ou  de l’arsenic!!!

Durant la guerre froide, on a cru un temps que les fièvres nationalistes  s’étaient résorbées.  Il n’a fallu  seulement que les dictatures  perdent de leur  rigueur pour qu'elles renaissent de plus belle.

Les attitudes varient. De temps à autres,  certaines nations aiment à se rappeler bruyamment à l’attention mondiale : Basques, Pashtoun, Sunnites, Tchétchènes, Kurdes, Cris, etc.  D’autres optent pour le silence : il y aurait 50 nations en Chine et combien aux Indes ?  Certaines s’entretuent allègrement  au bruit discret des machettes dans un profond silence médiatique. D’autres se pètent les bretelles, avec les discours patriotiques à dates fixes ou grattent leurs plaies périodiquement.

 

D’après des enquêtes  l’intensité de la fièvre patriotique serait en corrélation avec l’état de santé de la population.  Étrange. Il est vrai qu’il est difficile d’obéir aux ukases « Au pas, citoyen »  ou « Aux armes, citoyen » quand tu avances  avec une marchette.

 

 

« Je n’annonce pas l’avènement imminent de la raison comme moteur premier de la politique, car le nationalisme constitue un instrument trop bon marché et trop puissant pour que les politiciens de tous les pays s’en dispensent bientôt » PET…pour les intimes.

 

 

L’État n’hésite d’ailleurs pas à vous demander de faire des enfants afin de sauver la nation. Sinon les pays du Nord ne seront peuplés sous peu, que de gens du sud. Et on finira, un jour, par parler swahili, wolof ou créole dans une capitale occidentale, comme on parle aujourd’hui français, anglais ou allemand en Afrique. Il faut donc défendre cette identité judéo-chrétienne qui passe d’abord par le nombre. Mais nous savons bien que plus de deux enfants dans un foyer empêchent la mère d’aller travailler et nous ramènent à ces années 50 qu’on a appris à tant mépriser. »

 

Dany Laferrière,  d’origine haïtienne…

 

 

« Si les fanatiques de tous poils parviennent aussi facilement à s’imposer comme les défenseurs de l’identité, c'est parce que la conception « tribale » de l’identité qui prévaut encore dans le monde entier favorise une telle dérive; une conception héritée des conflits du passé, que beaucoup d’entre nous rejetteraient s’ils l’examinaient de plus près, mais à laquelle nous continuons à adhérer par habitude, par manque d’imagination, ou par résignation, contribuant ainsi, sans le vouloir aux drames par lesquels nous serons demain sincèrement bouleversés »

 

AMIN MAALOUF. LES IDENTITÉS MEURTRIÈRES. p. 40

 

 

D'autres parlent, parlent, des vestales se chargent d'entretenir le feu sacré, référendent à l’occasion. 

 

Certaines nations pratiquent à qui mieux mieux, l’art de vivre  ensemble et cultivent   discrètement leurs différences et s’aménagent  une place dans des ensembles plus vastes qui leur confèrent indirectement plus de pouvoir…. ou leur permettent à tout le moins de vivre en paix et parfois de mieux vivre..  et parfois même d’exploiter les valeurs négligées de la commune humanité.

 

Avec l’immigration récente, les « de souche » sont de plus en plus poussés dans leur retranchement  comme les premiers autochtones le furent. L’immigration récente, la rectitude politique, le multiculturalisme, l’impact des  droits de l’homme créent un certain malaise  dans les pays modernes qui sentent leur ou leurs  nationalismes coincés dans la différence ou le  nivellement. Autant d’éléments qui remettent en question  les  nationalismes antiques qui se nourrissent avant tout d’homogénéité et de consensus identitaire.

 C’est le nombre qui fera loi. Et les politiciens patinent élégamment  entre la nation ethnique et la nation civique  au gré des votes à  conquérir, entre les authentiques, les pure race et les étrangers.*** Des majorités aujourd’hui triomphantes s’apprêtent à jouer les seconds violons ….et  connaissent déjà la date où ils seront des minorités officielles qui  se targueront,  mince consolation, d’être des ex-majorités et iront rejoindre le rang des autochtones.  Pour ce problème, Gus, voir  les problèmes récents posés par l’intégration des immigrants. Gus, une nation, « un communautarisme qui s’est trouvé un lopin de terre. » 

Évidemment les politiciens ont vu le piège et on n’abandonne pas pour autant  la ferveur nationaliste qui leur fournit  des  thèmes pour  leurs meilleurs arias patriotiques; on tente d’en élargir le sens, on change les appellations ; faute d’être « de souche » l’autre est promu  « gens d'ici » ; on donne au nationalisme un petit air englobant qu'en principe il n’a pas,  on tente de convertir les « exogènes », on leur donne un passé, les baptise, les confirme, comme on convertissait autrefois les  païens obligés de confesser la foi orthodoxe;  on les   oblige à entonner en chœur « Terre de nos …    d’on ne sait trop quoi !»…si au total ça rapportait quelques votes,,, les votes qui permettent de faire triompher la  cause du parti.…la vraie, la seule authentique quitte a pratiquer une certaine amnésie, pour ne pas heurter les nouvelles  sensibilités.

 

(Gus, entre nous : tu imagines un politicien qui commencerait ses discours : « Payeurs de taxes et d’impôts ! Qui que vous soyez, citoyens, je……….. 

 

    

Et les Cajuns alors ?!

« Chaque fois qu’on essaie de fermer le cercueil de la culture, le cadavre se lève et demande une autre bière »

Zachary Richard

Interculturalisme…  selon Taylor-Bouchard..

 

Les Italiens nous ont donné le spaghetti, la pizza, le Capuccino et le Nutella.,

Les Allemands (via les ÉU) le hamburger et le frankfurter,

Les Chinois le Chop Suey, le tofu, les egg rolls et le poulet aux ananas,

Les Américains le hot-dog, le BBQ, le Corn Flake, McDo, et le beurre d’arachide.

Les Amérindiens le sirop d’érable et le tabac.

 

En échange, pour ne pas être en reste, on leur a donné la poutine, le pâté chinois et  les Boston Pork and Beans..

 

….Venez visiter la première ville française en Amérique…

 

Principales attractions : les constructions  anglaises depuis la conquête maintenant propriétés de princes saoudiens.

 

 

Le mot du poête

 

La culture « a un sens de perfectionnement humain. Elle est essentiellement humaniste. Elle veut faire des hommes avec des canadiens français et non pas des canadiens français avec des hommes. Toute méthode qui nest pas proprement dirigée vers lhumain a peine à nêtre pas restrictive et de courte vue. Ainsi toute léducation historique et nationaliste »

  Saint-Denys garneau.  (i935)

 

 

 On assiste parfois  à des batailles de noms, à des confrontations linguistiques, à des luttes  pour savoir quelle minorité  se méritera le titre le plus ronflant, laquelle sera promue d’ethnie à nation en attendant, si Dieu, l’histoire et l’ONU  le veulent, d’être sacrée pays et de pouvoir faire entendre sa voix  dans le concert des nations arrivées…Quitte à recevoir la confirmation de son existence et de sa valeur par autrui..

 

Nationalisme ethnique et nationalisme civique.

 

Si le  nationalisme à consonance ethnique, historique  et culturelle  peut  fournir des  raisons  vraisemblables pour  revendiquer des conditions politiques permettant de se maintenir comme collectivité originale, ce nationalisme devenant par mutation un nationalisme  civique, amnésique, perd de ses atouts quand il s’agit de revendiquer l’indépendance ou un   statut particulier.   Avec cette préoccupation prioritaire d’englober toute une communauté géographique,  il  devient plus difficile de  mettre de l’avant des raisons  qui  pourraient justifier une séparation  par rapport  aux entités politiques voisines de même ordre.   L’agglomération dite civique, du moins théorique, se fait aux dépens de la substance et on se met en mal d’y  trouver des communs dénominateurs. On revendique désormais la souveraineté parce qu’on est  un tantinet plus porté vers la  sociale démocratie, (plus d’impôts, plus de dettes), parce que la  population serait dotée d’une quelconque originalité plus difficile à définir, parce qu’elle est verbalement plus  environnementaliste,  un petit peu plus tolérante au plan des mœurs,  en somme parce qu'elle est dotée d’un lot de qualités plus ou moins partagées par tous  ceux dont on prétend se séparer en raison de sa spécificité. Et la séparation  souhaitée  de se faire dans un jovialisme de mise qui sert de garantie contre toute   perturbation ou turbulence éventuelle. 

 

  La société distincte dans ce type de discours perd des plumes, à tout le moins des ailes pour prendre son envol… A vouloir embrigader toute la population selon les canons de la rectitude politique et de l’utilité électorale immédiate, les raisons pour revendiquer un destin historique  et politique particulier  se sont diluées  jusqu'à devenir insignifiantes…Même pas capables de susciter dans l’imaginaire  collectif quelque  ennemi commun qui se fasse réellement menaçant, qui mette l’existence de la nation en danger  et qui invite à se resserrer  les coudes, à peine une illusoire promesse de récupérer  quelques sous,  qu’on prétend siens, pour réaliser tous ses beaux projets… et une vague espérance de réchauffer un jour un siège à l’onu.

 

« Allons, enfants de la patrie…. »

 

Encore faut-il qu’il y ait des enfants, qu’on sache ce qu’est la patrie et où on s’en va !

            

A propos de la « formule de rechange »

« Il arrive souvent que la notion d’identité proposée comme formule

de rechange (l’identité « civique ») soit dépouillée de toute ethnicité

et restreinte à une culture publique commune définie principalement

sinon exclusivement en termes de droits et de valeurs universelles. Une bonne partie du public s’est peu reconnue dansces constructions jugées trop théoriques, trop froides, inaptes à soutenir les appartenances traditionnelles fondées sur un patrimoine symbolique. La part d’émotion et d’imaginaire qui, dans toute collectivité, nourrit la conscience collective en était largement évacuée. Plus précisément, c’est la part d’ethnicité qui soutient habituellement les identités qui était sacrifiée. »

Rapport de la Commission Bouchard-Taylor

 

 

 

Gus, des vertus qui collent à la peau

 

« Le chien, la vertu qui ne pouvant se faire homme,

 s’est faite bête »

Victor HUgo

 

C’est vrai que le chien est un modèle de fidélité à ses proches, à son prochain, à la main (à défaut de la terre) qui le nourrit, un gardien  vigilant et un défenseur courageux de son  territoire. Il est doué d’un flair infaillible pour distinguer les siens,  sa meute, les « nous »  des étrangers, des « eux », des ennemis potentiels. Il obéit comme un automate à tous les mots d’ordre convenus, à un claquement de doigts, au moindre bruit étrange.  L’espèce compte peu de traîtres. Ce sont des vertus qui viennent des tripes.

 

 Le nationalisme, l’attachement à la terre nourricière, la propension à la défendre contre l’étranger, est un peu de la même veine. Cela relève d’une certaine façon de l’instinct et répond à sa manière au grand précepte : « Aime ton prochain, ton compatriote, comme toi-même ».

 

Si on pouvait lui apprendre à moduler ses jappements selon la langue, l’accent ou la couleur  de peau de l’intrus, on pourrait lui assigner des appartenances politiques

 

Et ceux qui ne sont pas proches???  Et ceux qui sont de l’autre coté de la frontière qui a été plaquée aux limites de la patrie? Comment reconnaître l’humain dans celui qui n’est pas de chez nous?  C’est œuvre d’intelligence… et quand il le fait, l’homme s’élève d’un cran au dessus de son meilleur ami, qui n’a cure de cette supériorité.

 

C’est sans doute ce que voulait dire Pablo Casals : « L’amour de son pays est une chose magnifique. Mais pourquoi l’amour devrait s’arrêter aux frontières?

 

 

« Se pourrait-il que les gouvernements contemporains n’aient plus  de perspectives « nationales » ? Les Parlements sont devenus des services d'aménagement des droits et des plaintes. Ainsi, les diverses « communautés » qui forment la société sont dans une perpétuelle concurrence victimaire; les homosexuels, les handicapés, les Églises, les Noirs, les réfugiés`s, les cancéreux, les chômeurs, les syndiqués, les artistes demandent tous à l’État de leur venir en aide. Il s’agit moins de trouver comment vivre ensemble que de tirer profit, chacun pour soi, des richesses accumulées. »

Jacques Godbout.

 

 

 

 

 

  Le NATIONALISME

Amont et aval.

Matrice et modèle.

Accident et choix.

Fatalité et liberté­

Contingence et absolu.

Il y a quelque chose de naturel dans la nation,  une familiarité, un sens de la famille élargie,  générée par une souche commune et la présence d’un milieu qui crée des similitudes et des passions communes.  C’est un peu comme la matrice de tout enfant qui vient au monde. Un accident et une fatalité.  Mais le danger se situe en aval, quand le « nous » risque d’étouffer le « je » ou les « Je »,  quand  la collectivité vient limiter la liberté, imposer un modèle, dicter les passions et les fidélités, proférer des exclusions pour qui verserait dans l’individualisme et cultiverait trop sa propre identité  en affirmant ses virtualités propres. La tentation est forte, surtout pour les politiciens ou tribuns, de sacraliser des accidents de l’histoire en absolus. Ou d’ostraciser le  poète s’il ne chante pas les valeurs collectives, s’il ne trouve pas les bonnes notes, s’il fausse  ou quiconque qui se trouve des affinités ailleurs,  plus vastes ou plus restreintes, des préoccupations plus terre a terre ou plus éthérées ou encore celui qui ne succombe pas  aux peurs et aux haines ataviques, qui n’est pas au garde à vous à l’appel du clairon, qui ne s’extasie par suffisamment sur les qualités du « nous » collectif et sur le caractère grandiose et inévitable de la  destinée que l’histoire lui réserve.  Ou qui n’entre pas en transe chaque fois qu’on accole « national »  à un substantif quelconque, ce qui normalement devrait faire vibrer les entrailles.

 

 

DEUX TEMPS FORTS DE LA FIÈVRE  NATIONALISTE…

L’obsession de se distinguer, de se trouver une quelconque originalité pour se définir,  amène à se trouver ou à s’inventer des valeurs communes qui permettent  de différencier « nous autres »  d' « eux autres »… Sans cesse, au-delà des classes, des professions, des niveaux de culture,  on s’invente un catalogue de valeurs spécifiques qui justifie la fierté d’un chacun, mais dont la spécificité doit plus à l’ignorance des « autres »,  à l’ignorance des constantes humaines,  à l’ignorance de sa propre diversité, qu’à d'authentiques valeurs propres à la nation….

L’identité d’un peuple ou d’une nation, comme celle des individus, n’est pas un produit du « whishfull thinking », ou de la pensée magique,  ne s’invente pas dans le futur mais est plutôt  une trace du vécu d’un peuple, un peu comme le sillage d’un navire qui avance....  Le sillage peut indiquer  des choses, peut être éloquent,  mais ne pousse  pas le bateau… 

L’obsession de se valoriser… Pas content d’être soi, il importe d’être collectivement meilleur que les autres… on apprend tôt que son histoire est une épopée, (« une des pas pires » chantait-on en chœur).  Sa langue est la plus belle. Ça va de soi… jusqu’à ce que l’on rencontre un étranger qui affirme avec la même conviction : « mais non, c’est l’espagnol, voyons »  c’est Charles-Quint, je crois, qui disait  que l’allemand se crache, le français se parle, l’italien se chante, l’espagnol se prie ».  A chacun son suçon…patriotique… à part pour les allemands. L’histoire nationaliste a le but de conforter un chacun dans son statut d'existence privilégiée.

   Le passé est valorisé, le futur n’y échappe pas. La nation, la sienne évidemment, répond à une vocation, à une destinée providentielle  (civilisatrice, évangélisatrice, dominatrice, etc)  qui conforte la communauté dans son existence collective…   sans compter,  pour le passé,  les interventions du ciel qui multiplient les héros providentiels et les sauveurs  du peuple aux  moments  névralgiques.

 

 

Modernité…

Un « patchwork »  de cultures.

« On parle de société ouverte. Pas tant que cela. L’espace est ouvert. Mais dans cet espace ouvert, chaque culture est fermée sur elle-même. Chaque culture forme un bloc dur, en tout cas beaucoup plus dur que le ciment censé lier les blocs ensemble. Pour parer à la friabilité du ciment, on s’accommode. Et c’est là tout ce qu’on fait; s’accommoder. On ne s’entend pas, on ne s’écoute pas, on ne se fréquente pas, on ne s’imbrique pas, on fusionne encore moins. On s’accommode. On se tolère. »

Pierre Foglia. La Presse. 21/11/06 

 

La chute dans  la débilité  et le racolage électoral…

 

Compétition entre les partis politiques  pour jouer la carte du nationalisme. Quel parti s’invente et propose  le plus beau « Nous »,  à la fois le plus exclusif et le plus englobant, à géométrie variable selon les auditoires, garant de « droits asymétriques » de façon à ratisser le plus large dans l’électorat…, le lectorat de tel ou tel quotidien,  dans tel ou tel compté, etc… ?  La chute dans l’insignifiance…

 

 

***

Avril 07.  Le piège des mots… et la réalité…

 

      Le chef du  parti X,  aimait  fort exalter la nation, sa nation : la main sur le cœur, tout devient national,  du sirop d’érable à la capitale en passant par l’assemblée, de l’histoire,  du  passé comme de l’avenir, du futur siège à l’Assemblée des Nations.. Pas moins.

 

 Mais  la réalité concrète aidant, il prit conscience de la dangerosité  des concepts en cas de séparation et que de nouvelles frontières pourraient circonscrire  le futur pays rêvé à ses frontières  naturelles  de  nation et envelopperaient   douillettement ceux qui s’y reconnaissent.  Si la nation a tous les droits, que faire de ceux qui dans l’espace géographique prévu ne se reconnaissent  pas dans la dite nation, ont plus d'affinité avec les voisins ou, pire, qui prétendent eux-mêmes être des nations, nations qui ont le mérite non négligeable de  l’antériorité dans l’occupation du territoire commun…  S’il fallait que la nation sociologique dont on  veut bien défendre la  cause et la souveraineté se rétrécisse comme peau de chagrin… avec la réalisation du projet  de séparation et d’indépendance, et de se voir alors obligé de chanter, au Grand soir,  avec une voix de castré dans le concert des nations.

 

 Pour parer au pire, la solution est toute prête.  La nation, tant chantée, dans ses malheurs comme dans ses prouesses,  sa langue et son destin, de sociologique qu’elle était  devint tout à coup,  l’espace d’un congrès et de quelques coups de gueules, une nation au sens  civique et nécessairement englobante, occupant tout le territoire, sans avoir  à demander aux nouveaux englobés s’ils se sentaient « chez eux » dans la « nouvelle nation »… qu’ils soutiennent désormais … au moins par leurs impôts. Les frontières actuelles, advenant  une consécration et une invitation au concert  des nations,,, sont sauvées…  si on veut bien suivre l’évolution des concepts et des définitions données dans les dictionnaires…. français.

 

La belle ruse. Plus d’ethnies ou de langues concurrentes, plus de nations ayant des droits semblables … Le salut par les mots…

 

Mais la réalité prit le dessus.

 

 Le chef de parti Y, vaillant défenseur sans trop le savoir de la nation au plan sociologique, ne se reconnaît plus dans  la nation  civique. Comme bien d’autres, il  s’y sent mal à l’aise, il n’est pas tout à fait chez lui, il ne veut pas sacrifier l’histoire à la géographie.   Il proteste timidement, lève des troupes, fait entendre discrètement des cris de ralliement  et  fait renaître de ses cendres encore chaudes la bonne vielle ethnie  qui  avait été ravalée dans les coulisses de l’histoire et de la politique politicienne,  sacrifiée aux préoccupations électoralistes ou aux peurs plus ou moins conscientes  qu’une éventuelle frontière  suive le contour géographique de la « vieille » nation au sens sociologique.

 

Gus, toi qui lis les journaux… Qui est Monsieur X et qui est Monsieur Y.?

 

Et madame Z, se rappelant  ses notions de biologie,  fait une synthèse hégélienne qui permet de sauver la face, le temps d’une élection : la nation au sens sociologique est «  le cœur de la nation au sens civique »…  Il fallait y penser.

 

Gus, un indice : Qui est « la nouvelle nounou du « nous » »  a-t-on dit.

 

Et Monsieur C  qui vient foutre le bordel en reconnaissant officiellement la nation. Et on  ne sait plus où donner de la tête,  à quel saint, à quel texte,  à quel sociologue ou à quel dictionnaire s’en remettre.

 

Gus, qui est Madame Z et Monsieur C.

 

 

(Gus, une fois n’est pas coutume. Ton prof se permet d’emprunter le texte suivant)

 

Le nationalisme  selon … Mario Vargas Llosa

 

 

« Conscience de l’histoire, ferveur régionale, exaltation du paysage, défense de la tradition, de la langue et des coutumes propres et masque idéologique du chauvinisme, de la xénophobie, du racisme  et des dogmatismes religieux, le nationalisme sera, sans nul doute, la grande force politique qui résistera dans les prochaines années à la mondialisation de la vie et de l’économie qu’a entraînée le développement de la civilisation industrielle et de la culture démocratique. » p.. 65 

 

« L’idée même de nation est fallacieuse, si on la conçoit comme l’expression d’un tout homogène et pérenne, d’une totalité humaine où langue, tradition, habitudes, manières, croyances et valeurs partagées constitueraient une personnalité collective nettement différencié de celles d’autres peuples. Dans ce sens il n’existe ni n’a jamais existé de nations dans le monde. Celles qui se rapprochent le plus de ce modèle chimérique sont, en vérité, des sociétés archaïques et un peu barbares que le despotisme et l’isolement ont maintenues hors de la modernité et, presque, de l’Histoire. Toutes les autres sont  à peine un cadre où coexistent des façons différentes et contrastées d’être, de parler, de croire, de penser, qui ont â voir chaque jour davantage avec le métier exercé, la vocation choisie, la culture reçue, la croyance assumée,  c’est à dire avec une option individuelle et chaque fois moins avec la tradition, la famille, le milieu linguistique à l’intérieur duquel on est née….

 

Il n’y a pas de nation qui ait résulté du développement naturel et spontané d’un groupe ethnique, d’une religion ou d’une tradition culturelle. Toutes sont nées de l’arbitraire politique, du dépouillement ou des intrigues impériales, de gros intérêts économiques, de la force brutale conjugué au hasard et toutes, même les plus antiques et prestigieuses, élèvent leurs frontières sur un champ sinistre de cultures rasées, réprimées ou fragmentées, et de peuples intégrés et mêlés à la va comme je te pousse, sous l’effet des guerres, des luttes religieuses ou du simples besoin de survie. Toute nation est un mensonge auquel le temps et l’histoire ont forgé--- comme dans les vieux mythes et les légendes classiques—une apparence de vérité »

 

« Le nationalisme est la culture de l’inculte, la religion de l’esprit de clocher et un rideau de fumée derrière lequel nichent le préjugé, la violence et souvent le racisme. Car la racine profonde de tout nationalisme est la conviction qu’appartenir à une nation déterminée constitue un attribut, quelque chose qui distingue et  confère une certaine essence partagée par d’autres êtres également privilégiés par un destin semblable, une condition qui établit inévitablement une différence—une hiérarchie—avec les autres. Rien de plus facile que d’agiter l’argument nationaliste pour subjuguer une foule, surtout  si elle est pauvre et inculte et s’il y a en elle ressentiment, colère et envie de se défouler sur quelque  chose ou quelqu’un, amertume et frustration. Rien de tel que les grands feux d’artifice du nationalisme pour la distraire de ses véritables  problèmes, pour l’aveugler sur ses véritables exploiteurs, pour créer l’illusion d’une unité entre maître et bourreaux. Ce n’est pas un hasard si le nationalisme est l’Idéologie la plus solide et la plus répandue dans ce qu’on appel le Tiers monde» 69-70

 

Mario Vargas Llosa   Les enjeux de la liberté  Gallimard. 

Et Gus, quant à emprunter, ces propos  d’un penseur catalan :

« Le nationalisme  est un produit intellectuel inférieur, aux idées rudimentaires, qui ne se propose pas de fonder rationnellement une vérité mais de revêtir de l’apparence d’une doctrine ce qui n’est rien d'autre qu’une passion, un instinct et un acte de foi.

Ce n’est pas un hasard s’il n’y a pas de grands penseurs nationalistes……Ses théoriciens les plus représentatifs, les nationalistes de nos jours sont obligés de les ignorer et de les cacher, car il s’agit d’un étalage ahurissant d’excentricités intellectuelles, où se côtoient le racisme d’un Fichte, l’ultramontanisme réactionnaire d’un Joseph de Maistre, le fascisme d’un Rosemberg et d’un Charles Maurras et le tiers-mondisme terroriste d’un Frantz Fanon. Le nationalisme a été incapable d’enrichir la connaissance de la réalité sociale, des mécanismes du devenir historique et de la condition humaine parce qu’il se nourrit de purs préjugés et de peurs ataviques qui ne résistent pas à l’analyse rationnelle »

 

La civilisation  peut être définie de maintes manières mais la plus convaincante consiste sûrement à la qualifier de progrès  grâce auquel l’être humain s’individualise et s’émancipe de la tribu, devient un être capable de dépasser les conditionnements naturels et sociaux et de tracer sa propre histoire, au moyen d’actes de volonté, de travail et de créativité..

 

La pauvreté conceptuelle et philosophique …n’empêche pas le nationalisme de séduire  de grands publics et d’être une  force politique puissante dans le monde  d'aujourd’hui. Il a remplacé l’utopie collectiviste comme le défi majeur que devra affronter dans le futur immédiat cette culture démocratique qui vient de désintégrer le communisme...

 

Il est certain que le nationalisme se révèle extraordinairement motivant parce qu’il repose sur des instincts et des atavismes  profondément enracinés dans la nature humaine. La propension naturelle de l’espèce est la horde, non l’individu; l’asservissement et non la révolte; la superstition et la magie et non l’examen intelligent des phénomènes et  la passion et l’instinct au lieu de la rationalité.

 

C’est le terrible et magnétique attrait exercé par le nationalisme, surtout aux mains de ces astucieux manipulateurs de l’inculture et des passions humaines que sont ceux qu’on appelle les « leaders charismatiques »

 

… La sécurité que procure la conscience d’appartenir à un groupe homogène, la haine ou la peur de ce qui est différent ou étrange, la satisfaction narcissique de percevoir l’univers à travers ce qu’on est ou ce qu’on prétend être et la nécessité d'auto-affirmation en face des autres battent dans le noyau obscur et occulte des ferveurs nationalistes. »

 

Aleix Vidal-Quadras, Cestion de fondo. 1993

 

 Et dans la même veine :

 « Derrière le leurre psychanalytique du nationalisme, il n’y a jamais eu l’ombre du commencement du début d’une idée. Seulement un bavardage vide et satisfait, générateur d’une bonne conscience hypocrite, imbécile et démesurée; blabla... blabla. .etc »

 Jean Papineau, cité dans Laurent-Michel Vacher. Dialogues en ruine.

 

 

 

5. LANGUE

 

L’enseignement s’en mêle.

Au primaire, le « scripteur » « se livre à l’acte d’écrire » qui « sollicite diverses compétences transversales »…  « selon la nature du texte à produire et la situation de communication ». L’élève est « invité à construire du sens, à développer des stratégies pour apprendre à lire »; « à utiliser les stratégies, les connaissance et les techniques requises par la situation de lecture ». L’élève « nourrit  son identité personnelle et culturelle,  dans le respect de celle des autres, en plus d’élargir son ouverture au monde. Il découvre ainsi l’apport de la lecture à la connaissance de soi, des autres et de l’univers »

 

A des parents qui se plaignaient d’avoir quelques difficultés à suivre le discours, on a répondu de ne pas s’en faire : « Les professeurs sont moins cons que les fonctionnaires. »

 

« Moué pis toué »

Gus, il fut un temps au Québec où un artiste affichait son authenticité, ses appartenances,  par de sonores Moué pis toué, se prenant un moment pour Louis XIV qui s’autorisait, parait-il, d’aussi vibrants « Le Roué, c’é moué ».

 

Ce snobisme inversé était facile, c’était un peu comme un certificat d’appartenance à la nation  acheté dans un dollorama.

 

VOIR AUSSI  Bof explique l’identité québécoise à fiston

 

 

Principal  moyen de communication,  il serait étonnant que ce ne soit pas un des facteurs les plus  importants pour délimiter des ensembles identitaires. Pourtant rares sont les pays qui ne connaissent pas une certaine  diversité des langues, officielles ou pas,  à l’intérieur de leurs frontières. Certains estiment à 4 ou 5000 le nombre des langues existantes,  il en disparaît à chaque année au grand dam des linguistes  qui voient leur matière rétrécir comme peau de chagrin..  Comme il n’existe qu’environ  250  pays bien identifiés, ils ont à intégrer ces milliers de langages avec les problèmes d’identité que cela pose.  Les chiffres sont surprenants. Il faut préciser  cependant que 96% de la population mondiale pratique 4% des langues, inversement, 96% des langues sont parlées par 4% de la population mondiale. 

Pour compliquer le problème identitaire à propos de la  langue, très souvent une même langue peut être parlée dans d’autres pays ou par différentes ethnies. Certains, épris d’identité, s’efforcent de corrompre ou de  particulariser la  langue de partage pour marquer leur individualité et leur singularité et se targuer de n’avoir à partager leur  langue avec d'autres nations.  On prétend accélérer les processus de différentiation des langues que les siècles  et l’isolement ont fait par le passé. De grandes langues universelles sont menacées de « créolisation » dans certaines régions.

Avec les techniques modernes de communication,  les immigrants peuvent par toute la planète continuer à recevoir  radio et télévision de leur pays. ce qui peut retarder ou compliquer l’intégration au pays d'accueil.

 

 

6. RÉGIONALISME

 

Le sentiment d’identité plus large (national) peut se particulariser dans des sous-produits plus près des gens. Les pays modernes, encore plus les pays anciens, sont divisées en régions  qui, à des degrés fort différents, servent d’identité, en compétition entre elles, parfois en compétition avec l’identité nationale…  sinon en situation de défi, (Basques Vs Espagnol, Bretons Vs Français, Flamands, vs. Belges, Etc… )

 

Un pays, surtout en temps de paix, en absence de danger ou le Mondial terminé, est trop vaste pour plusieurs pour être le premier facteur d'identité. C’est comme si on s’y perdait.  On préfère s’identifier prioritairement à ce qui colle à nous, à la famille, au village, à la province ou au département,  Ces identités sont souvent moussées par des activistes, par des élites qui comptent s’y trouver un champ politique.  Cette fragmentation  peut donner lieu à tous les degrés possibles d’acceptation mutuelle, de l’indifférence à l’intolérance, de la séparation à la guerre (civile évidemment). 

 

Gus, un rappel historique : tu imagines la reine d'Angleterre, en voyage officiel en France, s’écrier du haut du balcon de l’hôtel de ville de Rennes : « Vive la Bretagne libre  »

 

Qu’aurait-on pensé de la dite reine ???

          « Diantre, elle s’égare la dame reine »

.

7. CAUSE. IDÉOLOGIE.

 

Le facteur identitaire prioritaire pour plusieurs  à certaines époques récentes  peut être une idée,  une philosophie, un programme, tout ce que, émotivement ou rationnellement, on est porté à croire juste ou avantageux…

Tout pour la Cause.

On suit dramatiquement ses échecs, ses retards, ses reculs ou euphoriquement  ses succès et  ses progrès.   Les idéologies habituellement font entrevoir à l’horizon un coin de paradis, rouge ou bleu,  ou tout au moins une sortie de l’enfer… ensemble…

 

Aujourd’hui  l’écologie,  l’altermondialisation,   sont pour certains des facteurs d’identité et de communauté  pour des groupes qui aiment bien transcender les limites géographiques. Comme le furent le communisme, le tiers-mondisme, la démocratie libérale, etc…

 

 

Aux Olympiques.

Le champion de l’ Ukraine au lancer du marteau, se met à son poste.

Moment de silence, il tournoie sur lui-même et il projette le marteau aux limites du terrain, soit le double du record  précédent.

La foule est en délire.

Après dix minutes d’applaudissements ininterrompus, le champion demande le mirco. Il fait taire la foule.

 

--« Merci, merci, merci…  Vous n’avez encore rien vu, donnez-moi maintenant une faucille…. »

 

La CRISE DU POLITIQUE selon Claude allègre.

 

Trois idéologies viennent combler le vide créé par la religion et par l’implosion du marxisme comme facteur structurant 

1. Le culte des droits de l’homme.

 

2  L’écologie politique.  « Partie de résultats scientifiques, l’écologie politique est rapidement devenue autonome, s’opposant au progrès technologique, au mépris même des études scientifiques qui l’ont fondée. »

 

3. l’économisme.

 

« Aucune des trois ne porte en soi les valeur de justice et de solidarité qui fondent une société. Toutes trois nourrissent en leur sein le virus mortel qui menace nos sociétés : l’individualisme »

 Chroniques d’espoir. Fayard 2004 p.520

 

 

« Je suis libanaise et fière de l’être, mais je refuse d’être libanaise dans un Liban détruit et ruiné sans autre raison que la poursuite de chimères. J’ai une indigestion de chimères, une nausée des grandes causes, un dégoût de tous les mots en isme, arabisme, nationalisme, christianisme, sionisme, islamisme, fanatisme, héroïsme et autres » Nawal El Méouchi  (La Presse 30/08/06)

 

8. CLASSE SOCIALE.

 

Pour d’autres le sens de la cohésion et de la famille élargie gravitera autour de la classe sociale ou du métier. L’appartenance à une corporation, le quartier qu’ils habitent, est encore pour plusieurs leur principale identité qu’ils mettront fièrement sur leur carte de visite comme d’autres affichent des drapeaux ou des passeports.  Dans l’idéologie marxiste, la classe (ouvrière) est  le principal facteur d’identité et le moteur de l’histoire… tombé en panne depuis les années 80.

 

9. ÉQUIPE SPORTIVE OU VEDETTE… ou LOGO.

 

Les motifs d’agglomération ou d’agglutination sociale peuvent être  plus débiles les uns que les autres. Ils démontrent au moins l’urgence dans la nature humaine de cette tendance à  la sociabilité, au besoin de  s’arracher à sa solitude, et de se retrouver avec des semblables… contre des « eux » qu peuvent servir d’ennemis  pour l’occasion et qui ont pour fonction de réconforter le « nous »  qui nous englobent. « Seule la culture footballistique parvient, en France, à fédérer  les passions­ ». Rioufol Ivan, La fracture identitaire

 Voir FOOTBALL ET identité   

Et  La religion au goût du jour :

l’Université de Montréal offre  à sa Faculté de Théologie

un cours sur le Club Canadien  de Montréal.  (Arrivez en patins.) Venite, Ad Hourrah mus

 

La force de l’identité se mesure à ce que l’on peut endurer ou faire  pour signifier ce que l’on croit être … pour le moment. C’est souvent une foire aux idoles temporaires et la vie  nous amène à changer constamment notre  portrait identitaire… Il est d’usage d’idolest dont on  est particulièrement friand à l’adolescence. Évidemment idoles est pris au sens figuré… Mais à constater certains comportements, on peut se demander si ce n’est toujours qu’une figure de style.

 

(Les funérailles de Michael Jackson, par Chapleau…Tous les détails  parlent).

 

 

10. PARTISANERIE

 

Ce peut être simplement la partisanerie  qui unit certaines personnes autour d’un club sportif  ou autour d’une vedette.  Cette partisa nerie peut être le plus fort  motif d’identité s’il se conjugue avec le nationalisme.

 Ce peut être aussi des noms de marques, des Logos,  des symboles de gang.

 Particulièrement fort  à l’adolescence ou chez ceux qui sont en mal d’identité ou de ralliement pour se faire valoir ou pour s’accepter.  Les  spectacles télévisés, où figurent leurs vedettes ou leur club sportif   sont comme des grandes messes, des célébrations où le 6-pack de bière sert d’eau bénite et de fuel patriotique. Les tavernes, les Cafés rassemblent les fidèles;  avec la rue, ils  deviennent à tour de rôle  temples ou  champ de batailles, explosion de joie hystérique communicative ou désespoirs contrôlés. Gus, tu connais bien le comportement des foules à un concert rock ou à un match sportif, tu peux ressentir  le fluide qui se communique et s’amplifie de l’un à l’autre. Et l’hérétique, le  non partisan,  doit se tenir à distance s’il tient à la vie ou à ses vêtements. 

   Malheur à celui  qui dans ces rassemblements  ne paye pas le tribut à la tribu. Chaque région a sa religion sportive… ses saints, ses fêtes, sa compétition dans la manifestation du zèle rassembleur.  Le moi, l’identité personnelle se perd, s’éteint périodiquement au temps fort des fièvres partisanes, sportives ou autres, pour ressusciter sous la forme d’un « nous » revigorant et réconfortant. Dans la victoire, paraplégiques et agonisants sont revitalisés  par la force de « leur club »,  à laquelle ils viennent de communier.

Pour des jeunes ou des moins jeunes, des groupes  musicaux  peuvent  créer  des fièvres identitaires semblables… et chacun, pour témoigner de ses préférences musicales,  se doit de porter son surplis, pardon, son T-shirt d’identification… pour  marquer son appartenance  à la « gang » qui sert de deuxième peau.. à défaut d’une première, encore boutonneuse,  qui vaille par elle-même.

 

Dans l’ère de consommation,  les logos, les grandes marques, créent des identités, des communautés de vêtements signés, ce qui permet de les distinguer et de les séparer de la masse, Il va sans dire que cet  embrigadement fait la joie des commerçants  et des compagnies qui ont réussi à imposer leur symbole de foi, de croyance et de bon goût. Dans le prix du produit on inclut évidemment  la prime pour l’appartenance à des groupes choisis ou à des clubs privés de haute gamme… L’adolescence est de plus en plus  la pâte choisie de ce formatage identitaire…   Gus, à  défaut d’un kirpan, tu peux  toujours afficher ostensiblement le logo de ton caleçon comme appartenance à un club qui t’honore et que tu honores de  ton affiliation. Ce qui dit tout et évite d’avoir quelques sujets de conversation qui tiennent.

Même, pour certains,  « l’achat d’une bouteille de vin est inextricablement lié à des stratégies pour représenter le soi,  sa famille ou même son appartenance politique à un groupe spécifique »…

 

 

 

Gus, jusqu’où  n’irait ton pas pour se trouver une identité et la défendre? Je viens de lire que  certains déplorent  comme un vol d’identité de la culture des sourds  ces opérations chirurgicales où un implant permet à des sourds d’entendre. Ce serait une atteinte aux droits de l’homme, une violation des droits des sourds à vivre leur situation de minorité linguistique et les obliger à se percevoir comme victimes d’un handicap.  Jusqu’où n’irait-on pas pour se trouver une identité  et se retrouver avec des semblables?

Le Canada vient justement de reconnaître une troisième langue officielle : le langage des sourds avec obligation de donner service dans la langue.

 

 

Suite : Vie et évanescence des passions identitaires >>>>

 

 

ACCEUIL.

Principaux facteurs d’identité

Vie et évanescence des passions identitaires

Test identitaire

Gus, apprends à te connaitre

Football, ivresse et  identité.

 L’autodéfense identitaire : immigration et intégration

 

 

 

PHILOSOPHER AVEC le prof BOF >>>

« être sérieux sans se prendre trop au sérieux »

 

NOUVEAU

CAPSULES: le prof bof pour les nuls ou les gens pressés>>>>

Brefs extraits ou capsules tirés des 30 sites du prof bof

 

A propos de

l’être humain

Petite histoire

des mentalités

divers

 

ORIGINALITÉ DE L’HOMME

HASARD ET EVOLUTION

LIBERTÉ (Une ILLUSION?)

CRÉATIVITÉ ET INVENTION    

SEXUALITÉ HUMAINE  

AGRESSIVITÉ (INNÉE ??)

TRAVAIL (Nature/histoire)

TOLÉRANCE (Jusqu’où?) +  

+++Relativisme éthique

 

 quête du bonheur

 

1.    MENTALITÉ PRIMITIVE

2.  PHILOSOPHIE GRECQUE  

3.  Monde CHRÉTIEN

4.  Monde moderne.(16e).   

5. LE SIÈCLE DES LUMIÈRES

6. 19e siècle (Scientisme)

7. Le 20e siècle 

8. Le 21e siècle

 

BRICOLAGE

 

(mON vERSAILLES À MOI)

 

GÉNÉALOGIE

 

 

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Le 21e siècle

. Alarmisme et catastrophisme

1, La quête identitaire.

2. gauche / droite

3. eINSTEIN EN IMAGES.

4. société de consommation

5. Mondialisation

7. le terrorisme

 

8. Écologie et catastrophisme

 

9. LA RÉVOLUTION  INDUSTRIELLE

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